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La gifle de Berlaimont — obstinément

Le 2 février dernier, j'avais écrit un billet dans lequel je dénonçais les apologistes de la baffe. Également beaucoup de discussion dans les commentaires du billet de Me Éolas où je me suis lancé obstinément, tel un troll militant en période d'élection présidentielle. Je reviens aujourd'hui sur cette histoire, suite à un article de Libération que je ne trouve pas trop mauvais mais quand même assez symptomatique de l'opinion publique sur cette affaire. Encore un billet où je ne vais pas me faire que des amis mais je suis sûr que nous pourrons le devenir sur beaucoup d'autres sujets, d'autant que je n'ai vraiment rien contre les profs ;-)
L’article est disponible sur le site de Libé, il s'intitule Un tribunal pour une claque, écrit par Véronique Soulé. Cet article revient sur les faits au-delà de la simple gifle, ce qui est assez rare pour être signalé – en février je n'avais trouvé que 3 ou 4 journaux qui décrivaient les faits tels que décrit par le procureur, sur aveux du prof + témoignages des élèves, les autres journaux n'évoquaient qu'une malheureuse gifle. L'article évoque également le changement de cap récent du professeur qui souhaite finalement un vrai procès public alors qu'un arrangement avait été trouvé sur la procédure simplifiée du « plaider coupable » puisque les faits sont clairement établis. Je vais reprendre quelques extraits de l'article de Libération, pour exposer point par point ce qui me pose problème.

« Poursuivi par la famille d’Alexandre, l’élève de 11 ans qu’il a giflé, il avait d’abord accepté la procédure du plaider-coupable qui permet un arrangement sans passer devant le juge. « C’était pour avoir l’esprit tranquille, explique Maître Jean-Marc Villesèche. Mais, depuis, il a reçu 40 000 lettres de soutien, essentiellement d’enseignants, une mobilisation peu compatible avec une audience non publique. » »

Il a reçu 40 000 lettres de soutien (selon les syndicats) grâce au travail des syndicats enseignants. Si l'on en croit la très grosse majorité des articles publiés dans la presse au moment des faits, les syndicats enseignants semblent s'être chargé en exclusivité « des relations presses » de l'affaire puisque la quasi-totalité des journaux n'ont évoqué qu'une simple gifle, ce qui évidemment a permis de rallier une bonne partie de l'opinion à la cause de l'enseignant. Dans ces conditions, il est assez facile d'obtenir des signatures, des articles à charges contre l'élève et son père, et lettres de soutien. Bref, je veux bien qu'on parle du nombre de signatures et de lettres de soutien estimé mais il faudrait aussi évoquer la communication qu'ont fait le SNES et le SNALC sur cette histoire, en janvier dernier.

« L’enseignant ne conteste pas les faits. Pour lui, cette gifle a été un « geste malheureux » qu’il regrette. Mais il dit ne pas mériter pas le traitement qu’il a ensuite subi : une interpellation à son domicile, une garde à vue de 23 heures et l’accusation de « violence sur mineur » pour laquelle il encourt jusqu’à cinq ans de prison. »

Personnellement, si dans la rue, je prend une personne (un adulte en pleine force de l'âge, même), lui vide sa sacoche par terre, la plaque contre un mur, lui donne une gifle et la traine sur 5 mètres, je ne serais pas étonné de finir au poste, même si dans la foulée, ce personne a oser m'insulter. Surtout si j'ai un taux d'alcoolémie significatif au moment où l'on m'arrête. Il y a contraste entre cet enseignant qui reconnait de suite les faits (assez salés) d'un côté et qui s'étonne de sa garde à vue de l'autre (dont on peut supposer qu'elle ait aussi servi à vérifier que cela ne s'était pas déjà produit par la passé, puisque l'enseignant avait demandé à ces élèves de ne rien dire).

« Uniforme. Le lundi 28 janvier, à 9 h 15, José Laboureur, enseignant au collège Gilles-le-Chin de Berlaimont (Nord), demande aux élèves de 6e3 de remettre les tables en place. Elles ont été bougées pour des travaux pratiques. Mais Alexandre, un élève sans problème, traîne. Le professeur jette alors toutes ses affaires par terre. Comme l’élève lui demande pourquoi, il le saisit par le pull. « Connard », souffle Alexandre. La claque part. Puis José Laboureur l’emmène dans une pièce à côté pour lui faire écrire une lettre d’excuses. Rentré en classe, il décrète que l’incident est clos et demande aux élèves de ne plus en parler. Mais pendant la récréation, deux collégiennes vont à l’infirmerie et racontent tout. La principale convoque les parents. Le père, gendarme, débarque en uniforme car il est de service. « Moi aussi on m’insulte souvent mais je ne réponds pas par la violence », lance-t-il au professeur. »

Une bonne partie des faits, tels que décrits par tous les acteurs de la scène, prof compris. Bon, il manque le placage contre le mur et le fait que l'élève à été trainé pour écrire son mot d'excuse mais c'est déjà pas mal [plus de précisions sur les faits à la fin de mon précédent billet sur la question et dans le 3e commentaire ci-dessous]. Paragraphe où l'on apprend surtout que l'élève était sans problème, un véritable scoop puisque tout l'argumentaire des apologistes de la baffe tournait autour du comportement soit-disant odieux de cet élève, sans doute mal éduqué par ses parents (j'en passe…). Vous vous demandez sûrement ce que vient faire le mot « uniforme » au début de ce paragraphe pourtant éloquent ? On y vient…

« C’est là que les choses dérapent. Devant les parents, José Laboureur reconnaît sa faute et s’excuse. Mais apparemment le père attend qu’il soit sanctionné et il est déçu par la principale qui ne semble pas vouloir donner suite. Il décide de porter plainte. Deux heures plus tard, la police débarque au domicile du professeur. Au commissariat, il subit un alcootest, positif. Il a bu deux bières au déjeuner. Il reconnaît qu’il a un problème d’alcool et qu’il est suivi. Il ne reprendra pas les cours : en butte à une dépression, il se met en congé maladie. Alexandre, lui, a trois jours d’exclusion de cours. »

C’est là que les choses dérapent ! Cette phrase est très symptomatique du travail de communication fait par les syndicats vers l'opinion publique : non, les choses n'ont pas dérapé lorsque l'élève s'est fait violemment humilier devant ses camarades, mais elles ont dérapé au moment où le père a demandé à ce que le prof soit sanctionné. Cherchez l'erreur ! Congé maladie du prof, pendant ce temps, en plus de sa correction, l'élève s'est pris trois jours d'exclusion (sur demande du ministre) et a dû changer d'école. Notons que depuis janvier, le recteur a annoncé qu'il ne sanctionnerait pas professionnellement l'enseignant. En gros, la seule personne qui a été punie jusqu'à présent, de par son humiliation, son exclusion et son changement de collège, c'est l'élève de 11 ans.

« La gifle est excusée au titre qu’un prof peut craquer face à des enfants toujours plus insolents. Mais c’est surtout la réponse policière et judiciaire qui choque. Le fait que le père soit un gendarme n’arrange pas les choses. « Je note que jamais la réponse policière n’a été aussi rapide », dit l’avocat. »

Hop, Libé revient sur la gifle, comme s'il n'y avait eu que cela, alors que les faits sont décrits juste avant. À mon avis s'il n'y avait eu qu'une gifle, le père n'aurait pas porté plainte, tout le problème est qu'il n'y a pas eu qu'une gifle ! « C'est surtout la réponse policière qui choque » Non, par rapport aux faits, cette réponse policière ne me choque pas (balancer les affaires de l'élève au sol, le prendre par le col et le plaquer contre un mur, insulte de l'élève, le gifler, le trainer à travers la pièce pour écrire un mot d'excuse, puis dire aux autres élèves de ne rien dire, rien que ça). Perso, c'est l'attitude du prof et aussi, la façon dont cette affaire a été traitée dans la presse, ainsi que la récupération politique de cette histoire par les syndicats, François Fillon et Xavier Darcos qui me choquent. Quant au père gendarme, on s'en fout : je trouve cette précision totalement anecdotique par rapport à la gravité des faits.

« Impact. Deux syndicats enseignants - le Snes, à gauche, et le Snalc, à droite - lancent alors des pétitions de soutien. Avec l’affaire, c’est tout un ras-le-bol qui s’exprime, contre les difficultés croissantes du métier, contre le manque de reconnaissance, la baisse de prestige, etc. José Laboureur est devenu la victime d’un système qui envoie ses profs en première ligne et ne les défend plus. On le présente comme un enseignant exemplaire et dévoué. Quelques voix pourtant décrivent un prof autoritaire dont la carrure en impose. Son avocat reconnaît « une réputation de sévérité ». »

Sans se soucier de la petite victime, les syndicats veulent reprendre cette histoire à leur compte pour exprimer les difficultés du métier. Personnellement, j'aimerai bien que l'on parle avant tout de la difficulté sociale des gamins à problèmes (monoparentalité de plus en plus répandue, difficultés familiales, difficultés financières, climats social de certains quartiers, etc.) avant de parler de celles des profs qui ont pris la mauvaise habitude de pointer systématiquement du doigt les parents d'élèves qui sont forcément plus cons « qu'avant ». Chez les réactionnaires, « avant » est une période obscure, ce n'est pas le XIXe s. ou il fallait aller travailler à 12 ans, ce n'est pas l'année dernière, ce ne sont pas les guerres, ce ne sont pas les vagues de racisme qui ont rongé la France du XXe s. , ce ne sont pas ces décénies ou l'accès à la culture était difficile, c'est une période jamais définie mais pleine de qualités, que l'on ne peut donc pas remettre en question. Mais ce qui m'intrigue le plus dans cette histoire, c'est surtout l'idée d'utiliser un procès publique, pour communiquer sur les difficultés de ce métier d’enseignant. Pourquoi ne pas faire cette opération de communication sur une histoire qui soit un peu plus à l'avantage de la profession ? Dans l'état actuel, c'est un peu comme si les syndicats policiers se servaient d'une bavure pour dénoncer les difficultés du métier ; ou comme si la FFF faisait la promotion du coup de boule de Zidane pour combattre le racisme dans les stades… Il y a plus efficace et plus respectueux en terme de communication. Si les faits sont plus largement médiatisés dans leur intégralité au moment du procès (d'ici l'été si j'ai bien compris), et il y a des chances que ce soit le cas si l'on en croit la dernière interview du procureur d'Avesne qui semble bien remonté par la tournure des choses, il ne faudra pas s'étonner de l'indignation des gens vis-à-vis de l'opération de victimisation du professeur, qui a été faite sur cette affaire. Cela vaut aussi pour Fillon et Darcos « qui ne savaient pas » au moment ou ils ont soutenu ce prof qui a donné « une petite claque » devant un élève au comportement « inqualifiable »… juste avant de placer leur proposition de réintroduire à l'école leur leçons de morale d'avant 68, ça tombait bien.

Je ne suis pas juriste et je ne souhaite pas que cet enseignant soit condamné à une forte indemnisation, à une peine d'éloignement ou autres. Le geste du prof est excusable et rentre dans un contexte éducatif qui aurait pu jouer (jouera ?) en sa faveur. Ce que je condamne, c'est la façon dont les articles de presse sont traités à charge contre la victime et son père ; la façon dont cet enseignant fautif est utilisé pour en faire un martyr de la profession ; la façon dont le recteur a baissé son froc en refusant de sanctionner professionnellement l'enseignant (3 jours auraient suffit… peut être même que le père aurait retiré sa plainte si ça avait été le cas ?) ; la façon enfin d'utiliser le tribunal et faire fi de la victime pour défendre les conditions d'une profession, aussi difficile soit-elle.
Tout le poids de sanction repose désormais sur la justice. Je le répète, je ne souhaite pas que cet enseignant soit condamné outre mesure, mais vues les agitations et pressions provoquées par les syndicats depuis l'interpellation, il ne faudra pas venir pleurer si c'est la cas.

S'il y a des commentaires sous ce billet, merci de ne pas faire trop de corporatisme. [suite à un commentaire, je barre cette phrase]
Ce billet traite d'une affaire précise et surtout, de son traitement médiatique et non de la profession d'enseignant, que je respecte, comme la très grande majorité des français.

Édit : un commentaire m'informe qu'une pétition a été lancée pour la défense de l'élève petition.et-pourtant.org

Commentaire / Subventions d’État à la presse

Sur Novövision :

Comme je le laissais sous-entendre dans mon précédent commentaire, je ne connais pas les détails des critères d’attribution de cette subvention mais à propos de la différence web/papier, le papier à un lourde contrainte syndicale en terme d’impression et doit subir un monopole pour ce qui concerne la distribution (ce que n’ont pas les journaux régionaux qui distribuent eux-même dans leur région). Ces deux contraintes amputent généralement plus de la moitié de la moitié du CA des quotidiens nationaux français édités en papier, qui sont souvent obligés de réduire leur masse salariale ou de gonfler leur espace de pub (je ne parle même pas de la concurrence des gratuits car j’estime que ce n’en est pas vraiment une : quelqu’un qui lit le Monde quotidiennement ne fera pas entorse à sa fidélité pour se tourner vers Métro, par contre, le site est un gros vecteur de détournement du public par rapport au papier grace à de nouvelles fonctionnalités : temps réel, interaction, multimédia). Au final, les sites web des organes de presse français ont beaucoup plus de lecteurs que les versions papier, à rédaction égale (voire commune). Un Bakchich version papier ferait faillite en 2 mois s’ils avaient les mêmes contraintes de budget et l’investissement en correspondants, en envoyés spéciaux et en investigation que les grands quotidiens locaux ou nationaux + les contraintes de production liées au papier. De plus, il faudrait aussi définir la limite entre site de presse et simple site/blog d’actualité tenu par 2 journalistes et 3 stagiaires. Et également évoquer les velléités « d’indépendance » prônées par certains sites vis à vis des mécanismes publicitaires, étatiques et politiques des journaux historiques.
Considérant tout cela, le fait que les éditions papier de la presse quotidienne soient économiquement plus soutenues que les autres types de presse ne me choque pas. Mais encore une fois, même si je m’intéresse aux problèmes de la presse depuis des années, je ne connais pas les détails de la subvention évoquée dans le billet.
Enfin, le Figaro n’est pas cité par Bakchich dans l’attribution de la subvention : ce journal aurait-il touché moins que les journaux de gauche ? (simple question, encore une fois, je n’en sais rien)

Les chronologies de Maurice Griffe

Il me prend l'envie d'écrire sur les chronologies de Maurice Griffe.



Ces livres-objets méconnus sont de véritables Ovnis dans le monde de l'édition.
Dans la forme, ces chronologies sont reliés en accordéon, c'est à dire en un seul feuillet de 34 cm de haut sur… plusieurs mètre de large (j'ai mesuré celle qui concerne l'Histoire de l'informatique, le feuillet fait 9,80 m). Les plis en accordéon permettent de pouvoir lire confortablement ce feuillet sur des pages de 24 cm de large, comme un livre commun, tout en laissant la possibilité de déplier l'ensemble, ce qui colle parfaitement à la présentation du contenu, entièrement sous forme d'une frise chronologique, donc.
Performance dans la fabrication, mais aussi dans le contenu puisque loin d’être un gadget marketing, la représentation chronologique est un vrai prétexte à présenter intelligemment un contenu dense et précis, toujours lié à l’Histoire. Graphiquement, on y retrouve un esprit « fait main » qui fleure bon la photocomposition, à coup de blocs textes préconçus, glissés un peu partout ou il y a de la place. Ce n'est pas du grand graphisme mais il y a un esprit, une marque de fabrique, un univers graphique un peu cheap & fouilli auquel on s'attache vite.
Atypique également par son auteur puisque Maurice Griffe est né en 1921 et sa passion pour l'Histoire ne lui est venue qu'au début des années 50. L’homme écrivait, dessinait et fabriquait ses frises pour son plaisir. Ce n’est qu'en 1993, après une longue carrière professionnelle d’ingénieur chez IBM (qui a débutée en 1939 ! IBM s'appelait alors « La Compagnie Électro Comptable ») qu'il lui fut offert la possibilité d'éditer ses volumen, plus de 40 ans après les premiers coups de crayons et de ciseaux. La passion de toute une vie enfin immortalisée sur le papier… à l'âge de 72 ans.

À titre personnel, je possédais déjà la chronologique sur l'Histoire de France et me suis offert mardi dernier, au salon du livre, la chronologie de l'histoire de l'informatique. Fabuleux ! Au total, Maurice Griffe a signé 49 ouvrages chronologiques qui sont toujours disponibles dans la commerce, entre 20 et 40 € l'unité. Fnac ou Amazon par exemple.

Le site internet (lui aussi très artisanal ;-)





« Ce travail de recherche a été fait pour mon plaisir. Ce but atteint, d’autres le reprendront. » Maurice Griffe.

Xavier Darcos s'est fait moucher… bouh, que je suis triste ;-)

Les municipales sont un sujet très liés à l'actu locale mais quand même, je suis assez réjoui de voir que Xavier Darcos n'est pas passé. Notre ministre de l'Éducation nationale qui a fait sauter la carte scolaire, qui a soutenu ce prof « un peu » violent, et qui a souhaité réintroduire les leçons de morale à l'école (entre autres délires sarkozysites destinés à « droitiser » les jeunes pousses).

Autre commentaire sur Gilles de Robien. Durant mes 5 ans d'études amiénoises, je n'ai jamais ressenti de problème entre les habitants et l’ex UDF. Je l'ai même rencontré plusieurs fois dans mon passé de buveur de champagne en vernissages divers (dont 2 soirées de l'ambassadeur — des vrais ambassadeurs — comme dans les pubs Ferrero, oui monsieur). Un ville plutôt bien gérée si l'on fait abstraction des classiques magouilles concernant par exemple, les appels d'offres. Pourtant, j'ai passé ce weekend chez des amis d’Amiens qui m'ont un peu relaté le récent état de panique de l'ancien maire, comme par exemple sucrer une voie de bus entre les 2 tours (qui faisait grand bruit sur une artère principale clairement pas adaptée) ou faire poser à grand frais des palmiers sur le catastrophique chantier très avant-gardiste de la gare, histoire de faire bonne figure au 2e tour. Évidemment la politique d'une ville sur la durée d'un mandat ne se résume pas simplement aux travaux cosmétiques, mais quand même… Tout cet argent public jeté par les fenêtres ces dernières semaines n'aura pas suffit.

Wikio classe de manière thématiques les articles les plus « cités » du net francophone

Pour faire suite à deux de mes précédents billets : Estomac, discussion bloguesque du dimanche, classements et idées et Ça bouge chez wikio, je relaie une toute récente évolution qui m'intéresse particulièrement chez Wikio. Un classement qui sera sans doute bien utile à beaucoup de lecteurs puisqu'il permet de se diriger directement sur les articles (blogs + presse) les plus « chauds » du mois.

Comme les termes sont souvent discutés sur les blogs, je précise juste qu'en ce qui me concerne, j'ai mis le verbe « citer » entre guillemets dans mon titre car un article peut être cité sans pour autant être lié, et il me semble que Wikio se base sur les liens ;-)

Coup de pouce pour un livre

Billet non sponsorisé si ce n'est par la sympathie que j'ai pour ses auteurs.



Une page de tournée est un récit autobiographique, co-écrit par les deux anciens managers du groupe Mes souliers sont rouges, à savoir Arno Maneuvrier et Hugues Maréchal. Sortie le 15 mars, réservable dans toutes les libraires. Pour mettre, en appétit, il y a aussi le blog commun des auteurs : Et mes semelles sont usées !

« Pendant près d'une décennie, Arno Maneuvrier et Hugues Maréchal ont été les managers du groupe "Mes souliers sont rouges". Au fil des anecdotes, ils évoquent avec humour les coulisses, mais aussi les gloires et déboires de ce groupe qui, parti de Normandie, entraîna la France et la Belgique dans une réjouissante farandole. »

Un livre en quelque sorte auto-produit par Arno Maneuvrier qui a monté sa propre maison d'édition dans la foulée : Devoldaere. Maison d'édition d’auteurs, mais aussi tournée vers les entreprises et les particuliers puisqu'on peut y commander à moindre prix des polars personnalisés, dont on choisi le héros ; ou y commander des travaux plus importants comme des biographies de particuliers ou d’entreprises.

Coup de foudre pour un blog

Badstrip

Voila, découvert récemment, pas grand chose à ajouter. Le bougre n'affiche que les billets du jour sur la home, ce qui n'incite pas trop à la découverte lorsqu'on ne connait pas, pourtant je trouve que ça en vaut vraiment la peine. Strips, podcasts géniaux, finesse et simplicité du personnage, richesse d'expression, petites notes geek de temps en temps, sens de la surprise… j'adore !
Il y avait ce billet, et puis celui-là aussi ou encore le dernier en date, le tout ponctué par des mini BD autobiographiques comme celle-ci. Enfin bref, à priori, que du bon !

(Quand je découvre des blogs comme celui-là, je me sens encore plus petit.)

Commentaire / Journal Officiel : ne pas dire blog mais.. "bloc"

Sur Le monde du blog :

Et oui, ça paraît ridicule : blog vient de web log, alors que bloc se rapporte au support papier. D'ailleurs, je viens de vérifier et même le mot bloc vient du néerlandais (« arbre abattu ») donc même d'en point de vue franchouillardise, je ne vois pas l'intérêt.

Une petite synthèse pour mieux interpréter les classements de blogs



Un sujet bien dans la tendance mais sur lequel je peux peut-être apporter un éclairage. J'ai souvent parlé de subjectivité à propos des divers classements de blogs car chacun est basé sur un critère de mesure précis (certains ont de multiples critères mais on ne va pas s'étendre trop dans les détails). J'en parle souvent dans des commentaires postés ici ou là et j'ai tout simplement pensé à regrouper mes infos et avis sur le sujet en un seul billet.

À propos des classements de blogs, on pourrait plus volontiers parler d'indicateurs complémentaires que de vérité scientifique, le tout est de le savoir.
Le savoir du point de vue des anti-classements (discussions qui se font entre blogueurs) : pour ne plus imaginer que ceux qui créent ces classements le font pour donner LA vérité mais simplement pour mesurer un critère précis, qui peut apporter aux lecteurs son lot d'information par rapport à ce qui est déjà disponible. Bien entendu, il y a souvent une notion d'image, de publicité ou de buzz associée, mais cela n'a rien à voir avec l’aspect fonctionnel qui lui, peut être beaucoup plus intéressant pour un grand nombre.
Le savoir également du point de vue des milliers de lecteurs (journalistes, observateurs, grand public) qui utilisent ces classements comme portes d'entrée ou comme boussoles pour se repérer dans la partie « émergente » du monde des blogs : pour ne pas prendre ses classement comme parole d'évangile, savoir les interpréter selon les critères de mesure pris en compte par chacun. Chaque classement apporte son angle de vue, son lot de découvertes, mais aussi ses limites et ses controverses.
Quant à ceux qui ne voient à travers ces classements que des « mesures de quéquette » (je prends les devant sur les éventuels commentaires ;-), c'est bien dommage de ne voir là que le côté compèt’ (je trouve même cela plutôt révélateur mais bon…). D'ailleurs, qu'est Google si ce n'est un classement de sites par mots-clefs ? Personnellement, c'est la fonction de représentation pour les lecteurs qui m'intéresse le plus (en termes de sélections, de tendances, de thématiques, de nouveautés, de recherches), pas de savoir si untel est passé de la 253e à la 232e place au mois de mars.

Je propose donc de passer en revue les principaux modes de classements disponibles sur le net et de faire une brève description et en expliquant surtout les limites de chacun. Ce n'est pas une analyse détaillée mais juste un billet rapide pour aider à mieux interpréter chaque type de classement — les liens cités ne sont pas exhaustifs, il ne s'agit que d'exemples.


Les classements par liens
De type Wikio ou Technorati. Ils mesurent principalement le nombre de liens pointant sur un blog (Wikio donne plus d'importance aux liens venus des blogs les mieux classés). Quelle que soit la finesse de l'algorythme utilisé, la mesure du nombre de liens avantage immanquablement les blogs les plus lus par les autres blogueurs (car seuls les lecteurs qui ont un blog peuvent faire des liens). Ce sont principalement les bogs à thématique « hi-tech » (geeks, gadgets, meta blogging, marketing web, entrepreneurs 2.0, etc.) qui bénéficient de cet effet « blog à blog ». En analysant les commentaires, on se rend compte que la proportion de blogueurs est moindre dans les autres thématiques, voir quasi-inexistante dans les blogs lus par le public venu des autres médias (blogs d'émission de radio, de personnalités…) donc même avec beaucoup de lecteurs, peu de liens entrant. En revanche, le nombre de liens permet d'établir un classement global, sensé prendre en compte tous les blogs sans inscription préalable (sauf exceptions).

Les classements par nombre de pages vues
Souvent liés à la publicité ou à un outil intégré sur des blogs affiliés, de type Blogbang ou Critéo. Seuls les blogs affiliés sont pris en compte, il ne s'agit pas de la globalité du monde des blogs. Comme les données annexes ne sont vraisemblablement pas prises en compte (voire plus bas, « Classement par nombre de visiteurs »), ces classements sont souvent troublés par les blogueurs les plus experts en référencement. Ceux-ci ont donc plus de pages vues (et probablement, de visiteurs) qui arrivent sur des mots clefs à succès mais sont proportionnellement moins lus par des « vrais lecteurs ».

Les classements et sélection par votes
Type palmarès du festival de romans ou Blogs de l'année 2005. Dépend soit des goûts et des connaissances du jury, soit de ce que lisent habituellement les votants, soit de l'audience sur chaque blog qui fait campagne. Les résultats sont qualitatifs mais également très subjectifs par rapport à la globalité du monde des blogs. De plus, ces systèmes demandent souvent une inscription préalable.

Les classements par nombre de commentaires
Type moi ;-) Pénalise les blogs dont le contenu n'appelle pas aux commentaires. Notamment les blogs experts sur un sujet (peu de monde peut donner son avis) ou les blogs d’info « sèche », ou l'auteur ne donne pas son avis personnel et où la possibilité de débat est moindre. Tous les blogs et billets ont un contenu et un lectorat qui se prêtent de manière différente aux commentaires. En revanche, le nombre de commentaires permet de prendre en compte tous les blogs (sauf rares oublis), sans inscription préalable.

Les classements par nombre d'abonnés RSS
Type Vincent Abry ou Blog Horizon. Comme pour les classements par liens, les classements par nombre d'abonnés ne peuvent favoriser que les blogs qui sont lus par un public familier des outils informatiques, c'est-à-dire encore une fois les blogs « hi-tech ». Il y a probablement moins d'utilisateurs de flux RSS chez les lecteurs de blogs culinaires que chez les lecteurs de blogs sur l’actu du web 2.0. Selon le mode de mesure, l'ancienneté des blogs peut également influer (à nombre de lecteurs égal, un blogueur plus ancien aura plus d'abonnés). Enfin, ces classements ne peuvent prendre en compte que les blogueurs qui ont un compte chez le lecteur de flux (Feedburner, Google Reader, etc.), ce n'est donc pas un classement global.

Les classements par nombre de visiteurs
Uniquement disponibles dans les agences internet qui ont accès aux statistiques détaillées de leurs blogs affiliés, cette mesure est la plus fiable, à condition de prendre en compte le temps passé sur chacun par exemple (ou beaucoup d'autres critères selon les besoins, puisque tous sont accessibles). Bien entendu, un accès aux stats permet une mesure on ne peut plus fiable mais là encore, impossible d'avoir accès aux statistiques de la globalité. Mais toute la difficulté reste d'évaluer les centaines de milliers de blogs dont on a pas accès aux statistiques sinon ce serait trop facile !

Le cas des Skyblogs
Mis à l’écart par tous les autres classements pour diverses raisons, les Skyblogs ont la particularité d'utiliser une plateforme commune, avec outils de mesure communs et avec son propre classement. Ce classement prend en compte le nombre de visites par mois, donc a priori, un classement assez fiable. Cela-dit, un peu comme le nombre de vues des sites de vidéos, ce sont des chiffres « propriétaires » (qui viennent de Skyblog), il y a donc toujours le risque qu'ils soient un peu gonflés pour faire bonne figure par rapport aux supports concurrents — ce qui ne change pas grand chose à l'aspect classement. En revanche, pas de tri thématique, ce qui limite grandement son intérêt côté lecteurs.


En espérant ne pas avoir écrit trop de bêtises. Je précise que je ne suis pas un expert (« spécialiste de rien du tout » à longtemps été la baseline de ce blog ;-) mais juste un utilisateur passionné, entre autres, par les divers modes de représentations du Web. Même si leur forme est chiffrée, les classements font partie de ces modes de représentation.

L’ANPE, fan des eBoy ?



Allez, parlons boulot pour une fois…
Ma compagne vient de me signaler une nouvelle campagne de communication pour l’ANPE. Plus typées que le style Sim City [1], ces affiches ressemblent terriblement au travail des eBoy, que j'ai souvent évoqué sur ce blog. À tel point que je me demande si ce n'est pas eux qui les ont faites ? Troublant…
Si les auteurs sont les eBoy, c'est un joli coup, bravo à l'agence qui gère l'image de l’ANPE d'avoir pensé à eux. Si l’auteur ne fait pas parti du collectif allemand, difficile pour autant de parler de pompage puisqu'il ne s'agirait que d'une reprise du style, d’un « à la manière de » un peu trop 1er degré. Ce serait tout de même dommage. Avec ces budgets et ces enjeux là, mieux vaut payer deux ou trois milles euros de plus pour avoir les maîtres du genre que de se lancer dans remake en interne.
L’ANPE avait déjà fait grogner le milieu du design graphique lors de la refonte de son identité visuelle [2], ce serait un peu gros de remettre ça. D'autant que le secteur du design est très mal aidé par l'ANPE. Bon, j'y reviendrai peut être dès que j'aurai plus d'images ou d'infos.
(Je n'ai trouvé que cette image pour le moment, sur le site de l'ANPE)

Édit 10 mars : des images des autres visuels de la campagne et des infos sur l'auteur sur ce blog. Décidément très troublant…

PS : pas mal non plus le « n°1 de l'emploi en ligne » en baseline du logo de l'ANPE sur son site ! Je trouve cela un peu décalé par rapport à ce que vivent les gens qui vont sur ce site public (peut-être plus pour longtemps, certes) quotidiennement.

[1] Style Sim City que l'on pourrait plutôt rapprocher des anciennes campagnes d'Areva que la pourtant très bonne agence H5 avait également vendu au groupe Royksopp à quelques semaines d'interval (ils étaient auteur des deux clips)… gonflé.

[2] À cette époque, j'étais l'un des rares designers à être monté au créneau pour défendre les tarifs pratiqués par Euro RSCG, car un nouvellement et la mise en place d'une nouvelle identité visuelle sur des milliers de supports dans une centaine d'agence est bien plus cher et difficile que la « simple » conception du logo — mais je n'étais pas spécialement fan du design proprement dit.

Commentaire / D'un obscur recoin du net...

Sur le Flipbook :

Je me demande dans quelle mesure les vidéos venues du net (hors publicité) et les codes visuels qui les définissent comme telles, ne seraient pas devenus un « label » qui signifierait en gros pour les millions de gens qui découvrent ces vidéos à la télévision : « inédit, irrévérencieux, jamais vu à la télé, venez voir ! ». Et si en plus, c'est estampillé « buzz », alors là, bingo.

Je m'explique : lors du buzz de la vidéo du CTPC (« Casse Toi Pauvre Con » ;-) et de nombreux autres, j'ai remarqué que les chaines de télévision diffusaient des images en basse définition, filmées ou capturées sur un écran d'ordinateur. Il y a quelques années (ne serait-ce que 2 ou 3 ans), les rédactions se seraient empressées de demander la « bande » haute définition directement au Parisien ou à l'agence (quitte à payer des droits ou afficher les logos qu'il faut) plutôt que de diffuser des images de mauvaises qualité. D'ailleurs il me semble que l'agence qui dispose des droits à proposé au préalable la vidéo à plusieurs autres supports médiatiques très important qui ont refusé… pour y revenir une fois que l'étiquette buzz fut accolée, par le biais des captures d'écran.
Je remarque que ces vidéos basses définition (pas seulement parce qu'elles sont issues de caméras amateurs mais surtout parce qu'elle sont pixelisées par la compression et la petite taille du lecteur internet) sont de plus en plus fréquentes à la télévision : sans doute parfois à cause de l'impossibilité ou de la difficulté d'obtenir rapidement la source en haute qualité et les autorisations qui vont avec, mais aussi parfois, il me semble, pour bien montrer aux téléspectateurs que ces vidéos viennent du net, avec les sous entendus qu'il y a derrière. Pratique également en cas de clash avec les auteurs ou les acteurs : « ça vient du net, ce n'est pas de notre faute » (cf. Laurent Joffrin au moment du divorce du président, même si le contexte était différent).

Tout cela peut paraître hors sujet mais je tenais à donner mon avis là dessus car finalement, il y a probablement eu bien plus de gens qui ont vu cette vidéo à la télévision (un simple passage dans un 20h fait déjà plus que le nombre de vues cumulées), et il me semble que les codes visuels qui trahissent une diffusion originale sur le net commencent à avoir de plus en plus d'effet sur le grand public télévisuel.

Commentaire / La sagesse des foules

Sur Affordance :

À une époque, je me suis intéressé à la bêtise collective, dans un but plus humoristique et personnel que scientifique.
Par exemple, dans une grande surface, j'ai remarqué qu'après leurs achats, la majorité des gens rangent leurs chariots sur la file la plus longue. Peu se soucient d'équilibrer les files de rangement. Résultat : on se trouve souvent avec des files courtes, voire complètement vides, et une ou deux très longues, que le personnel de la grande surface doit parfois rééquilibrer manuellement plusieurs fois par jours.
Autre exemple amusant : lorsqu'il y a une entrée dans un lieu très fréquenté avec une dizaine de portes à battants alignées (souvent vitrées), la majorité passe par les deux ou trois portes déjà ouvertes par l'utilisateur précédent. Très peu ont l'idée d'en ouvrir une nouvelle pour aller plus vite.
J'en avais une petite collection du même genre mais elle ne me viennent pas à l'esprit au moment ou j'écris.

Commentaires de blogs : tutoiement ou vouvoiement ?

Encore une question très bête que je me pose là ! Naturellement j'aurais tendance à tutoyer les gens dans les commentaires de blogs (probablement à cause de mon passé d'utilisateur régulier de forums, mais je ne suis même pas sûr de cette explication) alors qu'en dehors des espaces de discussion sur internet, j'ai assez de mal à passer du vouvoiement au tutoiement.
Pourtant, depuis quelques temps à force de fréquenter des blogs de vieux ;-) ou des commentateurs se vouvoient, je me surprends à user de la 2e personne du pluriel un peu partout, ne sachant plus trop quoi faire pour rester homogène dans ma manière de m'adresser aux autres, surtout chez les blogueurs que je connais peu.

Commentaire / Fausser les classements

Chez Authueil :

C'est amusant de voir les blogueurs à tendance politique se prendre la tête sur les classements… Faites attention, si ça continue, vous allez bientôt vous intéresser aux sondages ! ;-)

J'aimerai quand même juste ajouter quelque chose à ce propos. Lorsqu'on parle de « qui a la plus grosse » à propos du classement Wikio, on se place du côté blogueurs. Il ne faut pas oublier que beaucoup de lecteurs, pas forcément blogueurs, utilisent ces classement comme une porte d'entrée pour découvrir le monde des blogs ou comme une boussole pour s'y repérer (au même titre que les moteurs de recherche ou les liens isolés). Je veux dire qu'on peut toujours écrire que le classement Wikio est nul en tant que « mesure de quéquette » mais difficile d'affirmer que ces classements sont inutiles pour les lecteurs… rien que le tri thématique, qui se fait de manière assez fine chez Wikio, a dû en dépanner plus d'un et à dû permettre aux plus curieux de découvrir un paquet de blogs méconnus. Si demain, on décrète de supprimer tous les classements et outils de mesures existants liés aux blogs, je pense qu'il y aura beaucoup de monde qui fera la tronche, et pas seulement chez les marketers et les blogueurs orgueilleux.
Après, les divers classements de blogs sont subjectifs, arbitraires dans la méthode, etc. ce sont des indicateurs complémentaires et non des vérités scientifiques, etc. mais ça c'est un autre problème.

Commentaire / Guide Michelin : les nouveaux étoilés et ceux qui perdent

Chez François Simon :

C'est amusant de voir l'Atelier de Robuchon gagner encore une étoile ! Le concept de ce (très bon) restau n'était-il pas justement d'aller à « l'encontre » des critères du guide ? Le Michelin et Joël Robuchon jouent au chat et à la souris.