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Que sait-on de la lecture intensive sur écran LCD ?

Déçu par le manque de polyvalence de l'iPad, je n'en demeure pas moins assez optimiste sur la question de la lecture, notamment la lecture intensive de la presse en ligne et des ebooks. La couleur, la taille de l'écran et la légèreté de la nouveauté d'Apple va enfin permettre l'adaptation numérique des livres bien au-delà des romans et essais en texte noir sur blanc. Beaux livres (du guide touristique au livre d'art), bandes dessinées, livres pour enfants, un territoire immense, jusque là peu exploré par les éditeurs et distributeurs. Et pour cause puisque les readers du marché sont cantonnés à un affichage noir et blanc ou à des écrans de smartphones trop réduits. Une machine comme l'iPad devrait également offrir, enfin, la possibilité d'inventer de nouvelles fonctionnalités liées à la lecture qui pourraient donner plus de sens, plus de « légitimité » à l'adaptation du format livre sur support numérique. Aller un peu au-delà de la copie du papier sur écran, pour faire simple (j'ai déjà évoqué cet aspect à de nombreuses reprises, passons — de même, je passe sur les questions de DRM, de deals avec les éditeurs, etc. qui sont plutôt relatives au business qu'à la lecture).

« La lecture sera moins confortable sur iPad que sur Kindle, car il manque la technologie e-ink » me répondront les adeptes (et les chargés de marketing des fabricants) des readers actuellement disponibles. Le rétro éclairage de l'écran LCD serait un frein à la lecture intensive, dit-on. Oui, un écran e-ink est sans doute plus doux pour les yeux (du moins sur le noir et blanc, puisqu'on ne sait faire bien que cela avec l'e-ink) mais que sait-on réellement du confort de lecture sur écran LCD ? Si des millions de personnes sont devant leur écran tous les jours depuis des années, à lire et à écrire sans problème, les appareils comportant des écrans LCD jusque là disponibles pouvaient effectivement être perçues comme un frein à la lecture prolongée. Mais plus que le type d'écran, n'était-ce pas d'abord les spécificités objets de ces appareils qui étaient handicapantes : le clavier d'un ordinateur portable est gênant lorsqu'on lit au lit ; la lecture au bureau est peu confortable (position, concentration, lieu imposé) sans oublier les batteries trop limitées. Pour avoir déjà testé plusieurs fois la lecture au lit (la lecture littéraire devrait-on écrire ? ;-) avec un vieux PowerBook, j'étais infiniment plus indisposé par le clavier chauffant à 70° posé sur le ventre que par l'écran. À cause de tout cela, il me semble que le grand public n'a jamais vraiment pu faire une expérience confortable de la lecture intensive sur écran LCD. Mais avec une tablette comme l'IPad, plus facile à utiliser au lit ou dans un fauteuil, ayant une autonomie assez confortable pour être utilisée une journée entière, je me demande jusqu'à quel point ces écrans resteraient dommageables à la lecture ? En cause, pour ceux qui n'ont pas suivi : le rétro éclairage du LCD : une lumière projetée depuis le support qui fatiguerait trop vite nos yeux lorsqu'on lit un texte long. Mais cette lumière rétro projetée est-elle si forte que cela ? Est-elle si gênante qu'elle nous dissuaderait de lire régulièrement des eBooks sur écran LCD ?

J'ai tenté une petite expérience : mesurer la lumière émise par le rétro éclairage d'un écran LCD puis mesurer la lumière émise par la réverbération de la lumière du jour sur une simple feuille de papier. La lecture sur papier, à une lumière du jour moyenne (en extérieur, par ensoleillement moyen, à l'ombre, en hiver — ce matin à Paris, pour être précis), n'a à priori jamais posé de problème à personne pour lire ? C'est même en général plus sympa de lire dans ces conditions que dans une pièce trop sombre. Et bien essayons de voir si le rétro éclairage d'un écran LCD renvoie plus de lumière que la réverbération sur une feuille de papier dans ces conditions.
À ma gauche, un écran iMac 24 pouces, correctement calibré, sur lequel j'ai ouvert en plein écran une fenêtre blanche. À ma droite, une feuille de papier vierge au format A3, exposée en extérieur, à la lumière du jour, sur un plan vertical. Pour mesurer la lumière émise par ces deux supports, j'ai utilisé la cellule d'un Nikon D200, avec même objectif, même ouverture, même sensibilité programmée, même distance de prise de vue et les deux cadrages sont faits uniquement sur la surface blanche, à bords perdus.
Résultat : l'appareil m'indique une ouverture nécessaire au 100e de seconde pour l'écran contre une ouverture au 400e de seconde pour la feuille de papier à la lumière du jour. Selon la cellule de mon appareil (un bon appareil et un bon objectif), la feuille de papier renvoie donc par réverbération 4 fois plus de lumière que le rétro éclairage du LCD, rien que ça (je rappelle que pour la mesure du papier, j'étais dans les conditions d'une lumière du jour moyenne, voire même un peu plus basse que la moyenne). Si l'on considère le rétro éclairage comme argument anti LCD, je constate, d'après cette petite expérience, que le support LCD est déjà moins éblouissant pour nos yeux que le support papier à la lumière du jour. Et encore, même si mes mesures n'ont rien de scientifique, avec 4 fois plus de lumière envoyée sur papier que sur écran, j'ai une belle marge d'erreur, au cas où.

« Oui, mais avec la technologie e-ink, on renvoie encore moins de lumière que sur papier ». Certes. Et au delà d'un certain stade ce n'est d'ailleurs pas forcément un avantage car cela peut provoquer un manque de contraste ou de luminosité selon la lumière ambiante, alors que le papier s'adapte naturellement et que les luminosité/contrastes d'un écran LCD sont réglables. [Édit 31/01 : je décide, après publication, de barrer la phrase précédente suite à un commentaire judicieux, car en effet, ces mots me ferait trop facilement passer pour un anti e-ink de mauvaise foi, ce qui contribuerait à discréditer l'ensemble du billet] Je ne suis pas ingénieur mais j'imagine que l'écran d'un Kindle (par exemple), en plus de ne pas être rétro éclairé, absorbe beaucoup plus la lumière ambiante qu'une feuille de papier, ne serait-ce que par son traitement anti reflets et son blanc pas tout à fait blanc qui tire plutôt sur le gris clair. N'empêche que même si la lecture sur écran e-ink est un peu plus confortable sur certains types de contenus, l'écran LCD ne devrait pas être considéré comme un facteur handicapant pour la lecture assidue. Bien au contraire, par rapport à l'e-ink, l'apport de la couleur et des possibilités d'interactivité accrues par un produit comme l'iPad devraient apporter énormément d'intérêt aux secteurs des ebooks et de la presse en ligne.

(Ceci est la prolongation d'un commentaire que j'ai posté il y a deux jours chez Lâm. Lors de mon premier test, en fin de journée et par temps pluvieux, la lumière du jour était trop sombre pour être représentative — j'y croyais quand même ;-) — et c'est le LCD qui était plus lumineux).

Édit 31/01 : d'ailleurs l'iPad emploie une technologie spécifique puisque, comme pour les derniers MacBook, il s'agit en fait d'un écran LED (et non pas Oled), qui fait toujours partie de la famille des écrans LCD mais pas tout à fait la même technologie que les écrans LCD classiques : rétro éclairage aux tubes de néons contre rétro éclairage aux mini Leds, entre les deux, toujours un couche de cristaux liquides (LCD). Je ne pense pas que ça change grand chose à notre affaire mais il me semblait bon de le préciser.

L'iPad, un objet bouche-trou



Épilogue d'un longue attente, je voulais juste faire suite (et fin) à mon précédent billet sur la question de la tablette Apple. Quelques réflexions sur les spécificités objet de l'iPad (pour ce qui concerne la partie business et la partie logicielle, beaucoup en parlent bien mieux que moi) :

L'iPad correspond exactement au positionnement que je redoutais : entre smartphone et ordinateur portable. Un objet qui n'est pas plus utile que Smartphone ou ordinateur portable mais qui présente l'intérêt de combler quelques vides fonctionnels laissés vacants sur ces deux appareils (en gros, tout ce qui concerne les utilisations sur grand écran en dehors d'une table ou d'un bureau : lire au lit, naviguer sur le web depuis son canapé, faire une présentation client par exemple).

Un dock existe pour connecter un clavier mais comme je le redoutais également, le clavier n'est pas adapté à la forme de la tablette, ce qui le rend difficilement transportable (même si fondamentalement, il est effectivement plus ergonomique d'écrire sur un clavier full size que sur un clavier format portable). Un clavier qui épouse parfaitement la forme de la tablette et qui se clipse sur la façade écran de la tablette aurait d'avantage facilité le transport et la solidité de l'ensemble. J'imagine que les accessoiristes vont sans doute relever très vite le filon.

Je l'ai écrit 1000 fois et je le répète, en tant que consommateur, j'aurais préféré un ordinateur portable avec écran tactile détachable (avec l'OS et les logiciels pro qui vont avec) plutôt qu'un gros smartphone/iPodTouch. Un objet qui aille dans le sens de la convergence, à acheter à la place d'un ordinateur portable, plutôt qu'un objet à acheter en plus (évidemment, on peut comprendre qu'Apple ait intérêt à proposer un produit à acheter en plus… au moins en attendant que la concurrence les rattrape sur le plan de l'objet).

Maintenant que le sort est jeté, je vais attendre de pieds fermes la prochaine génération de MacBook pour laquelle, j'en suis sûr, nous serions tous très déçus de ne pas y trouver un écran tactile et un OS hybride. Soyons précis : l'iPad est un objet intéressant dans le sens ou il répond à des usages jusque là peu pratiques dans certains contextes. C'est surtout le fait qu'Apple ait conçu son produit comme un appareil (et des applis, et des médias, et des abonnements, et des accessoires…) à acheter en plus qui me gène.

Une belle discussion que nous avions eu sur eBouquin avant la keynote.

Observer la position des bateaux en temps réel



Avec, pour chaque embarcation : légende permettant d'identifier le type de bateau (des yatchs privés jusqu'aux cargos en passant par les bateaux de pêche), accès à une fiche d'identité (parfois avec une photo), possibilité d'observer le trajet récemment effectué (« Show Vessel's Track » sur la fiche d'identité). Fascinant.

Commentaire / Un iMac tactile ?

Sur MacBrains :

C'est drôle car ce concept colle assez bien avec le flyer envoyé à la presse pour l'annonce de « la prochaine création » accompagnée de taches de peintures. En tout cas, ce serait un ordinateur de bureau franchement intéressant (je suis graphiste ;-)
Notons que le principe de la tablette-graphique-sur-écran existe déjà chez Wacom avec la gamme Cintiq (compter 2 200 € pour un 21", sans les capacités d'un ordinateur et sans le multitouch) mais là, d'après ces schémas, il s'agirait plutôt d'un appareil polyvalent transformable en tablette, ce qui est tout l'intérêt. Seul bémol : si un tel objet devait être commercialisé rapidement, j'imagine que son prix de vente serait salé !



[Image extraite d'un brevet déposé par Apple.]

Tablettes : pourquoi se passer d'un clavier ?

Discussion avec un ami ce weekend :

Tiri : T'as vu la future tablette d'Apple ?
Moi : Mouairf…
Tiri : Ben quoi ?
Moi : Ben tout ce que pourrait faire une tablette multitouch, un ordinateur portable pourrait le faire aussi, ce qui éviterait d'avoir à acheter un appareil en plus. Tu prends une tablette, tu lui ajoutes un clavier qui pourrait soit se replier complètement derrière l'écran, soit s'en détacher, selon le contexte d'utilisation. Le bloc carte mère serait de toute façon placé derrière l'écran (au cas où on utilise l'écran seul, détaché du clavier) et le clavier ne pèserait donc que presque rien. Et hop, tu aurais un ordinateur portable classique, avec un vrai clavier, transformable dès que besoin en tablette multitouch pour pas beaucoup plus de poids en plus. Et tout cela est d'ores et déjà réalisable techniquement.
Tiri : Oué mais pour les constructeurs, imposer l'achat d'un nouvel appareil plutôt qu'un 2 en 1, c'est tout bénef…
Moi : Et oui.


Annexe :

Pourquoi s'acharner sur la présence d'un clavier « en dur » ? 4 réponses dédiées aux rapports entre l'écriture et l'ergonomie :
La dactylographie induit que les doigts puissent se repérer sur un clavier sans le regarder, grâce au volume des touches (+ 2 repères tactiles sur les touches F et J pour placer ses index — sur claviers azerty). Si le clavier est virtuel, visualisé sur écran tactile, il devient impossible d'écrire sans regarder ses doigts, impossible donc de regarder le champs texte simultanément -> perte de temps et d'efficacité.
— D'un point de vue objet, il est intéressant que pour les utilisations de longues durées, le bloc de saisie, lorsqu'il est posé sur une table, ne soit pas situé sur le même plan que l'écran. Cela évite d'avoir à se pencher sur l'écran pour voir ce que l'on écrit et de soulager dos et nuque.
— Aussi, un clavier doit être adapté à la taille des mains. Trop petit, un clavier devient inefficace.
— Dans l'absolu, saisir une lettre sur un clavier est plus rapide que de la tracer au stylo (ou stylet). Cela dit, lorsqu'on l'utilise mal ou dans certaines situations comme la prise de notes, les tracés schématiques et toutes les situations autres qu'assis devant une table, écrire au stylet (avec OCR derrière) ou au clavier virtuel peut s'avérer intéressant. Pour couvrir un maximum de scenarii, il faut donc que ces machines idéales rassemblent toutes ces possibilité d'écriture plutôt que de limiter chaque modèle à un type de saisie.

Une tablette serait un appareil dédié à certains usages domestiques, à ne pas confondre avec un ordinateur portable, plus orienté travail et mobilité.
Pourquoi pas, mais dans ce cas, le prix de ces tablettes doit être bas, sous les 300 €. Quoi qu'il en soit, il y aura toujours intérêt à ce que tous les ordinateurs portables puissent être transformables en tablette. À voir après si les « tablettes de salon » se vendent toujours… En dehors du cas de ces tablettes de salon, plutôt que de dépenser 1 000 € dans l'achat d'une tablette polyvalente + 1 000 € dans l'achat d'un ordinateur portable, mieux vaut dépenser 1 800 € dans un seul appareil non ? D'un point de vue marketing, il y aura sans doute toujours de la place pour des ordinateurs portables et tablettes simples à pas cher pour des usages limités (notebook et netbook inclus), mais pour ce qui concerne l'équipement moyen et l'équipement professionnel, un minimum puissant et polyvalent, l'évolution vers le « 2 en 1 » me parait évidente.

Une machine qui s'adapte à un maximum de situations
Si je suis devant une table, je peux sortir le clavier et écrire confortablement ; si je veux lire un ebook ou regarder un film au au lit sans déranger ma belle, je replie ou je détache le clavier ; si je twitte depuis mon canapé, je peux me contenter du clavier virtuel ; si je veux faire une présentation client ou simplement naviguer sur le net, le multitouch peut suffire ; etc. etc. Avec les technologies d'ores et déjà disponibles, une même machine portable pourrait couvrir une palette de fonctionnalités très complète, tout en restant relativement abordable au niveau des prix de vente. Un champ fonctionnel « format cartable » à ne pas confondre avec le champ fonctionnel « format poche » d'un smartphone qui, rien que par la taille des écrans, est forcément différent (et complémentaire).

• [Édit 22/01] Une machine facile à transporter ?
Comme je l'ai écrit en commentaire, il y a un aspect qui semble avoir été un peu oublié par tous ceux qui se sont amusés à imaginer la forme et les fonctionnalités des tablettes (l'hypothétique iSlate notamment) : la protection de l'écran en cas de transport. S’il n’y a pas de clavier, une housse souple risque de ne pas suffire à la protection de l’écran et il faudra forcément compter sur une coque rigide qui risque de s’avérer presque aussi couteuse, lourde et encombrante qu’un clavier intégrable. Clavier qui servirait en même temps de protection, comme sur un ordinateur portable classique, tout en étant parfois utile pendant l'utilisation de l'appareil.


Je précise qu'il existe plusieurs images, annonces, rumeurs de concept-machines qui circulent sur le net (j'en ai souvent liées sur ce blog ou dans les commentaires ailleurs), que ce soit à propos des tablettes ou des « ordinateurs-tablettes » dont je rêve. Ce sont surtout les questions de positionnement et de concept que j'ai voulu résumer ici, je n'ai donc pas souhaité prendre le risque de brouiller mon propos avec des liens qui ne correspondent pas exactement à l'objet « idéal » que j'ai en tête.
Bon, grâce à cette courte discussion informelle avec Thierry, qui a vraiment eut lieu ce weekend, à quelques précisions d'annexe près, je me suis rendu compte que je pouvais résumer plus simplement que prévu mon point de vue au sujet des tablettes (cf. ce billet ;-) Dont acte.

Édit 20/01 : je viens de changer le titre du billet (plus signifiant que « retour sur les tablettes »…)

Tablettes multitouch

Ça fait plusieurs jours que je suis englué dans la rédaction d'un billet. Il s'agit pourtant juste d'expliquer pourquoi les « futures » tablettes multitouch qui font tant de buzz en ce moment sont bien parties pour être un attrape-nigauds (malgré un champ d'action en partie inédit) tandis que les ordinateurs portables devraient s'en inspirer. Ce texte devait rassembler diverses idées et avis que j'ai pu exprimer en commentaires sur d'autres blogs depuis un an. Mais je ne m'en sors pas et je pense que je vais laisser tomber. Et puis la flemme de faire des schémas (pour expliquer les limites ergonomiques d'une tablette sur des utilisations de longues durées), et puis texte trop long par rapport au sujet, mal écrit, bordélique, pas assez de références… trop de temps passé pour un résultat vraiment pas terrible. Pour info, ça à fait plus de 6 mois que j'ai ce billet en tête et j'ai déjà abandonné une fois sa rédaction en juin dernier. Donc voila, ceci est un non billet… qui a au moins le mérite d'exprimer, mine de rien, le fond de ma pensée ;-)

Balèze

Ne pas zapper dès les premières secondes, il faut attendre la fin de l'intro pour que la prestation devienne vraiment impressionnante :



Via Ben.

Commentaire / Autour et atours du livre numérique

Sur affordance :

À Benoit :

Le problème, quel que soit le prix, c'est que pour acheter une liseuse et des livres numériques, même avec écran hyper confort, il faut déjà avoir la volonté de lire des livres. Ce qui est très loin d'être le cas de tous. L'achat d'une liseuse est une espèce de « prix d'entrée » qu'il faut payer pour avoir accès aux livres numériques et ça ne favorise(ra) clairement pas l'accès au livres, même vendus moins chers que sur papier et même sans DRM.

D'où l'intérêt d'amener la lecture sur des ordinateurs portables plus largement utilisés (qui soient un peu plus adaptés à la lecture de textes longs -> même si l'écran ne suit pas, un clavier détachable ou pliable à 180° et en couleur est déjà un plus).

Si l'aventure du livre sur support numérique doit se résumer aux passage des lecteurs réguliers de livres papiers vers la lecture sur écrans, ça n'a pas grand intérêt, même si ça leur fait gagner du poids dans leurs valise lorsqu'ils partent en vacances.
En revanche, amener de nouveaux lecteurs vers le format livres grâce au numérique, ça ce serait un vrai progrès (ordi multifonction plus adapté à la lecture + fonctions logicielles qui permettent par exemple d'avoir une mise en valeur des passages les plus surlignés par les autres lecteurs, ce qui pourrait séduire ceux qui sont réfractaires à la lecture de textes longs pour les amener vers la lecture de l'intégralité du texte ou au moins des idées principales d'une œuvre).

Pour moi, l'enjeu principal n'est pas de lire plus confortablement, de gagner du poids ou de la place. L'enjeu principal est d'amener plus de lecteurs vers le format livre.


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2e commentaire en suivant :

Et puis de toute façon, même si les liseuses et les livres numériques étaient tous distribués gratuitement, je suis certain que cela n'amènerait pas plus de lecteurs vers le format livre. Ceux qui lisent déjà des livres en liraient peut être encore plus mais ceux qui ne lisent pas n'auraient pas beaucoup de raison de s'y intéresser (le prix des livres de poche est déjà très bas — et le piratage de livre en format numérique est relativement faible). Pour amener de nouveaux lecteurs vers le livre, à mon avis, il faut d'abord des fonctions logicielles adaptées (par exemple, celle que j'ai citée dans mon commentaire précédent) et la possibilité de lire sur des machines que l'on possède déjà (et qui peuvent servir à bien d'autre choses).


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3e commentaire en suivant :

Désolé, je squatte, je suis lancé :

D'ailleurs, puisque ce sont des comparaisons que l'on fait souvent, l'intérêt de l'imprimerie et du MP3, c'était ça. Amener plus de gens vers les textes (sacrés au départ) et vers la musique. La qualité d'impression et de fabrication des premiers livres n'était pas au rendez-vous (ce devait être plus sympa et convivial d'écouter en groupe la lecture orale d'un curé ou d'un colporteur). Les premiers MP3, salement compressés qu'on s'échangeaient en P2P étaient légers mais d'une qualité médiocre. Pourtant, ces deux technologies ont amené, avant toutes autres considérations, énormément de monde vers la lecture et vers la musique. Le confort de lecture ou d'écoute est arrivé après.


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4e commentaire en réponse à la réponse de Benoit (commentaire qui fait un peu la synthèse des précédents et qui appuie un peu plus sur l'aspect fonctionnel) :

« ces lecteurs sont des lecteurs zappeurs qui ont du mal à concentrer leur attention. »

Et bien justement ! Puisqu'ils sont zappeurs, il faudrait que les livres diffusés sur supports numériques offrent la possibilité d'être survolés rapidement et efficacement. Et coup de chance, le format numérique le permet. Donner accès (gratuitement) aux passages les plus surlignés par les autres lecteurs ; utiliser des moteurs sémantiques pour synthétiser intelligemment et en quelques mots des centaines de pages ; donner accès à tous les commentaires des autres lecteurs (qui peuvent cibler des passages précis et donner lieu à des débats) ; pouvoir lier des passages d'un site perso vers un livre en ligne ; les moteurs de recherche façon Google qui permettent de rechercher des mots ou des expressions directement dans un livre sont intéressants aussi pour celui qui cherche à se documenter sur un sujet précis ; et tout un tas de fonctions qui ne me viennent pas à l'esprit au moment ou j'écris.
Tout cela devrait donner envie à une partie de ceux qui ne sont pas familiers à la lecture de pavés de plusieurs centaines de pages de s'y pencher un peu plus — ou, à défaut, de pouvoir tirer un minimum d'information sur un livre sans forcément l'avoir lu en entier, ce qui n'est pas rien en terme d'accès à la culture.

Pour ceux qui sont déjà habitués à lire des livres sur papier, le numérique permet en gros de gagner du poids dans le sac, de la place dans la bibliothèque et peut-être un peu d'argent sur l'achat de contenu (et encore, ça dépend ce qu'on lit — il faut aimer les classiques qui ne sont plus sous droits). Très content pour eux mais si le support numérique n'apporte que cela et ne s'adresse qu'à ceux là, ça n'a pas grand intérêt.