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Avenir de la presse : ce que j'en pensais en 2004 ;-)

La lecture du dernier billet de Narvic me rappelle le déclic qui m'avait alors amené à penser que la presse quotidienne, payante et diffusée sur papier allait disparaitre. Je l'avais exprimé sur un forum et j'ai pu retrouver les messages en question. Amusant. Je remarque d'ailleurs qu'à travers ce blog ou à travers mes travaux, je suis toujours focalisé sur un cheval de bataille qui m'est cher : présenter l'information autrement. Un sujet qui m'émerveille toujours autant.

Le 7 avril 2004, un contributeur du forum de Praktica.net (site portail sur le webdesign très influent à l'époque) présente le site Newsmap, conçu et mis en ligne une semaine plus tôt par le designer Marcos Weskamp.



Pour remettre les choses dans leur contexte, je précise que j'avais déjà été sensibilisé dans les années 90 par les problèmes rencontrés par les quotidiens, notamment suite à un stage avec un Designer qui avait conçu l'une des éphémères versions de Libé. Je me suis ensuite intéressé de près au design de presse et plus généralement, à l'histoire de l'écriture et des média — parallèlement, je me spécialisais également dans la conception d'interfaces numériques avancées (domaine dans lequel j'ai un peu décroché depuis, même si cela m'intéresse toujours). Dans les années 90, les nouvelles formules de quotidiens se succédaient, les ventes continuaient de baisser, alors que les connectés à internet étaient pourtant très peu nombreux. Les prix élevés des quotidiens français (syndicalisation de la chaine de production et quasi monopole de la distribution), étaient mis en avant pour expliquer cette continuelle perte de vitesse. Je me souviens que l'on désignait souvent en exemple (d'un point de vue commercial) les quotidiens britanniques, vendus moins cher qu'en France et dont les ventes étaient beaucoup plus élevées. Aujourd'hui, les rosbifs ne font plus les malins ;-) En 2004, la donne n'était déjà plus la même. Tous les grands quotidiens avaient leur site internet, le nombre d'internautes étaient bien moins important qu'aujourd'hui mais augmentait sérieusement (haut débit) et encore, chacun avait conscience que nous n'en étions qu'à la préhistoire. Néanmoins, je ne voulais pas croire à la disparition des quotidiens imprimés.
Et puis j'ai connu Newsmap et en quelques minutes, tout est devenu limpide dans mon esprit. Voici quelques extrait des posts que j'avais écrit ce 7 avril 2004, avec quelques commentaires sous formes de NDLR (bon attention, c'est écrit « façon forum », c'est à dire vite — en plein boulot — et à la manière du langage parlé, entre habitués) :

« Moi qui suit féru de graphisme de presse, j'avoue que là, le gars ouvre un domaine qui montre clairement qu'à l'avenir, l'actu sur le web surpassera largement, en terme de capacité de contenu, d'ergonomie, de coût et d'accessibilité, les supports imprimés (…). On peut même se demander s'il sera encore rentable, d'ici quelques décennies, d'imprimer des journaux [NDLR : wouha ! « quelques décennies », rien que ça ! Je me surprends moi même de mon optimisme. En même temps, tous les quotidiens n'étaient pas encore à la dèche — et puis il y a les gratuits]. À mon avis les journaux seront l'un des premiers supports print, avec les annuaires, à faire les frais de la « concurrence » numérique [NDLR : tiens, marrant cet exemple totalement anecdotique des annuaires… en revanche, j'aurais pu évoquer les encyclopédies, puisque Wikipedia commençait à devenir très populaire].
Depuis quelques temps, je me demandais de quelle manière l'interactivité allait sonner le glas du journal imprimé (du moins symboliquement, en attendant que tout le monde soit connecté). Et même si la presse imprimée a encore quelques bonnes années devant elle, ce site est l'une des solutions possibles (…). »


« (…) cela va sûrement influencer plus d'un site d'info — qui ont bien besoin de se bouger à mon avis ! »

« (…) Par le biais de l'interactivité, on peut imaginer par exemple, des systèmes d'organisation de l'info différents (type organigrammes, schémas qui mettent en évidence l'évolution et les liens entres diverses infos, à la fois dans le temps et la diversité des traitements) [NDLR : et pourquoi pas des cartographies pendant qu'on y est ? ;-) ], des systèmes multimédias (image, son) [NDLR : pour remettre les choses dans le contexte de l'époque, je précise que Youtube n'est apparu qu'un an plus tard], des systèmes de classement de l'info préconfigurés, selon ses centres d'intérêt, pour les lecteurs qui sont vraiment pressés ; des liens ; des possibilités de lecture et d'impression dans les corps plus gros que les journaux imprimés, etc., etc. Et tout cela à moindre cout et publiable instantanément.
Comme le montre le site présenté, on peut même se placer « au dessus » des sites de presse proprement dit et imaginer des systèmes de revues de presse, des comparaisons de traitement sur un même sujet d'un titre à l'autre, etc. Et cela sera possible et même paramétrable, quelque soit le temps qu'on ait à disposition pour lire. Évidement, pour l'instant nous sommes limités par l'accès au net et même tout simplement par l'accès à nos machines mais imaginons la chose dans quelques années, lorsqu'on pourra tous se connecter n'importe où, depuis un ordinateur portable par exemple.
Bref, plein de choses à inventer sur les sites d'info que le print ne pourra jamais offrir. C'est juste une question de temps.
»

Tout cela est mal écrit et parfois un peu naïf (la question des modèles économiques qui pourrait entretenir un presse de qualité sur le web reste en suspend) mais ça m'a amusé de relire ces lignes ce matin. En 2009, 5 ans plus tard, les choses en encore beaucoup évoluées et le point de rupture est proche. Lire la suite chez Narvic, donc, ou directement dans le livre « La fin des journaux et l’avenir de l’information », écrit par Bernard Poulet et récemment publié chez Gallimard.

Twitter : à quand une actualité « vue du ciel » ?

Dans la nuit du 1er février dernier s'est déroulé le Superbowl. Dès le lendemain, le site du New York Times a publié une carte des États unis affichant les occurrences les plus récurrentes sur l'outil Twitter, pendant le déroulement de cet évènement sportif. Sur cette carte interactive, on peut même faire glisser un curseur pour observer ce qui s'est écrit minute par minute. Très fort !



J'ai découvert cette carte 4 jours plus tard via BienBienBien. J'y commente alors ce qui me parait être une évidence :

Il faudrait une carte de cette sorte, à l’échelle du monde et mise à jour automatiquement tous les 1/4 d’heure [NDLR : je me suis peut être un peu trop emballé sur période] , sur la homepage de Twitter ! Je pense que serait un moyen intéressant de suivre l’actu mondiale « vue du ciel », pour ceux qui le souhaitent.

Imaginez un peu ce que pourrait donner la bête : une carte du monde, sur laquelle vous pourriez zoomer. Sur chaque zone de la carte apparaitraient les mots les plus écrits sur Twitter sur une ou des périodes données, à la manière d'un nuage de tags géolocalisés (exactement ce qu'a fait le New York Times pour le Superbowl, en fait). Je précise en passant que Twitter est un terrain favorable pour ce type d'application car, outre le côté « plateforme propriétaire », c'est un outil de discussion, dont la plupart des comptes sont géographiquement localisés (lors de leur inscription, les utilisateurs précisent leur ville). Dans les fonctions possibles, on pourrait également imaginer que l'échelle de temps puisse être contrôlée par l'utilisateur : par exemple, le choix d'afficher les grandes tendances de ce qui s'est écrit sur Twitter pendant les 24 heures précédentes, pendant la semaine précédente ou même pendant le mois précédent (je ne suis pas un spécialiste de la question mais pas sûr que l'on puisse avoir le possibilité de « scanner » sémantiquement un tel volume de contenu dans des échelles de temps plus restreintes — si c'est possible, c'est encore mieux !). L'utilisateur pourrait contrôler cette échelle de temps grâce à une interface similaire au curseur de la carte du Superbowl. Une carte qui pourrait être accessible même aux non utilisateurs de Twitter, ce qui leur donnerait peut être envie de s'inscrire, ou au moins de revenir régulièrement voir cette vitrine, juste pour observer les tendances des discussions. Par exemple, on pourrait s'apercevoir que tel évènement est retentissant dans une zone géographie (une ville, un pays, un groupe de pays) et pas dans une autre ; que tel évènement n'est pas perçu de la même manière ici ou là (une zone pour, une zone contre) ; observer les buzz locaux ; observer la manière dont se déplace géographiquement une nouvelle au fil du temps, etc. Bref, les usages possibles sont extrêmement nombreux et je ne serais même pas capable de tous les imaginer. (En suivant le mouvement des nuages de mots, on pourrait même imaginer une météorologie de l'info : « demain, cette news risque d'arriver sur le quart sud ouest du continent… », avec des courants, des anticylones et des tempêtes ayant un effet chronique sur les différents flux ;-)

Du côté de Twitter, on planche pour le moment sur l'exploitation et la mise en valeur des requêtes les plus fréquentes dans le moteur de recherche de Twitter, comme nous l'indique cet article Testing A More Integrated Search Experience (d'autres infos en français, avec liens, sur Techcrunch). Du coup, je me dis que cette histoire de carte de l'info Twitter (basée sur le contenu géolocalisé des messages, pas sur les requêtes du moteur de recherche) n'est pas pour tout de suite… Pourtant, quelques petits malins du New York Times ont réussi à relever le challenge en quelques heures. Alors !… ils attendent quoi chez Twitter pour se bouger les fesses ? ;-)

Pour les amateurs de carto qui pourraient me tomber dessus, je précise que d'autres sites ont déjà lancé leurs propres cartographies de l'information — sur la forme, ce n'est donc pas une nouveauté. Le projet le plus récent étant le TimeSpace du Washington Post (d'autres liens à ce sujet sur le blog Information Aesthetics). Mais il ne s'agit là que de cartes sur lesquelles on ne fait « que » positionner sur une carte du monde des articles écrits par des journaux (une version géographique des homepages de sites de presse en quelque sorte) et tout cela passe par des filtres éditoriaux. Il n'y a pas ce côté « sauvage », « opinion », « spontané » des posts qui peuvent être publiés sur Twitter. Observer la manière dont l'info circule plutôt que simplement observer les lieux ou elle se passe. Et puis l'affichage par mots clés peut appuyer sur des points précis et donner du sens. Attention, je n'écris pas qu'une carte basée sur le contenu des messages Twitter serait forcément plus représentative de l'actualité du monde qu'une carte basée sur des articles de presse (loin de moi cette idée), mais disons que ce pourrait être une représentation complémentaire, qui pourrait apporter son lot de surprises, d'actu locale, et de « contre pouvoir » sur le champs de l'information et des tendances d'opinion. Je ne suis pourtant pas un utilisateur de Twitter (et non ;-) mais je le vois comme ça. Une vison de l'actualité « vue du ciel » en quelque sorte. Dans mon esprit, à condition que tout cela soit techniquement faisable, une telle carte existera forcément. Je me doute bien qu'il s'agit d'avantage de difficultés techniques que de capacités à réinventer de la roue. Mais en grand impatient que je suis, j'espère simplement que cela se fera le plus vite possible ;-)

Idée : un site de programmes télévisés intelligent ?

Je pense à une idée toute simple et je me demande si cela existe (à priori non — ou je n'ai pas assez cherché sur le web).
Il existe un grand nombres de sites qui présentent les programmes télévisés, avec moteurs de recherche simples et même parfois, des possibilités de tri thématiques. Mais vu le nombre de chaines disponibles (en TNT ou par satellite), que ce soit en version papier ou en version web, il est difficile de ne rien rater de ce qui nous intéresse. Par exemple, moi je suis un grand amateur de documentaires, le genre de programme qui ne passe pas souvent en « prime time » et qu'il est assez difficile de dénicher, surtout si l'on s'intéresse à des sujets précis.

Imaginons un site sur lequel vous auriez la possibilité de rentrer une multitudes de critères (thématique, type de programme, titre, réalisateur, personnalités, bouquets de chaines auquel vous avez accès, etc.). Et dès qu'un programme correspond à l'un ou plusieurs de vos critères, vous pourriez être alerté à l'avance par mail ou par consultation d'un espace personnel, disponible sur le site.

Quelques exemples :
• Je saisis comme type de programme « documentaire » ; je saisis comme thématique « pizza » ; et dès qu'un documentaire sur les pizza est programmé sur une chaine à laquelle j'ai accès, je suis alerté (même si c'est 6 mois plus tard).
• Je saisis comme type de programme « Film » ; je saisis comme personnalité « Michel Piccoli » ; et dès qu'un film avec Michel Piccoli est programmé, je suis tenu au jus.
• Ou encore la personnalité « Michel Piccoli » qui peut être croisée avec le type de programme « plateau » : dès que l'acteur est invité sur un plateau télé (très rare !), le site m'en informe.

Ce serait bien pratique, non ? D'ailleurs, on pourrait même imaginer que ce système couvre également la radio, même si les prévisions des programmes se font à plus court terme (pas bien grave). Et bien entendu, cela n'empêcherait pas de consulter également les grilles de programme de manière traditionnelle, il s'agit juste d'une application en plus, pour ceux qui cherchent ou attendent des diffusions précises.

PS : les investisseurs sont priés de me contacter exclusivement par mail, avec envoi de CV et références, en m'excusant à l'avance si l'affluence des demandes m'empêche de leur répondre de suite (hihi ;-)

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Édit 21 février : en fait, je me dis que ce système de *moteur de recherche sur ce qui n'est pas encore publié* pourrait fonctionner pour n'importe quel média : par exemple, la presse ou les blogs. Imaginons que je rentre dans les critères mon nom et ma ville ; et dès qu'un article comportant mon nom ou ma ville est publié dans un journal ou dans un blog (même 2 ans plus tard), je reçois une alerte le moment venu. Un bon moyen de ne rien rater sur des requêtes précises (avec en plus, une grande réactivité), sans passer son temps sur les moteurs de recherche.
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Édit 9 septembre :
Concernant les magazines, ça y est, c'est fait.

Une future génération qui trouvera des réponses plus rapides à ses questions. Oui mais…

Cette phrase de titre résume ce qu'est dans mon esprit la génération dite des « digital natives ». Dans son dernier billet, Cédric, de Chouigmedia.com, va même jusqu'à employer le terme « digital exclusive » : une génération qui n'utiliserait plus que le support numérique (enfin, surtout le net) comme source d'information. C’est une idée assez répandue. Narvic par exemple, a souvent évoqué dans quelques uns de ses nombreux flashs sur l'avenir du journalisme ou sur les révolutions en cours ;-), des utilisateurs qui constitueront eux même leur flux d'information, faisant fi des pages d'accueil pour ne consulter que des infos à l'unité, selon leurs centres d'intérêt. Une info plus fragmentée, voire liquide. Même si la généralisation de cette pratique de consommation de l'information « à la carte » n’est pas pour tout de suite, je trouve tout cela assez réaliste. Idem pour les réponses que l'on trouve, de toutes évidences, plus facilement sur le net que sur d'autres supports. C'est assez conforme aux mutations des usages que l'on observe dès aujourd'hui. Dans la même veine, on pourrait aussi ajouter la commercialisation des livres numériques par chapitres ou encore la possibilité qu'offrira Google de chercher par mots clés du contenu dans des millions de livres numérisés (en ne donnant accès qu'à quelques pages par recherche, pour les livres qui sont encore sous droits d'auteur). On pourrait également évoquer la fin des albums au profit des morceaux vendus en Mp3, à l'unité. Bref, les exemples du phénomène sont nombreux.
Dans l'absolu, je trouve tout cela très bien en termes de fonctionnalités et de littératie mais sans avoir d'avis tranché sur la question, je ressens tout de même une certaine inquiétude… quelque chose qui pourrait clocher dans ce mode de consommation de l'information, si il vient à être exclusif chez les prochaines générations.

En effet, la possibilité accrue de se diriger spécifiquement vers l'info que l'on recherche n'est elle pas un frein à la découverte de l'info… que l'on ne recherche pas ? (et qui peut être tout aussi importante ou intéressante). Par exemple, en ce qui me concerne, j'utilise effectivement internet pour suivre ou me renseigner sur des sujets qui m'intéressent, mais je consulte également des supports sur lesquels cette information est conditionnée en « packs » plus généralistes : les unes de sites de presse, les JT, quelques émissions radiophoniques, des livres. Une diffusion de l'information « à l'ancienne », plus généraliste, sélectionnée et hiérarchisée non pas par moi, mais par des comités de rédaction qui choisissent les sujets qu'ils jugent les importants. Une sélection qui n'est pertinente que si elle est opérée par des journalistes d'élite, ayant une solide expérience du monde de l'information, et de l'information du monde (savoir ce qui doit figurer en une et ce qui ne fera l'objet que d'un petit article ; estimer les moyens à déployer pour couvrir tel ou tel évènement — si tant est qu'on ait les moyens de le couvrir — etc.). Bien sûr, pour ne pas passer pour un grand naïf, je me dois de préciser que selon les contextes, ces choix éditoriaux peuvent aussi trouver leurs limites : privilégie l'audience, protéger ses actionnaires, abuser des marronniers lors des périodes « creuses ». Avec, de surcroît, un mode de lecture à heures fixes, plus linéaire que les blogs, twitter, flux RSS ou autres, sur lesquelles on à plus tendance à picorer. Bref, de la véritable info « à papa », pas forcément la plus pratique à suivre mais qui est cependant importante à mon « équilibre médiatique ».

J'estime, pour ma part, que ces deux modes de consommation de l'information sont complémentaires. Or, comme je l'écrivais précédemment, d'après les prévisions de nos météoblogeurs les plus éminents, il semblerait que la consommation « à la carte » finissent par l'emporter franchement dans les prochaines années sur l'info façon « menu du jour ». Je ne saurais pas dire si l'avenir leur donnera raison (c'est bien parti pour) mais cela m'inspire une certaine appréhension. Manger des frites et des hamburgers tous les jours, c'est chouette, mais un peu de légumes et de poisson de temps en temps, ça ne fait pas de mal (certains de mes amis vont mourir de rire s'ils lisent ces lignes ;-). Et j'ai un peu peur que ces « digital exclusives », s'ils ne sont pas euthanasiés dès la puberté, aient pris l'habitude de ne consommer sur le net que l'info qui leur plaît. Une forme de « junk news » en quelque sorte. Des internautes façon « digital exclusives » qui auront plus vite réponses à leurs questions… oui, mais seront-ils poussés à se poser autant de questions que nous sur le monde qui les entoure ?

Commentaire / Forums de discussion : "On essaie d'intéresser les journalistes, mais ça ne marche pas"

Sur Media Trend :

« (…) une des propositions fortes de leur contrat de participation: la volonté d'en faire une interface entre les libénautes et les membres du journal. »

Je pense qu'il n'est pas très étonnant que les journalistes ne discutent pas avec leur lecteurs sur un forum puisque l'outil n'est pas conçu pour cela. Les forums sont conçus pour créer un rassemblement communautaire autour d'une thématique, c'est à dire pour que les utilisateurs puissent discuter entre eux, librement. Quelle que soit la thématique, on ne poste pas sur un forum pour discuter uniquement avec ses modérateurs (et/ou avec quelques journalistes, dans le cas d'un site de presse). Les gens qui utilisent régulièrement les forums le font pour discuter (potentiellement) avec tous les utilisateurs, sans rapport hiérarchique entre eux, professionnels ou amateurs, et c'est d'ailleurs ce qui fait une grande part de l'intérêt de cet outil. À la différence d'un fil de commentaires de blog ou d'article qui est davantage conçu pour que les lecteurs s'expriment sur un contenu précis, écrit par un auteur en particulier, en suivant le rythme et le cadre de publication de ce dernier (plus dans un esprit « courrier des lecteurs »). En revanche, je pense qu'il serait bon d'avoir au moins un journaliste dédié qui puisse suivre le contenu des forums (sans forcément participer) et faire ainsi remonter à la rédaction des infos, des sujets ou des messages forts qui y sont transmis. Ça me parait le minimum. Lorsque je regarde les forums de sites de presse, j'ai trop souvent l'impression de zones-poubelles, où l'on jette en pâture quelques sujets un peu trop sensibles aux trolls qui risqueraient de polluer les commentaires d'articles qui devraient absolument rester bien propres. Je trouve cela dommage car ces forums et leurs utilisateurs pourraient être bien mieux valorisés, dans l'intérêt du journal ET de ses lecteurs.

À mon avis, si l'on veut créer une meilleure activité sur les forums de sites de presse, il faut laisser plus de liberté aux utilisateurs, comme par exemple, leur laisser ouvrir de nouveaux topics, ou encore déléguer la modération à quelques volontaires fidèles et fiables — en échange d'un abonnement gratuit par exemple. Tout en ayant comme cadre des thématiques de sous forums un peu plus sujettes à la discussion constructive et à l'entraide, autour de différents centres d'intérêts qui peuvent tourner autour de l'information : on peut imaginer par exemple des rubriques Histoire, finance, immobilier, sport, bons plans, emploi, ou je ne sais quoi. Des thématiques un peu moins orientées actualité pure et dure (les réactions en commentaires d'articles sont déjà là pour cela) qui sont particulièrement sensibles aux guéguerres de militants bornés. Par exemple, éviter absolument des sujet de type « Israel-Palestine, qu'en pensez vous ? », qui sont assez suicidaires sur un forum, alors qu'on peut les cadrer plus facilement sur un fil de commentaires — fil qui peut éventuellement être fermé sur quelques articles précis en cas de dérapage ou de sujet trop sensible. Faire de ces forums des lieux ou les lecteurs peuvent apprendre à se connaître et à s'apprécier pour d'autres qualités que leurs opinions politiques ou religieuses. Bref, utiliser les forums pour créer un esprit de communauté qui fidélise les utilisateurs autour d'un site (et non une zone-poubelle pour éloigner les trolls des commentaires d'article).

Je pense que les forums peuvent aussi apporter beaucoup sur le plan de l'actualité locale (d'une ville ou d'une zone géographique) : échange de bons plans entre utilisateurs, actu locale, sorties, sport, emploi, rencontres, etc. Et encore une fois, tout cela peut fonctionner « tout seul », avec quelques modérateurs (volontaires et bénévoles). Un exemple à Marseille : http://www.marseilleforum.com/forum/

Enfin, au fil des modes, on a souvent parlé de « l'essoufflement » des forums par rapports aux autres formes de sites orientés discussion. Je ne suis vraiment pas sûr de cela. Personne ne connais les chiffres d'audience des uns et des autres dans leur totalité mais en nombre de participations, je suis persuadé que les forums (même moins nombreux) sont biens plus actifs que les blogs ou que n'importe quel autre site de discussion. Rien qu'un Doctissimo tourne à 200 000 messages / jours. Pour le fun, on peut aussi tenter une petite observation sémantique : http://www.google.fr/trends?q=blog%2C+forum
À mon avis, les forums sont moins médiatisés, ils sont moins nombreux, ils sont plus renfermés sur eux mêmes (peu d'échanges de liens entre forums), mais attirent au moins autant de fidèles que les blogs, les chats ou autres. Le potentiel est toujours là en tout cas.

Je précise que j'ai également étudié le sujet des forums l'an passé. Je me permet un lien, pour ceux que le sujet intéresse : http://www.ouinon.net/index.php?2008/07/16/357-cartographie-forums-francophones

Et bien entendu, tout cela n'est que mon avis.

Une partie de l'Histoire du web va bientôt disparaitre

À lire chez Jean-Noël Lafargue : Une homepage se tourne

« Dans la nuit du 15 au 16 février, les sites personnels hébergés par Lycos seront tous supprimés. Lycos Europe et Lycos France cessent leur activité. La fin d’une histoire. »

Dans le même billet, Jean-Noël, en pionnier du web qu'il est, s'applique à retracer une brève Histoire des pages perso, dont les vestiges du passé vont donc disparaitre très prochainement (les pages Lycos regroupent notamment les fossiles du serveur Mygale et des pages Multimania). Un programme de migration payant semble avoir été proposé aux quelques utilisateurs restés fidèles, mais j'imagine qu'une très grande partie de ces pages, laissées depuis longtemps à l'abandon, va effectivement disparaitre à jamais. Le moment de revoir un dernière fois des pages au « design » rétro ; revoir des sites figés, pour certains, depuis plus de 10 ans ; revoir la trace des premiers pas faits sur le net par les uns ou par les autres ; relire des messages qui témoignaient de l'activité sur l'internet des années 90. Tout cela devrait être sauvegardé et archivé (proprement) dans un musée national.

Annuaire des pages perso Lycos.

Commentaire / Où l’on reparle de Mediamétrie et Nielsen

Sur Ecosphère :

Si dans les chiffres publiés, on élimine déjà toutes les visites qui durent moins de 10 secondes (qui de surcroit ont peu de chance de rapporter aux annonceurs), je pense qu’on se mettrait à l’abri des dérives de l’audience artificielle qui ont fait polémique ces derniers temps (par exemple, l'obligation de cliquer sur un lien vers le Figaro pour accéder à un jeu en ligne) et autres opérations de référencement douteuses.

Téléphone : à quoi servent les appels en numéros masqués ?

(Mis à part favoriser les appels publicitaires, le plus souvent venus d'un petit nombre de centres d'appels situés à l'étranger, donc facilement reconnaissables et filtrables si leurs numéros étaient présentés.)
Si quelqu'un trouve un avantage plus honnête à l'utilisation des numéros masqués pour téléphoner, j'aimerais bien le connaitre, par simple curiosité. Ou même un lien sur le sujet, je prends.