À propos du livre numérique

Dans le domaine du livre numérique, il faut distinguer deux choses : les appareils qui permettent de lire les livres numériques (« Liseuse » est l'un des termes naissants pour désigner les appareils spécialement conçus pour lire des livres électroniques) et les livres numériques, c'est à dire le contenu. Si pour moi les livres numériques sont intéressants à plus d'un titre, ce n'est pas tout à fait le cas des liseuses électroniques, dont je ne comprends que difficilement l'intérêt par rapport à d'autres types de machines. Sceptique également sur la futurologie débridée qui tourne autour de ces liseuses. Écrans souples, absence de vrais claviers : privilégier la portabilité, c'est bien, mais être confortable et polyvalent à l'usage, c'est mieux. Côté contenu, si la complémentarité papier/écran me paraît bénéfique pour tout le monde, je perçois la cohabitation livres numériques/sites web comme bien plus concurrentielle.
Dans l'idéal, il m'aurait fallu écrire un long billet au moins sur chacune des 4 problématiques que je vais ici aborder, mais j'ai finalement décidé de faire « court », tout en étant ouvert à toutes discussions ultérieures. Ce « brouillon », avec ses avis vite envoyés, me permet au moins de poser ma réflexion sur le sujet — dans l'idée de la continuer par la suite, bien entendu. Comme souvent, je précise (au cas où ;-) que je ne suis pas un expert mondial sur la question, cependant mon métier de designer me permet peut-être d'avoir un point de vue spécifique.


Les liseuses feront-ils le succès des livres numériques ? Je ne pense pas.

La liseuse, un objet en plus.

Les livres numériques peuvent se lire sur une foule d'appareils électroniques : ordinateurs de bureau, ordinateurs portables de toutes tailles, smartphones… pour ne citer que les plus communs, mais aussi les plus polyvalents. Car le problème des liseuses est qu'elles ne servent qu'à lire des e-book. Or, il y a fort à parier pour que les lecteurs de livres électroniques possèdent déjà d'autres machines qui permettent de les lire. Je comprends bien que l'intérêt réside dans le fait d'avoir un appareil qui est, de par son usage limité, plus léger, plus fin, plus maniable et presque moins cher… mais ça reste un appareil à acheter et à transporter en plus des autres. Francis Pisani va jusqu'à qualifier les liseuses de gadgets. Là ou un Netbook, pour le même prix et pour à peu près la même taille (quoique plus lourd) permet de faire à peu près tout ce qu'il est possible de faire avec un ordinateur de bureau de moyenne gamme, une liseuse n'a pas grand intérêt en dehors de la lecture — et encore, juste en noir et blanc pour le moment. Si d'autres sont aussi optimistes que moi sur l'avenir des Netbook, l'utilisation massive des liseuses est à mon avis plus incertaine. Attention, je pense qu'il y a un vrai public prêt à acheter ce genre de joujou mais je pense simplement que l'usage des liseuses ne se répandra pas au delà d'une sphère de technophiles, malgré l'optimisme général et la hausse des ventes. Le futur des liseuses me rappelle un peu le présent des mini appareils de lecture vidéo (Archos des années 2000 ; mini lecteur DVD des années 90 ; mini télé des années 80) : pour les appareils de lecture sur écran, le confort et/ou la polyvalence l'emportent souvent sur la portabilité. Et ce n'est pas le patron des échos qui dira le contraire. Quant à Steve Jobs, il ne semble décidément pas très chaud pour lancer Apple dans l'aventure.

Les écrans tactiles : oui, mais pas n'importe comment.

Être le plus léger possible, réserver un maximum de taille à l'écran : le futur des liseuses semble principalement porté par le potentiel des écrans tactiles (quant à la technologie de l'encre électronique, elle peut à la rigueur se transposer sur n'importe quel écran numérique, si elle devient convaincante). On les rêve souples, roulables, en couleur, toujours plus fins, plus écolo, moins chers, consommant presque rien, des écrans toujours plus grands mais qui prendraient toujours moins de place dans la poche (c'est chouette la prospective ;-). Pour profiter pleinement des diverses fonctions des livres numériques, il faut également pouvoir les annoter, les commenter, pouvoir effectuer des recherches, bref, même sans clavier, il faut pouvoir lire, mais aussi pouvoir écrire. Certes, le clavier et le trackpad des ordinateurs ajoutent du volume et du poids aux machines, mais ergonomiquement parlant, pour une machine qui permette d'écrire confortablement, c'est quand même plus simple. Et puis glisser-déposer un élément avec son doigt crasseux sur un écran de 20 centimètres de large, c'est tout de suite moins fun que de faire défiler une image sur un Iphone. On est loin de la feuille électronique souple et ultra plate mais des appareils hybrides de ce type (clavier modulaire) ou encore mieux : comme celui-là (double écran tactile, dont l'un peut se transformer en clavier lorsqu'il y a besoin d'écrire) me paraîssent bien plus pertinents que les liseuses telles qu'on les connaît ou qu'on les imagine généralement. Et encore, ce n'est pas parce qu'un objet est meilleur qu'un autre que les consommateurs vont se jeter dessus, ça n'est pas aussi simple. Idem sur la notion de souplesse, imitation papier, tant fantasmée : que ce soit pour lire ou pour écrire, la rigidité du support, ça en jette moins, mais ça a du bon. Même que les éditeurs sont prêts à payer cher pour ajouter des couvertures rigides aux livres qu'ils font imprimer. Notons que la dernière liseuse commercialisée, le Kindle d'Amazon, ne dispose pas d'écran tactile et comporte un clavier (à mon avis, tout cela est trop petit pour une ergonomie optimale, mais cela indique déjà une certaine réalité commerciale). Il y aurait déjà beaucoup à écrire rien que sur le rapport ergonomique à l'écriture sur clavier, au niveau de la conception de l'objet : un écran qui ne devrait pas être sur le même plan que le clavier pour un confort d'écriture et de visibilité optimal ; la taille du clavier devrait être adaptée à celle des mains ; les contextes d'utilisation possibles (posé sur une table, debout, allongé), etc. La modularité d'un tel objet me parait capitale.
(Ça n'a plus rien à voir avec les livres numériques mais on observe les mêmes fantasmes technologiques avec les interfaces holographiques de type « Minority Repport » : amusez vous à utiliser ce genre de navigation pendant ne serait-ce qu'une seule journée et je peux vous assurer que vos bras vont crier aux secours.)




Les livres numériques vont ils remplacer les livres imprimés ? Je ne pense pas.

Livre imprimé et livre numérique sont des amis !

Quant bien même une liseuse ultime serait commercialisée, encore faudrait-il que tout le monde la possède pour qu'un éditeur se risque à diffuser un livre important exclusivement en version numérique. S'il n'y a que 100 000 liseuses vendues en France, il n'y aura jamais plus de 100 000 acheteurs potentiels de livres numériques. Pendant de très longues années encore, le public des livres électroniques sera donc globalement plus restreint que celui des livres imprimés. D'un autre côté, le numérique, dont la production et la distribution sont financièrement moins risquées, permet d'éditer des ouvrages moins promis au succès commercial. On peut imaginer qu'un éditeur teste un livre en version numérique, avant de se décider à le sortir en version imprimée (tout comme certains l'ont fait avec la musique). À l'inverse, on peut aussi imaginer qu'un livre sorte d'abord en librairies et soit ensuite distribué à petit prix en format numérique, à la manière des livres de poche. Ou même, pour les essais et les livres scientifiques, une sortie simultanée en papier et en numérique, avec accès gratuit à la version numérique pour ceux qui auront acheté la version papier (pour utilisation complémentaire des fonctions de recherches ou d'annotations). Aussi, si le passage par un éditeur offre un certain label de « qualité » (travail de correction, de mise en pages, de vérification ou d'iconograhie, garantie d'une certaine ligne éditoriale, etc.), le livre numérique offre la possibilité pour un auteur de s'affranchir totalement des services d'un éditeur pour diffuser son œuvre, ce qui peut être intéressant dans certains cas. Il y a aussi fort à parier pour que certaines thématiques fonctionnent mieux en version numérique qu'en version papier, et vice versa : si le dernier Stephen King lancé en exclusivité sur Kindle correspond bien à la cible des utilisateurs de l'outil, il est beaucoup moins probable que le prochain Larousse du jardinage obtienne, toutes proportions gardées, le même succès en version numérique. On en reparlera lorsque tous les français seront équipés en matériel qui permette de lire aussi confortablement un livre numérique qu'un livre imprimé, mais en attendant, la version papier du livre de l'auteur américain sortira bientôt en librairie — l'expérience de l'exclusivité numérique a ses limites pour qui souhaite gagner un maximum d'argent. Bref, la complémentarité papier/numérique est bénéfique à tous, aussi bien pour les lecteurs et les auteurs que pour les éditeurs. Je pense que l'un ira difficilement sans l'autre.

Les vrais « concurrents » des livres numériques ne sont pas les livres imprimés, ce sont les sites web.

On lit souvent des écrits sur « l'opposition » papier/numérique. Un certain David Meerman Scott a même osé donner son lot de conseils aux éditeurs de livres imprimés pour de « meilleures » mises en pages, plus proches des interfaces numériques. Si globalement les livres imprimés ont toujours résisté à internet (contextes de production, de lecture et de possession différents — là encore, il faudrait plusieurs billets, rien que pour discuter de ces notions plus en détail), et même profité d'internet pour se vendre mieux, je pense que le vrai challenge du livre numérique, qui pour le coup a tout à prouver, sera de démontrer l'intérêt de son format face au format « site web » (gratuit). Alors que les daptations de blogs de cuisine ou de BD en versions imprimées arrivent à se vendre à des dizaines de milliers d'exemplaires en librairies, il n'est pas du tout sûr que ces mêmes livres publiés en format numérique attirent les lecteurs des blogs concernés. Pas grand intérêt puisque tout est déjà disponible sur le web, lisible à partir des mêmes outils. Vous cherchez une recette de risotto ? À quoi bon acheter un livre numérique puisqu'en quelques secondes vous trouverez des centaines de recettes de risotto sur le net. Crédibilité des auteurs, qualité, moyens de production, innovations (enrichissement par de la vidéo, du son, des bonus, mises en pages, multilinguisme, partage ou je ne sais quoi) : si globalement les gens lisent de plus en plus, c'est grâce aux sites internet (de toutes formes) qui leur permettent un accès direct, et le plus souvent gratuit, à leur centres d'intérêt ou à leurs questions. Et si le livre imprimé évolue dans une sphère de consommation parallèle, hors écrans, qui a jusqu'alors résisté à tous les autres médias, le livre numérique aura fort à faire sur ce point pour séduire les internautes, surtout s'il faut les faire payer pour accéder au contenu.




De mon point de vue, tout cela n'empêchera sûrement pas les livres numériques de trouver leur public, mais pas forcément de la même manière et avec la même facilité qu'on l'imagine généralement dans le milieu technophile. Pire : il est même probable que la consultation fragmentée des livres numériques l'emporte et que Google Books mette tout le monde d'accord (enfin presque). Les quotidiens, les encyclopédies et les annuaires imprimés sont déjà has-been (via internet), d'autres types de contenus suivront, migreront d'un support à l'autre… sur livre papier, sur livre numérique ou sur sites web. Le monde des médias continue de tourner comme il l'a toujours fait à chaque fois qu'un « petit nouveau » est arrivé. Le vrai combat, c'est peut être tout simplement de continuer à familiariser les prochaines générations au format livre, quelque soit le support de publication : 1/4 des américains n'ont pas ouvert un livre en 2006… plus fort encore, 39 % des français, soit plus du tiers, n'ont lu aucun bouquin cette même année ! (source : Ipsos). C'est effarant et pourtant, je ne suis pas sûr que ces proportions aient été meilleures par le passé. La marge de progression reste importante.

Commentaires

1 Par Jean-no, le 08/03/09, 18:45

L'avantage du e-book c'est qu'il sert à lire. C'est idiot mais il est plus adapté à cet usage qu'une DS, une Wii, un Netbook ou un ordinateur de bureau.
Pourtant ça fait des années qu'on nous vend l'e-book, qu'on nous promet qu'il arrive... Beaucoup de faux-départs.
Je me suis retrouvé l'autre jour dans une conversation de bédéphiles à propos de l'ebook. Chacun y allait de son hypothèse : ça ne sent pas le papier, ça n'a pas la texture du papier, etc. Mais l'argument le plus convaincant est venu d'un auteur qui se trouvait là (Berberian pour ne pas le nommer) qui nous a rappelé que le livre papier reste à ce jour le seul moyen d'enregistrement et de restitution de la pensée humaine qui n'a pas besoin de lecteur (ni de piles).
Bon, évidemment disposer de millions de pages de journal dans une main peut être extrêmement avantageux.

2 Par Christophe D., le 08/03/09, 19:27

À Jean-no :

À mon avis, il faudrait plutôt penser à un Netbook (enfin, disons un ordinateur ultra portable) sur lequel on puisse mieux lire plutôt qu'à un e-book sur lequel on ne puisse faire que lire ;-) Par exemple, la chose qui est sur la 2e photo du billet : en mode ordinateur, on peut imaginer qu'un des deux écrans (tactile) affiche un clavier et en mode liseuse, les deux écrans seraient dévolus à la lecture, sans s'encombrer d'un clavier (ce n'est qu'un exemple). Pour le moment, il y a aussi la technologie de l'encre numérique qui est propre aux e-book (pas de rétro éclairage, sensations visuelles « proches » du papier — mais en noir et blanc). Il y a bien des e-book qui ont été commercialisés (cf. le Kindle qui est le dernier en date), mais force est de constater que ça ne vole pas bien haut.

Sinon, je suis tout à fait d'accord sur les propos de Berberian (de toute façon, un auteur aussi doué ne peut pas se tromper ;-) L'autonomie des livres imprimé est l'une de ses grandes forces : pas besoin de batterie, pas besoin de machine pour le lire. C'est l'une des raisons, à mon avis, pour laquelle les gros éditeurs ne vont pas se lancer de si tôt dans des livres distribués exclusivement en numérique (dont le nombre de lecteurs potentiel serait alors limité au nombre de personne possédant une machine de lecture assez confortable pour pouvoir se passer du papier).

3 Par Jean-no, le 09/03/09, 14:37

En plus comme les éditeurs n'aiment pas trop le e-book, ils ont tendance à vendre leurs droits d'auteur très cher, comme ça se fait en musique. Même problème : payer cher pour un livre qui risque d'être obsolète pour des raisons de verrous numériques ou de politique industrielle (si Amazon laisse tomber le kindle...)
hmmm

4 Par Christophe D., le 10/03/09, 16:10

J'annonce aux fidèles de ce blog que ce billet devrait être publié dans le prochain numéro du journal « Vendredi », qui paraitra le 13 mars. Un numéro qui, à l'occasion du salon, devrait être consacré aux livres.
www.vendredi.info/

5 Par Christophe D., le 13/03/09, 12:54

Quelques chiffres récents dans ce billet d'Écrans :
www.ecrans.fr/Lecture-con...

« Ainsi 70% considèrent que le livre numérique est complémentaire de la version papier. »

6 Par Cyril L., le 24/03/09, 14:01

Les questions sur les interfaces et sur les usages d'un livre ne sont pas récentes Frère Ansgar éprouvait déjà, en son siècle, quelques difficultés à l'utilisation du "Livre" : www.youtube.com/watch?v=p...

:))

7 Par Christophe D., le 24/03/09, 17:26

À Cyril : Hihi, merci, très bon :-)

8 Par Affinibook, le 05/08/09, 21:51

Bonjour,

Pour ma part, c'est une évidence que le livre numérique remplacera une partie des livres papier dans les années à venir, en particulier les livres contenant essentiellement du texte (ex: les romans mais pas les BDs).

La cause:

L'encre électronique.

C'est bien cette technologie qui est à l'origine de cette future révolution, et son utilisation n'a absolument aucun rapport avec la lecture de livre sur netbook ou iphone qui eux reposent sur la technologie LCD.

Explications:

- Contrairement au LCD qui vous bousille les yeux après plusieurs heures de lecture, il n'en est rien avec l'encre électronique dont le confort de lecture égalera bientôt celui du livre papier (le contraste est encore perfectible, la couleur on y arrive).

- Les écrans basés sur l'encre électronique ne consomme du courant QUE pour rafraîchir la page, d'où la très grande autonomie des appareils utilisant ces écrans.

Expérience personnelle:

J'ai acquis il y a quelques mois une de ces liseuses (le sony reader) et je ne peux plus m'en passer.
Quelques avantages en vrac:
- Très pratique pour lire d'une seule main
- Comme je l'ai déjà dis plus haut, mes yeux disent merci par rapport à la lecture sur écran LCD
- Je n'ai eu à recharger la batterie qu'après avoir lu une dizaine de bouquins
- Pas besoin d'embarquer tous ces fameux bouquins en vacances, la liseuse prend bcp moins de place
- La possibilité de changer à la volé la taille de la police: mes parents qui n'ont plus la vue de leur 20ans ont trouvé cela génial
- L'avantage aussi d'une liseuse par rapport à un ordi, c'est que l'appareil est dédié A LA LECTURE et qu'on est pas tenté d'y faire autre chose. C'est peut-être bête à dire mais le trop est parfois l'ennemi du bien, et de la même manière que j'ai du mal à lire lorsque quelqu'un regarde la télé juste à coté, j'ai aussi du mal à lire lorsque je suis tenté d'aller lire mes mails, de lancer un jeu, ou de surfer sur le web.

Pour conclure, je dirai qu'évidemment, aujourd'hui existe encore certains freins à l'adoption massive de cette technologie:
- le prix élevé des liseuses (d'où le fait qu'on peut parfois les considérer comme "un truc de geek", mais j'assume totalement ;-) )
- l'offre en livre électronique très pauvre en France alors qu'elle est pléthorique aux États-Unis (mais comme je lis bcp de livres en anglais, ça ne me dérange pas personnellement)
- les DRM: on en est revenu pour le domaine de la musique, mais on refait tout de même la même erreur dans le domaine du livre (erreur que que je n'ai pas faite sur mon site, Non mais ! -> www.affinibook.com )
- la TVA à 19.6 sur les livres électroniques alors qu'elle est à 5.5 sur les livres papiers
- les éditeurs qui ne répercutent pas assez la baisse du coût de production des livres électroniques par rapport à leur version papier (même si les différences de TVA ne jouent pas en leur faveur)

Gageons que tous ces obstacles finiront par disparaître dans les prochains années...

9 Par Christophe D., le 23/08/09, 16:58

À Affinibook :

Merci pour ce commentaire argumenté.

Je respecte tout à fait le point de vue des pro-liseuses mais je relèverais juste un passage : « Contrairement au LCD qui vous bousille les yeux après plusieurs heures de lecture ».

C'est un argument qu'on lit souvent (alors que la technologie de l'encre électronique se limite pourtant au noir et blanc et à l'image fixe, façon Amstrad ;-) mais d'un autre côté, il faut bien reconnaitre que des millions de personnes passent plusieurs heures par jour, si ce n'est leurs journées entières, à lire, à écrire, à regarder, à jouer sur des écrans « traditionnels », que ce soit en LCD ou en cathodique. Ça pique parfois un peu les yeux mais beaucoup de gens le font depuis des années, que ce soit dans un cadre personnel ou professionnel. Par conséquent, je veux bien reconnaitre les qualités de l'encre électronique mais il faut bien admettre qu'un écran couleur, avec des images qui peuvent s'animer et un équipement qui permet plus de polyvalence derrière, c'est pas mal non plus.

Pour résumer ma pensée, je trouve que les fabricants de liseuses (telles qu'elles sont imaginées actuellement) créent un faussé entre confort de lecture et polyvalence d'usages que beaucoup d'utilisateurs ne sont pas forcément prêts à franchir. Et ce n'est pas le succès commercial de l'IPhone qui me démentira (il faut pourtant en vouloir pour lire, écrire et naviguer sur un Iphone !).

À mon avis, les éditeurs de livres électroniques devraient avant tout viser des formats lisibles sur tous types de machines plutôt que d'attendre le développement du marché des liseuses (surtout si c'est pour avoir au final des machines « bloquées » de type Kindle).

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