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Cartographie du réseau SNCF (autopromo)

Avec un mois de retard, en attendant de mettre enfin à jour le portfolio en ligne de mon atelier (les cordonniers…), je publie ici quelques images de la cartographie du réseau grandes lignes de la SNCF, que j'ai eu l'honneur de mettre en forme. Un projet difficile, bourré de contraintes qu'il serait compliqué de détailler ici mais sur lequel j'ai pris beaucoup de plaisir. Un grand merci à la fine équipe de SNCF Voyages pour la confiance qu'ils m'ont accordée tout au long de l'aventure (1 mois de boulot à temps plein, weekends compris + 3-4 nuits). Une version plus aboutie, comprenant quelques modifications et informations supplémentaires, devrait voir le jour d'ici la fin de l'année. On va dire qu'il s'agit là d'une version beta qui devait être prête pour le lancement du nouveau site de Voyages SNCF.com.
Je précise juste que cette carte a deux objectifs principaux : montrer les différents transporteurs liés à la SNCF et la couverture européenne du réseau grandes lignes.










Mathématiques et vuvuzela : CQFD ;-)

• Soit un stade de 60 000 personnes.
• Les vuvuzelas sont vendus autour de ce stade comme objets souvenirs aux couleurs de chaque nations participantes + les locaux qui ont leur propre équipement. Sur ces 60 000, imaginons simplement que 6 000 spectateurs rentrent dans le stade avec l'objet du diable.
• Si ces 6 000 spectateurs se servent chacun de leur vuvuzela pendant seulement 10 secondes au cours d'un match, cela nous donne 60 000 secondes de vuvuzela. Donc 1 000 minutes de son à faire tenir sur 90 minutes de jeu : dix fois plus qu'il n'en faut (et encore, en prenant en compte des estimations basses).

Son ininterrompu pendant tout le match.

Coupe du monde et chaussures Nike fluo : vers le coup publicitaire du siècle ?



De ces premiers matchs de coupe du monde, je retiens deux choses : le son des vuvuzelas et le orange fluo des chaussures Nike portées par un grand nombre de joueurs.

Dans le football comme dans la plupart des sports, les joueurs sont personnellement sponsorisés par des marques d'équipement sportif (entre autres sponsors et partenariats publicitaires qui peuvent rapporter annuellement jusqu'à 3 fois le salaire des joueurs, rien que ça). Des contrats bien souvent signés pour de longues durées dès les premières années de haut niveau, renouvelables à prix d'or selon la médiatisation et l'engagement publicitaire de chaque joueur et comprenant notamment les chaussures de match, autrement appelées « les crampons » chez les fouteux. Le problème, c'est que les équipes, que ce soit en sélection nationale ou en club, sont également sous contrat avec une marque pour ce qui concerne l'équipement vestimentaire. Ainsi, au fil des changements de club et des sélections en équipe nationale, nous voyons couramment des joueurs qui portent, par exemple, un maillot, un short et des bas de marque Adidas (contrat équipement de l'équipe) et des chaussures Nike (contrat équipement personnel du joueur). À l'intérieur d'une même équipe, tous portent les mêmes vêtements mais tous ne portent ni la même marque, ni le même modèle de chaussures. Cela-dit, au hasard des partenariats, on peut bien entendu aussi trouver des joueurs équipés de la tête au pieds par une même marque. Voila pour le contexte.

Le fait est que, concernant le Football, Adidas a toujours été en avance sur Nike, notamment pour ce qui concerne les contrats avec les équipes européennes. Adidas produit également le ballon officiel de la coupe, qui devrait à lui seul rapporter une manne financière et publicitaire à la firme fondée après guerre par l'allemand Adolf (« Adi ») Dassler.
Sauf que cette année, il y a un type chez Nike, que je ne connais pas mais qui a vraisemblablement eu une idée aussi simple que géniale : faire porter la même paire de crampons à tous ses joueurs sous contrat participant à la coupe du monde. Des chaussures commercialisées à 400 $ la paire sous le doux nom de « Nike Mercurial Vapor Superfly II » et qui, par leurs couleurs, ont surtout l'avantage d'être identifiables immédiatement depuis une caméra de télévision, quel que soit le niveau de zoom. Le devant est gris-neutre, ce qui permet de pouvoir tout de même marier la chaussure à n'importe quelles couleurs nationales tandis que l'arrière de la chaussure et la semelle sont oranges fluo. Nul doute que cet aspect colorimétrique de la conception a été savamment étudié pour un rendu optimal sur écran. Résultat : à chaque match, nous avons naturellement l'impression qu'une majorité de joueurs sont sous contrat avec Nike tandis que les produits des concurrents sont visuellement noyés sur le terrain par des dizaines de modèles et de couleurs différentes qu'il devient difficile de rattacher à une marque sans d'aide d'un gros plan. Ce n'est évidemment pas la première fois qu'une paire de crampons aux couleurs flashy est commercialisée et dans notre cas, c'est bien le fait que TOUS les joueurs sponsorisés par Nike portent cette même paire qui fait la grande force de l'opération.

Au moment ou j'écris ce billet, je n'ai pas réussi à trouver d'articles ou d'informations sur ce coup marketing mais il est évident que le but de cette opération n'est pas seulement de vendre un modèle de chaussure en particulier (surtout à 400 $ la paire) et puis ça, on l'a déjà vu mille fois dans le monde du sport. Non, ce qui est fort, c'est que grâce à cette même paire de crampons fluo, Nike parvient à donner l'impression d'être omniprésent dans le monde du foot professionnel. Depuis des années, tout le monde pensait qu'Adidas dominait (à juste titre d'ailleurs — même si la firme allemande n'est pas au mieux depuis quelques années) et en 4 jours, Nike arrive à faire passer l'idée contraire, juste avec une paire de chaussure. Et encore, la coupe ne fait que commencer… imaginez l'impact en terme d'image sur un mois de compétition, avec le nombre de téléspectateurs qui suivent un tel évènement !

En voyant toutes ces petites taches orange fluo s'agiter sur mon écran, je pense parfois au petit sourire en coin que doit avoir à chaque match le gars de chez Nike qui a eu cette idée. Bonnes vacances à lui ! ;-)

PS : Pour les non fouteux qui s'intéresseraient au sujet, vous pouvez apprécier par vous même l'impact visuel provoqué en regardant par exemple la première minute du résumé du match Allemagne-Australie d'hier soir.

[édit 15 juin : bon ok, dans la précipitation, j'y suis peut être allé un peu fort avec « le coup du siècle » dans le titre, désolé ;-) ]

Commentaire / Festival de Chaumont : « Le graphisme, qu’est-ce que c’est ? » : le premier prix est attribué à…

Chez Geoffrey :

Mais à quoi bon continuer ce concours étudiant au juste ? À la rigueur, vous pourriez demander aux étudiants de travailler sur une thématique imposée, avec la seule possible récompense d’être exposés, dans le cadre d’une sélection sans numérus closus (entre 0 et n affiches exposées à chaque festival, selon la qualité estimée du cru annuel) mais à quoi bon s’entêter à choisir absolument 60 affiches et un heureux élu pour lui décerner la médaille en chocolat d’un jury aux choix de toute façon subjectifs et discutables ? S’il n’y a que 15 affiches qui semblent pertinentes au jury, exposez seulement celles-ci, sans choisir de lauréat, et basta ! D’ailleurs, à mon époque, je n’avais trouvé la volonté de ne participer qu’une seule fois à cette loterie en 5 ans d’études (thème : l’amour fou… au moins, c’était amusant).

Même chose pour le concours des pros, d’ailleurs.
En fait, je n’ai jamais vraiment compris ce côté compète au festival de Chaumont si ce n’est pour attirer les médias spécialisés vers la bande de copains qui se relaient à tour de rôle depuis des années entre membres du jury, sélectionnés et lauréats — et qui, en plus d’être très bons, ont surtout la chance d’entretenir savamment un réseau d’amis commanditaires qui leur permettent d’imprimer leurs affiches en sérigraphie sur papier bouffant pour la promotion de pièces de théâtre subventionnées (oui, je grossis le trait ; et oui, je suis jaloux ;-) . Les autres, menacés de tonte en public pour avoir collaboré avec l’ennemi de la com’ en ces temps de guerre, étant tous justes bons pour venir à Chaumont pour faire tourner les restos à Kebab locaux et applaudir à la remise des prix. Si le festival de l’affiche était vraiment le festival de toutes les affiches, il y aurait sans doute d’avantage matière à débat entre les divers secteurs de la profession. Imaginez un peu des gens de Publicis invités à exposer et à débattre sur le métier aux côtés d’un simili Grappus ! Il me semble que cela contribuerait d’avantage à créer ponts entre « graphisme d’auteur » et « graphisme de com ».