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Ma bibliothèque





Allez, un billet un peu plus intime. Je vous présente ma pièce préférée, la bibliothèque.
J’ai toujours aimé les livres. Enfant, depuis l'âge de 7-8 ans, je voulais devenir dessinateur de BD pour écrire mes propres livres (tiens, ce serait drôle un de ces 4 de publier un billet sur les divers embryons de BD que j'ai pu réaliser dans ma jeunesse !). Mes parents n'ont jamais roulé sur l'or et jusqu'à mes débuts professionnels, à mon grand damne, j’ai possédé peu de livres. Je me contentais des bibliothèques municipales et surtout, des bibliothèques scolaires (CDI pour les intimes) ou j'aimais passer du temps.
Lorsque j'ai commencé à gagner un peu d'argent, je me suis sérieusement rattrapé en dépensant des sommes considérables dans l’achat de livres. Recherchant en priorité tous ceux qui m'avaient échappé dans mes jeunes années, j’ai formé peu à peu cette bibliothèque d'enfant frustré.
Autre particularité : en dehors des BD, je lis très peu de fictions. La plupart de mes livres sont des ouvrages documentaires ou artistiques, je ne possède pas plus d'une centaine de romans.
Bon, allons y…



Ci-dessus quelques-uns de mes livres de vulgarisation scientifique pour enfants (la plupart autour de l'Histoire). J'adore ce genre de bouquins, souvent intelligemment illustrés, et je prend pas mal de plaisir à les relire ou à les consulter aujourd'hui. Je possède une dizaine de collections différentes, la plupart introuvables aujourd'hui. Je précise que j'ai aussi beaucoup de livres d'Histoire « pour adultes » ;-)



Le rayon design. Il s’oriente sur 3 thèmes principaux : l’Histoire de l'écriture, qui m'a longtemps passionnée (Histoire, linguistique et essais) ; la typographie (Histoire, techniques et règles) ; et le design graphique (Histoire, thématiques et monographies). Notons que les livres de design sont beaucoup plus chers que les autres et qu’il est assez difficile d’en acheter en nombre. Ce n'est pourtant pas l'envie qui m'en manque. On ne les voit pas trop sur cette image mais dans le même registre, j'ai aussi une collection de magazines spécialisés (Signes, Étapes, Beaux arts, Baseline [en]) et une autre de recueils d’illustrations qui me sont utiles pour mon boulot. je précise également que ce ne sont que des livres de design, j'ai un autre rayon avec des livres d'art, il y en a moins.



Ci-dessus, quelques livres de blogueurs (manque le livre du Blog de Frantico que j'ai oublié sur la photo).



Quelques BD. Sur cette image, il y a du Tardi, du Bilal, du Mœbius, du Loisel, du Schuiten. Dans le lot, j'ai un net penchant pour Schuiten.






Pour vous épargner le passage en revue de tous les compartiments, je me suis amusé à composer un petit best of, sur la 1re image ci-dessus. Pour ceux que cela intéresse, voici les références, dans le désordre :
Footballer Haircut publié chez The Illustrated History. Un petit livre sur les coupes de cheveux de footballers des années 70-80. Drôle.
Le Baleinié (en 2 tomes). Écrit par Christine Murillo, Jean-Claude Leguay et Gégoire Œstermann, publié au Seuil. Un recueil de mots imaginaires utilisables pour décrire des situations de la vie courante. Par exemple : le verbe « tacoubanasser » signifie « Découper la galette en heurtant la fève du 1er coup » ; un « davernude » est « Une personne qui vous embrasse comme du bon pain et dont vous êtes incapable de vous souvenir du nom ».
– Lanscape with figures. Recueil photographique du travail de Massimo Vitali, publié chez le prestigieux Steidl. Des photographies fourmillantes de personnages en vacances au ski, à la plage ou en boite de nuit. Le livre fait une quarantaine de centimètres de large (soit 80 cm ouvert). J'en ai photographié une double page ci-dessus.
Bruegel. Écrit par Philippe et Françoise Roberts-Jones, publié chez Flammarion. Les œuvres complètes du peintre flamand, dont je suis fan (les connaisseurs y trouveront un lien avec le livre de Massimo Vitali).
Le jeu des fables. Conçu par Enzo Mari et publié au Seuil jeunesse. À la frontière du livre et du jeu, une petite pochette contenant une série de cartes sérigraphiées que l’on peut assembler entre elles. Très haute qualité de fabrication.
La bête est morte. Dessiné par Calvo et publié chez Gallimard. Incroyable livre illustré sur la 2e guerre mondiale. Ou comment raconter la guerre aux enfants, avec une mise en scène et un dessin animalier à la Walt Disney. J’en ai photographié une double page ci-dessus. Incroyable de détails, d'intelligence et de symboliques. Impressionnant travail !
Historie de l'écriture, écrit et mis en page par James Février, publié chez Payot. Fac simile des feuilles dactylographiées de l'auteur. James Février était l’un des plus grands spécialistes mondiaux en paléographie, ce livre est l’œuvre de sa vie. Un ouvrage qui a un peu vieilli (beaucoup de découvertes depuis sa rédaction) mais qui reste une somme d'informations sur le sujet.
Recueil de fac simile de toutes espèces d'écritures française et anglaise, auteur inconnu, publié par la Lithographie F. G. Levrault. Ouvrage datant de 1832, offert généreusement par un libraire-brocanteur. À la fin d'une braderie de Lille, je passe avec des amis près d'un stand qui rembalait. Son propriétaire s'écrie aux gens des alentours « Vous pouvez prendre ce qu'il reste, je ne l'emmène pas ». Je fait 3 pas au hasard et je tombe immédiatement sur ce livre, alors que je suis moi-même un amateur du sujet. Coup de bol.
Approximativement. Écrit et dessiné par Lewis Trondheim, publié aux éditions Cornélius. La 1re BD-journal de Trondheim, réalisée avant sa série de journal et avant sa célébrité. Fascinant.
Plageman, l’homme plage (2 tomes). Écrit et dessiné par Bouzard, publié aux éditions 6 pieds sous terre. Hilarante BD qui raconte les aventures d'un faux super héro opérant sur les plages touristiques. Très fort.
L’homme qui marche. Écrit et dessiné par Jiro Taniguchi, publié chez Casterman. Recueil BD de nouvelles racontant les promenades d'un homme, dans sa ville. Peu de dialogue et beaucoup de poésie.
Grand atlas international. Ouvrage collectif publié par Larousse. Impressionnant atlas lithographié, à la reliure mécanique (pages fixées avec des vis – format 37x50). La plupart des planches se déplient pour dévoiler des cartes de près d'1 mètre de côté. Deux précisions : 1 - j'ai acheté ce livre pour… 30 euros à Gilbert Joseph ! (je crois que j'ai eu beaucoup de chance) ; 2 - je suis un amateur de cartographie. Je possède un grand nombre de cartes de toutes sortes et quelques dizaines d'atlas géographiques.
La nouvelle typographie. Ouvrage collectif, accompagné d'une série de diapositives, publiée par le centre national de documentation pédagogique. Rare et bien fait.
Bauhaus archiv. Écrit par Magdalena Droste, publié chez Taschen. Un de mes bouquins sur le Bauhaus, école fondatrice du design moderne. Beaucoup de ce que je fait aujourd'hui dans mon travail est issu des idées du Bauhaus.
Joseph Müller-Brockmann – Pioneer of Swiss Graphic Design. Écrit par Lars Müller et publié par Lars Müller Publishers. Joseph Müller-Brockmann est l’un des designers qui m'a le plus influencé. Gros respect pour son travail.
Les 150 tables de la jeune cuisine. Collectif, publié par Les éditions de l'épure. À l'origine, je voulais plutôt mettre le guide Michelin dans cette sélection et puis je me suis dit que cette série moins prestigieuse mais très prometteuse avait plus de sens. Une sélection de 150 restaurants, pas forcément chers ou étoilés mais mentionnés pour leur créativité. Peu de restaurants mais beaucoup d'info sur chacun. Amateur de gastronomie aussi ;-)
– Collection La vie privée des Hommes. Collective, publiée par Hachette. Ce sont les livres d'Histoire à la couverture rouge, que les trentenaires comme moi pouvaient trouver dans les bibliothèques du temps de leur enfance. Je me suis offert toute la collection sur eBay et je me suis tout relu ;-)

C'est amusant car sans trop l'avoir fait exprès, je me rend compte que cette sélection illustre assez fidèlement mes principaux centres d'intérêt : l’Histoire, la géographie, l’art, le design, la BD et la gastronomie. Continuons la visite avec les 3 principales collections de cette bibliothèque…



Ci-dessus, tous les magazines Géo depuis le numéro 1 (1978). Rassemblés par eBay et par abonnement. Ouep, je sais, Géo est très grand-public mais j'aime bien m'assoir dans mon fauteuil et consulter des articles sur des sujets précis qui ma passent par la tête (grâce à l'index imprimé depuis le site du magazine, assez pratique). Paradoxalement, j'ai très peu eu l'occasion de voyager dans ma vie – à 32 ans, j’avoue d'ailleurs ne jamais avoir pris l'avion.



Ma collection de catalogues de jouets occupe un compartiment bas entier. Je dois en avoir dans les 200. Gardés par mes soins depuis l'enfance ou achetés sur eBay. Il y en a des années 70 jusqu'à aujourd'hui, thématiques ou généralistes, grand-public ou pros, du pavé de vente en gros jusqu'au petit fascicule publicitaire.



Enfin, la collection qui fait le plus rigoler en général : je possède presque tous les numéros de Noël du magazine Télé7jours (il doit m'en manquer 4 ou 5 sur 47 – j'en ai donc plus de 40 depuis 1960). Permet de se souvenir des vieilles émissions de mon enfance, des têtes oubliées, des vieilles pubs, des ambiances d'époque. J'avais réussi à en garder quelques uns depuis mes 10 ans. EBay à fait le reste.

C’était un aperçu de ma pièce préférée. Bien entendu, je n'ai montré que des morceaux et ne me suis pas amusé à photographier tous les compartiments un par un, je pense que cela aurait été relativement barbant. Cela-dit, si il y a des choses que vous voudriez voir plus en détail, je peux scanner (dans la mesure de mes disponibilités).
Peut-être aussi avons-nous quelques références communes ?

Édit 31 mai : j'ai mis en ligne 3 images haute définition pour ceux qui souhaitent fouiller un peu. Par contre, merci de remettre les bouquins en place après consultation ;-) les liens :
Étagère principale
Étagère design
Étagère annexe
(je vous épargne l'étagère Géo, les tiroirs du bas, le compartiment à cartes, les CD audio, les DVD et les jeux ;-)

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Pour Zelkova, quelques images du livre Footballer’s Haircuts :

Photo officielle du président Sarkozy : reparlons-en en détail

« Mais qu'est-ce qu'il nous embête à parler encore de la photo officielle celui-là !? »
Oui, je sais, plein de gens très bien en ont déjà parlé (liste de liens à la fin du billet) et les billets sur la question ont été très commentés, quasi-exclusivement dans le sens du négatif. D’ailleurs, c’est amusant ce soudain engouement des commentateurs de blogs pour la photographie…
Comme non seulement je ne suis pas d'accord avec tout ce que j'ai lu et qu'en plus, j'ai quelques petits éléments à ajouter à notre affaire, après avoir rédigé un premier petit billet de réaction à chaud, j'ai finalement décidé de faire moi aussi une analyse détaillée de cette image présidentielle. C’est la première véritable analyse que je fais sur ce blog, j'espère être à la hauteur du spécialiste du genre ;-)




1 - Les photos officielles

Tous les présidents de la république française, sans exception, ont posé pour la photo officielle. On imagine très bien que la symbolique de cette image ait pu évoluer au fil des décennies. Du simple portrait de souverain, dans la lignée directe des peintures de rois, en passant par la symbole de l'État dans les lieux publics, jusqu'à la démocratisation de la photographie et de la télévision qui n'a laissé à cette photographie qu'un vague statut d'objet souvenir. Pourtant, aujourd'hui, la photographie officielle du président de la république habille toujours les murs des mairies et plus largement, de tous les lieux sensés représenter l'État (commissariat, ambassades, etc.). Elle joue un peu le rôle d'un faire part d'élection : « Monsieur Jacques Chirac, ancien chef d'État, et Monsieur Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, ont l'honneur de vous faire part de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la république ». Toujours est-il que ça ne doit pas être facile, lorsqu'on est maire d'extrême gauche d’exercer avec la photo de Nicolas Sarkozy dans le bureau ;-)
Sur l'historique des photographies officielles, je vous suggère une visite sur Déménageons l'Élysée dont l'auteur s’est déjà acquité de l'exercice.
La série de photos présentée ci-dessous met en évidence un manque d'originalité certain : sur 22 photos officielles, 17 sont cadrées à mi-cuisse en 3/4 face, c'est-à-dire la même pose que Nicolas Sarkozy en 2007. Pire : 15 présidents sont moustachus ! Ci-dessous, pour gagner du temps, j'ai honteusement pompé les bandes d’images de Déménageons l'Élysée pour pouvoir les remonter plus rapidement :




2 - Pourquoi Philippe Warrin ?

Philippe Warrin est l'auteur de la photo présidentielle 2007. Il est photographe à l'agence de presse Sipa, il a 44 ans et a une vingtaine d'année d'expérience photographique derrière lui, principalement dans le monde du spectacle et de la télévision. Vous pouvez voir son portfolio en ligne ici. Phillipe Warrin a tout d'abord rencontré Cécilia Sarkozy, il y a 3 ans pour une série de photos destinée au magazine Questions de femmes. Les photos ont plu à la belle et c'est ainsi que Warrin a pu se rapprocher du futur couple présidentiel en les suivant notamment lors de déplacement à New York ou au Maroc. Il a réalisé la photo de l’affiche de campagne de Nicolas Sarkozy et a suivi le candidat lors des grandes occasions de la campagne. Il était notamment le seul photographe présent (il me semble ?) au Fouquet’s, pour Paris-Match, le soir du second tour. Rappelons au passage que le propriétaire de Match, Arnaud Lagardère est un proche du président et qu'il était lui aussi au Fouquet’s ce soir là. Bref, cette série de contacts et de collaborations a fait de Philippe Warrin le photographe désigné pour la photographie officielle du président. Notons pour l'anecdote que Philippe Warrin a déjà réalisé une série de photo sur Dominique Strauss-Kahn.
C’est un risque, sans doute non pris en compte ou sous-évalué de la part de Nicolas Sarkozy, d'avoir choisi ce photographe pour la photo officielle. En effet, choisir un photographe de renom aurait représenté une certaine caution, non pas en terme de qualité (cf. les 3 dernières photos officielles, plutôt moyennes) mais une caution culturelle, utile pour se protéger de la critique. Parce que pour l’amateur, journaliste ou blogueur, à qualité au moins égale, il est évidemment beaucoup plus facile de critiquer le travail d'un vulgaire « photographe people » que celui d’une Bettina Rheims, c'est sûr.


3 - La conception et la production de la photographie

« Le Président voulait simplement être debout dans la bibliothèque avec le drapeau français derrière lui. »
Si l'on ajoute à cela le fait que Nicolas Sarkozy n'a accordé que 20 minutes (après une première décommande) à Philippe Warrin pour prendre les dizaines de clichés nécessaires à une bonne séance de poses, on comprend vite que la photographe a non seulement eu très peu de temps pour travailler et qu'en plus, il avait des contraintes de mise en scène qui imposaient un certain classicisme. Cependant, précisons que c’est Philippe Warrin qui a suggeré l'apport du drapeau européen et il assure dans cette interview de n'avoir retouché que le costume « car les manches étaient froissées »*. On peut le croire car ce n'est effectivement pas l’intérêt d'une personne qui passe les 3/4 de son temps devant les caméras, la plupart du temps non maquillée, de vouloir jouer les liftés l'espace d'une photo. D'autant que Nicolas Sarkozy n’a pas semblé y accorder une importance démesurée si l'on en juge le caractère expéditif de la prise de vue.
(* Nous parlons ici de retouche « physique » du sujet et non de développement Raw ou de post-traitement des couleurs qui elles, sont très courantes, voire quasi-systématiques chez les photographes pros – nous reparlerons de ce type de retouche plus loin).


4 - Deux photos différentes

Tout le monde ne l'a peut-être pas remarqué mais il y a bien deux photos qui ont circulées depuis la publication du portrait officiel. Diffusée en ligne par quelques gros sites, et de meilleure définition, la photo ci-dessous à droite, trop lumineuse, a été la plus vue sur le net dans un 1er temps. Celle de gauche a plutôt été diffusée par la télévision et la radio (rhooo, si on peut plus plaisanter ;-) puis sur le net, dans un 2e temps, lorsque quelques internautes se sont rendus compte qu'ils regardaient de la mauvaise image. Car c'est bien l’image de gauche qui est la bonne (cf. le site de l'agence Sipa pour laquelle travaille Philippe Warrin).



Deux images à la chromie et au cadrage totalement différents. J’ai opéré une superposition pour montrer la différence de cadrage sur la partie droite de l'image. Alors pourquoi la version « lumineuse » (appelons-là « version Jesus-Christ ») a t-elle circulée ? Mystère. Étant moi même graphiste et ayant parfois travaillé pour la presse, j'ai une hypothèse : je pense que la version Jesus-Christ a été sujette à une modification colorimétrique pour adapter l'image à une impression sur papier journal (très courant en « photogravure », surtout sur ce type de papier non-couché). Idem pour le rognage à droite qui aurait permis de faire renter l’image dans un colonage précis. Et cette version « pour impression » aurait été diffusée par erreur sur le net par un quotidien en ligne. S'en est suivi le jeu habituel des blogueurs, moi en premier, qui sont venus piquer l'image, parce qu'elle était de plus grande taille que les autres, et l'ont diffusée à leur tour sans se douter qu'elle avait été retouchée. C'est juste mon hypothèse de graphiste, je ne connais pas les faits. En tous cas, cette confusion fut relativement gênante, j'en ai moi même témoigné « en temps réel » dès le mercredi matin dans le précédent billet.


5 - Les commentaires sur l'image

Sur les divers blogs et sites ou la photo a été analysée ou présentée, les commentaires des lecteurs sont presque tous négatifs. Pourtant, le petit sondage que j'ai réalisé ici même nous montre que 4 personnes sur 10 apprécient cette image (60 % non - 40 % oui avec près de 70 réponses au moment ou j'écris). Mieux, un sondage express du Figaro (plus de 14 000 participants) indique 53 % de taux de satisfaction (précisons néanmoins pour les plus jeunes que le le Figaro est un journal dont le lectorat penche à droite – cela ne devrait avoir avec aucun rapport avec la qualité d'une photo mais on commence malheureusement à bien connaître les travers du e-partisanisme…). Bref, disons que les avis sont partagés et que les vagues de remarques négatives laissées par les commentateurs de blogs ne sont pas représentatives de l'opinion publique, une fois de plus. Quel que soit le sujet, on commente beaucoup plus souvent pour critiquer que pour défendre, ce n’est pas un scoop.
Je me suis amusé à décortiquer ces commentaires et à ressortir les principales critiques :
– le livre en arrière plan ajoute une oreille au président ;
– le physique de Nicolas Sarkozy (« gros, mal habillé, moche » etc.) ;
– son air crispé sur la photo (?) ;
– le cadrage qui souligne sa petite taille ;
– le mythe d’un Nicolas Sarkozy sous-cultivé qui ose poser dans une bibliothèque ;
– les drapeaux font pro-américain.

Sauf en ce qui concerne le livre situé en arrière plan (nous en reparlerons plus en détail), cette synthèse met en évidence le fait qu’à travers la critique de l'image, c'est le président lui-même qui est critiqué, notamment sur son apparence. Qu'en déduire ? Pas grand chose si ce n'est que les anti-sarkozystes (et les râleurs en général) sont majoritaires chez les commentateurs de blogs. Ils ne sont pas majoritaires chez les français, chez les blogueurs, chez les lecteurs passifs, mais ils le sont assurément chez les commentateurs de blogs. Cette tendance n'est d'ailleurs pas une nouveauté : depuis des mois, n’importe quel billet évoquant de près ou de loin Nicolas Sarkozy est régulièrement assené d'une grosse majorité de commentaires négatifs.
Pour rire, on peut aussi s’amuser à comparer les commentaires laissés par les lecteurs de la Boîte à images sur la superbe photo de l'affiche de campagne de la Joconde Ségolène Royal et ceux laissés sur l'immonde photo officielle du nabot Nicolas Sarkozy. Comme quoi notre sens critique nous joue parfois de vilains tours, surtout lorsque les e-militants s’en mêlent ;-)

Mais reparlons de photo…


6 - La photographie

Description des éléments
Deux sujets et un fond. Les deux sujets sont les drapeaux (qui forment un ensemble homogène) et le président. Les deux occupent l’image avec la même force. Le président parce qu'il est au centre ; les drapeaux parce que leurs couleurs se détachent le plus de la photo. Le fond est une bibliothèque, à la forme ovale. C'est Charles De Gaulle qui a le premier posé à cet endroit en 1959. Notons que l’apparition du drapeau français dans la photo officielle n'est pas une première : on l’a trouvé pour la 1re fois et en bonne place, avec la photo de Valery Giscard d'Estaing en 1974 et… avec celle de Jacques Chirac. Et oui, regardez bien : un drapeau français est déployé sur le toit de l'Élysée en arrière plan, juste à la hauteur de la tête du corrézien.

L’expression du président
La posture est figée, droite, et l'expression du personnage est assez neutre. On sent un lointain sourire, très discret. À ce sujet, notons qu’à l'instar de Nicolas Sarkozy, aucun président de la république n'a jamais franchement souri sur sa photo officielle. Quelques sourires pincés par-ci, par-là, notamment chez les 3 derniers prédécesseurs du président, mais la gravité semble de rigueur dans cet exercice.

Le cadrage
Il est large en hauteur. Contrairement à ces ainées, cette image laisse beaucoup de place au décor, surtout dans sa partie haute. Ce sont les drapeaux qui imposent ce cadrage et de ce point de vue, on peut dire que c'est assez bien fait puisque ces derniers ne sont coupés ni trop court, ni trop long, juste assez pour qu'on reconnaisse des drapeaux et pour les mettre correctement en valeur. Ce sont donc les drapeaux qui ont défini la hauteur du cadrage et non le président, qui a dû subir la taille de cet élément. Par conséquent, je pense qu’il aurait été tout à fait possible de garder les mêmes intentions tout en adoptant un cadre plus serré. Pour cela il aurait tout simplement fallu utiliser des drapeaux… plus petits ! Non, ne riez pas, j’ai fait l'expérience ci dessous, en réduisant les drapeaux sous Photoshop :



Sur la photo de droite, les drapeaux sont cadrés exactement de la même manière en tête et en pied que sur la photo officielle mais leur rétrécissement permet de gagner de la place en hauteur et ainsi de resserrer le cadre aussi sur la largeur. Ainsi le président occupe plus d'espace sur l'image. Est-ce une meilleure photo ? pas sûr, à débattre. Et puis peut-être que cela a été tenté dans d'autres clichés (une quarantaine on été pris par Warrin durant les 20 minutes de prise de vue), peut-être pas. Peut-être cette composition là, avec cette taille de drapeaux là, avait été réfléchie et prévue avant la prise de vue… ou peut être a t-elle été improvisée, et donc subie par les éléments de composition, au dernier moment « ah merde, ils sont hauts ces drapeaux ! et si on les coupe en hauteur, on ne les reconnaitra plus… allez hop, on cadre large »… Je ne sais pas. Je pense que cela n'a pas été maitrisé, mais rien ne me permet de l'affirmer car je n'ai pas vu les autres clichés.
Au-delà de ce rapport de taille drapeaux/personnage, le président est coupé au niveau des cuisses, sous la main. C'est le cadrage de jambe le plus courant dans les photos officielles de président. De l’espace est laissé à la droite du président, pour décentrer les deux éléments et éviter une composition trop symétrique (cet espace est donc relatif à l'espace laissé au-dessus du président). Classique – même si pour les autres photos, l'espace était plutôt laissé devant les présidents. Encore une fois, ce sont les drapeaux, placés devant Nicolas Sarkozy, qui ont modifiés la donne.

Un mot sur l’éclairage
Il est tamisé, l'ambiance est feutrée, typiquement dans l'esprit des bibliothèque anciennes, tel que perçu dans l'esprit collectif. Même s’il est clairement artificiel, l'éclairage se veut relativement proche de la luminosité naturelle de la pièce avec cependant une variante de taille : la lumière est concentrée sur le centre de l'image, fermant ainsi les coins par des teintes plus sombres. En photographie, on appelle cela un effet de vignettage. C’est une retouche (je ne pense pas que cela ait été fait lors de la prise de vue, pas à ce point en tous cas) qui rappelle la photographie ancienne et qui d'un point de vue esthétique, permet d’accentuer l'effet de cadre.

Le sens
Les photos officielles ont longtemps été considérées comme de simples portraits statuaires, sans réelle volonté de communication propre au sujet… jusqu’à ce que Valéry Giscard d’Estaing introduise une forme de message à travers sa photo (cassure avec la tradition, modernité, oser). Depuis, nos présidents aiment glisser une petite note personnelle dans leur photographie officielle : Mitterrand et ses Essais de Montaigne pour affirmer son amour des lettres ; Jacques Chirac avec sa posture courbée qui nous accueille dans le jardin de l’Élysée. Avec Nicolas Sarkozy, nous avons les drapeaux. Tabou nationaliste brisé, valeurs patriotiques ressorties des tiroirs, pas de complexe : c'est le signe, le logo Sarkozy. Personnellement, je trouve assez judicieux de la part de Philippe Warrin d'avoir ajouté le drapeau européen qui tempère un peu l'aspect nationaliste du drapeau français, pour y ajouter un nécessaire esprit d'ouverture communautaire. Comme quoi, un « photographe people » peut aussi avoir un cerveau qui permette de tempérer un peu les ardeurs d'un président encore un peu trop focalisé sur les grandes lignes de sa campagne. Notons au passage que la plupart des présidents du monde posent officiellement avec leur drapeau national. Ce n'est une spécificité ni française, ni américaine.
Et puis nous avons des livres, symbole de culture… ou de tradition ! Puisque Charles De Gaulle, Georges Pompidou et François Mitterrand avaient déjà posé à la même place, la connotation historique du lieu devient à mon avis, bien plus évidente que son aspect littéraire ou même culturel. On se doute bien que les présidents qui ont posé ici ne passaient par leur temps à potasser les bouquins de la bibliothèque de l'Élysée. Et si le général avait posé dans la cour de l'Élysée en 1959, il y a fort à parier pour que la photo 2007, et même quelques unes qui l'ont précédées, aient été prises au même endroit, en référence à Charles.
Voici à mon sens les principaux vecteurs de sens décidés par Nicolas Sarkozy avant la prise de vue… le reste a été fait en 20 minutes et ne mérite sans doute pas plus de considérations cognitives que cela. Allez, pour la route, peut-être les coins sombres, que la bougie n'a pas pu éclairer correctement (ambiance nocturne en opposition à la lumière diurne des portraits de De Gaulle et de Pompidou), pour donner un esprit intime à ce regard entre un président et un citoyen, voire un petit côté « peintures royales », aux effets de lumière surjoués… mais ça s'arrête là.

La tuile
Le livre situé en arrière plan, à la hauteur du visage du président. Erreur flagrante qui a parfaitement pu échapper à Philippe Warrin pendant la prise de vue mais qui n'a pas pu lui échapper après. D'autant qu'il est assez facile de supprimer en post-prod le blason doré qui forme une véritable oreille à notre président (illustration ci-dessous). Alors, pourquoi ce livre mal placé ? Sur ces 40 clichés pris lors de la séance de poses, Warrin en a présenté 5 à la famille Sarkozy, probablement avec des poses et des expressions différentes à chaque fois. À moins que ce livre se soit retrouvé au mauvais endroit sur ces 5 images, ce dont je doute fortement, le président et sa famille ont délibérément choisi de privilégier la pose et/ou l'expression idéale au détriment de la composition, ce qui est fort dommage. La photo a été prise lundi après midi, présentée à la télévision le mardi soir et au reste de la presse le mercredi matin Encore une fois, un minimum de recul sur le choix n'aurait pas fait de mal. Ci-dessous une retouche rapide de l'image, sans le blason disgracieux (ça m'a pris 5 minutes avec photo basse def…).



Hélas, on remarque que même sans le blason doré, cette couverture de livre « à plat » continue de troubler l'image. De plus, pour qui a déjà vu le livre dans la bibliothèque de l'Élysée, ce trucage esthétique est trop grossier. Dans l'intention, ce livre à vraisemblablement été placé cadré à hauteur de tête (cf. édit ci-dessous) pour mettre en valeur le visage du président, éviter qu'il ne se noie dans le graphisme formé par les rangées de livres, comme ce fut le cas pour Charles De Gaulle et Georges Pompidou. Mon hypothèse est que le visage de Nicolas Sarkozy était sensé se trouver un peu plus à gauche et ainsi cacher le blason pour ne laisser visible qu'une toute petite partie de la couverture, juste de quoi protéger le visage sans trop faire ressortir ce livre. Il est fort possible que sur cette pose, un petit mouvement involontaire du président ou du photographe ait laissé trop de place à cette couverture. Hypothèse personnelle, encore une fois, je n'y étais pas. En tous cas, j'ai fait un essai ci-dessous en décalant le livre sur la droite pour que celui-ci garde sa fonction tout en étant moins voyant. Je vous laisse juge.



ÉDIT 31 mai : Domi, une lectrice de La boîte à images prouve par l’image ci-dessous que ce livre était à cette place depuis longtemps et que Philippe Warrin n’y a pas touché. Ça ne change pas grand chose à ce que j’ai écrit précédemment (sachant que le positionnement du point de vue du photographe est une façon de « déplacer » les éléments qui composent une image) et c'est finalement une preuve de plus qui marque le peu de temps laissé au photographe pour travailler. L’occasion pour moi d'ajouter une petite remarque à ce sujet, à laquelle je n’avais pas accordé trop d’importance jusqu’ici : lorsque j'ai fait l’essai de déplacer le livre derrière la tête de Nicolas Sarkozy avec Photoshop, je me suis rendu compte en zoomant qu'il y avait une pièce de bois horizontale au dessus de l’ouvrage. On peut la voir sur les photos ci-dessus, surtout sur l’agrandissement de droite. Il y a fort à parier pour que cette pièce appartienne à un présentoir qui fixe le livre verticalement à cette place ; rendant difficile un remaniement improvisé pendant la (rapide) séance de pose. Ci-dessous, la photo trouvée par Domi, datant de 1997 :



En enquêtant un peu sur le sujet, j'ai moi même trouvé une autre image datant de juillet 1989, où ce même livre est déjà présent (en haut à droite). Bref, quel qu'en soit le sujet, ce livre fait partie des meubles :



Édit 7 juillet : Je n'ai toujours pas d'information fiable sur le titre du livre placé derrière Nicolas Sarkozy mais ai trouvé un agrandissement. On remarque que le symbole présent sur la couverture ressemble à une couronne de lauriers avec soit un glaive, soit une croix à son centre :



7 - Mon avis

Pour moi, la clef de cette image se trouve… en dehors de l'image, dans la démarche. Et sur ce point, je rejoins l'analyse d’André Gunthert reprise par Versac. Un président qui avait deux volontés de départ : poser dans la bibliothèque, avec le drapeau français ; et un photographe à qui l'on a accordé que 20 minutes de shooting. À partir de là, on aurait pu faire 250 images et cela aurait toujours raconté la même histoire : un homme pressé qui a négligé une image, pourtant à vocation historique.
Dans ces conditions, contrairement à la plupart des avis exprimés, je pense que Philippe Warrin a bien travaillé. Nous sommes évidemment loin du travail d'auteurs d'illustres acteurs de l'Histoire de la photographie mais ce cliché de photographe pipeul n'a certainement rien à envier aux précédentes images de Jacques Henri Lartigue (Giscard), Gisèle Freund (Mitterrand) et Bettina Rheims (Chirac). D'ailleurs, rien ne nous dit que ces derniers ont bénéficié de meilleures conditions de travail ; ils avaient meilleures réputations, c'est déjà pas mal pour s’assurer une bonne presse.
Toujours est il que nous sommes assez loin de l'image de rupture que se donnait jusqu'ici Nicolas Sarkozy. L’apparition des drapeaux comme le 2e sujet de la photo, lourde de sens, est de cette veine, mais d'un point de vue créatif, on aurait sans doute pu aller très au-delà si Philippe Warrin avait eu plus de liberté et/ou si la bibliothèque n'avait pas été imposée. On pourrait tout à fait imaginer qu’un président de la république puisse poser pour sa photographie officielle en dehors de l'Élysée et même de Paris : devant un paysage naturel, un monument ou un lieu symbolique… ou même carrément une photographie plus spontanée, non mise en scène, choisie dans les archives personnelles de l'élu — ce ne sont que des exemples de possibilités.

Pour finir, je me suis permis de synthétiser mes propositions de retouches en une seule image, la voici ci-dessous avec des drapeaux plus petits, un recadrage et une modification de l'emplacement du livre en arrière plan. Je suis allé jusqu'à reproduire l'effet de vignettage dans les coins, pour être raccord avec l’esprit d'origine. C'est évidemment plus facile à faire tranquillement depuis mon fauteuil, qu’en temps réel lors d'une séance de poses express :



À gauche l'originale et à droite « la mienne » :



8 - Des liens

Une interview ou Philippe Warrin raconte sa photographie.
Une analyse sur le site Déménageons l'Élysée (ou j'ai notamment piqué les photos d'anciens présidents ;-)
Une analyse de André Gunthert sur le blog de l’actualité de la recherche en Histoire visuelle.
Une analyse d’il maestro Alain Korkos sur La boîte à images.
On en parle chez fromage plus.
On en parle chez PKK.
On en parle chez Versac.
Beaucoup de commentaires chez Embruns.
Sur Mots d'images, Béat Brüsch (attention, c'est un garçon ;-) nous parle des photographies officielles des gouvernements suisses. C'est autre chose !
Sur son blog, Frédéric Rolin s’est focalisé sur le livre en arrière plan.
Jean-Michel Apathie se pose des questions (plus de 400 réponses en commentaires, wow !)
Intéressant article du Monde sur le sujet (beaucoup d'infos)

La photo officielle

ÉDIT : pour une analyse détaillée de l'image, voir ce billet que j'ai publié le lendemain.



Photo réalisée par Philippe Warrin de l’agence Sipa.
Au lieu d'être placés en arrière plan, les drapeaux sont cadrés comme un 2e personnage : bonne idée. L’expression du visage et la posture du corps sont relachés, ça change de l'affiche électorale, du même auteur. En revanche, l'éclairage intense, en plongée, qu'on dirait venu du ciel, est un choix plutôt douteux… Personnellement, j'y vois déjà un remake de Don Camillo, « Ô seigneur ! »
C’est une image qui s'inscrit sobrement dans une certaine modernité, rien à voir avec de la photo d'art mais plutôt bonne par rapport aux précédents portraits officiels.

ÉDIT 12 h 34 : je suis allé sur le site de Sipa (agence pour laquelle travaille Philippe Warrin) car j'avais un doute sur la luminosité dénaturée de l'image… et bingo : la chromie de l'image d’origine (visible pour le moment sur la home du site de l’agence Sipa) est beaucoup plus feutrée, plus réaliste que celle présentée ci-dessus (et qui circule allègrement sur le net puisque de meilleure définition et relayée par quelques grands quotidiens en ligne). Merci aux infographistes d'éviter de retoucher la chromie des photos officielles, sinon on ne va pas s'en sortir…
Donc, l'image ci-dessous est la photo officielle.



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Gratuit

Cartographie des réseaux sociaux



Rendez-vous ici pour les hautes défs.

Évidemment, j’aime :-)
Peu d'explications sur le blog de l'auteur mais en même temps, pour le coup, tout est dit dans la carte (bien joué le coup de la rose des vents en guise de légende !).

C’est con mais c’est bon



J’ai mis en ligne 12 extraits audio d’un documentaire télévisé sur la formation des CRS : « Les combattants de l'ordre ». Je suis un grand fan de ce docu qui nous montre un lieutenant moustachu oldschool, totalement décomplexé des clichés habituels. Du coup, « Les combattants de l'ordre » passe très vite sur la formation en tant que telle et s'attarde plus volontier sur les facétie d’un lieutenant Masson gouailleurs, roublard, paillard, macho à souhait. Y triche pas quoi…
Lorsque j'étais étudiant, j'ai enregistré et découpé ces extraits au dictaphone (ce devait être en 1998). J’avais déjà vu une fois ce documentaire auparavant et n'ayant pas de magnétoscope, il était hors de question de laisser passer cette perle, d'autant que pas grand monde ne le connaissait à l'époque (diffusé à 00 h 50 le jour de l'enregistrement, c'est pour dire…). J’avais enchainé dans la nuit sur la conception d’une jaquette et la gravure d’une dizaine de CD que j'avais distribué le lendemain dans mon école de design (j'étais jeune et fou ;-) J'ai même un copain musicien qui avait récupéré des morceaux pour mettre dans une de ses compositions non-commerciales et nous étions un petit groupe de fans à nous être spécialisés dans les imitations du lieutenant Masson.
À noter que ce documentaire a encore été rediffusé 1 ou 2 fois les années qui ont suivi, mais dans une version vraisemblablement « allégée » (tournant moins en ridicule les apprentis CRS). Les extraits proposés ci-dessous sont les plus hardcores de la version originale ;-)
Je n'ai pas trouvé de vidéo sur le net mais par contre, j'ai vu que cela avait été adapté en DVD (!)

Bon, je vous laisse écouter tout cela au coin du feu. Les extraits sont courts, je vous conseille de les déguster jusqu'au bout ;-)

01 Fixe !
« Je suis le lieutenant Masson… lieutenant c'est le prénom, vous pouvez m'appeler par mon prénom »

02 Dépucelage lacrymal
Les aspirants CRS se font asperger de gaz lacrymogène pour le première fois. « y sont vraimennnt ! y sont vraimennnt phénoménaux lalalala » [à la fin de l'extrait, la chanson est chantée jusqu'au bout ;-]

03 Pour servir
« Vous-êtes là parce que c'est l'aventure les mecs… ya pas de routine, ya pas 'tiens qu'est ce que je vais manger ce soir, qu'est ce que la grosse elle va m'avoir préparé'. »

04 Poésie
« Vaaaaas te faiiirre enculer ! vas te faire enculer, vas te faire enculeeer ! » chantent-ils après avoir trinquer.

05 Une heure du mat’
Le lieutenant Masson réveille un élève à 1 heure du matin… pour rien.

06 C’est beau
« Ya des beaux écussons partout, des beaux écussons sur les manches, des beaux écussons sur les poitrines, vous avez de la gueule, vous ressemblez à quelque chose là. »

07 Jacky
« Jacky… c'est celui qui les engueule le plus. »

08 Brutes professionnelles
« La peur. La peur qu'on suscite chez les autres. Cette image sur-équipés, sur-entraînés… pas très fins… mais elle nous sert à maximum ! »

09 Vous toussez ?
Les gars sont groupés dans une carrière et leurs supérieurs leur envoient des dizaines de grenades lacrymogènes pour les familiariser au produit.

10 Des bons gars
« J'ai toujours été contre la drogue, contre les petits voyous, quand je voyais une grand mère qui se faisait agresser, ça me faisait quelque chose. »

11 Tours de piste
« CRS on est pas mauvais ! Et on l'a prouvé, prouvé ! La guerre on a tous gôgné !… Des tours de piste on va se payer ! »

12 Pour le lieutenant Masson !
Speech de fin.

Un lien vers la fiche officielle du film.

Édit : la hasard à voulu que depuis la publication de ce billet, le reportage soit passé sur la 5e, j'ai donc pu trouver une courte vidéo ou vous pourrez voir en images 2 extraits que j'ai mis plus haut :

Promotion

Tout d'abord, merci à Catherine Cherel pour m'avoir momé grand consul du Design de la Planète orange. En espérant que je pourrai y faire honneur autant que possible :-)

Ambassade de la Planète Orange
Recommandé par des Influenceurs


Ensuite, honneur à César, dit Cez, et à ses 2 blogs (perso et pro). Ce n'est pas forcément très bon qu’un de mes principaux dealers de liens se mette à bloguer plus régulièrement mais bon… ;-)
le blog perso ;
le blog professionnel.

Manif de droite ;-)


Le 25 octobre 2003, des "artistes de rue de droite" se mobilisaient pour "soutenir" le gouvernement.
Arnaud Contreras a réalisé un documentaire-court sur cet évènement culturel inouï, absurde, à prendre avec humour (dommage qu'il faille le préciser, mais les commentaires de gauche comme de droite sont parfois trop emportés).

Pour connaître l'histoire des Manifs de Droite, du film : http://www.manifdedroite.com


Merci Cyril (dont le site pro est en construction depuis au moins 6 ans si je ne m'abuse ;-) pour m'avoir envoyé ce lien !

The Brassens & Delpech Mode



Pour ceux qui ne les connaissent pas, les Brassens chantent des musiques actuelles avec la voix de Brassens et le groupe Deplech Mode chante les paroles de Michel Delpech sur des musiques de Dépêche mode.

Sur le MySpace de The Brassens, vous pourrez notamment écouter « Je danse le mia » ou encore « Laisse moi kiffer la vibe avec mon mec » chanté avec la voix et le style Brassens [cliquer sur le bouton de droite du player pour passer à la musique suivante].
Entre autres, sur le site net de Delpech Mode, vous pourrez écouter et voir les clips maison de Personal Michel et Enjoy the loir et cher [cliquer sur les jaquettes pour avoir accès aux clips]. C’est ce que j'appelle vulgairement du lourd :-)

Allez, allez, j'en vois encore 2 ou 3 qui n'ont pas encore mis ces sites dans leurs favoris, on se dépêche ! :-)

Enjoy the Loir et Cher de Delpech Mode


Un original de Brassens, en hommage :

Les expressions ambiguës



C'est assez drôle la manière dont on peut assimiler des expressions comme des blocs préfabriqués, sans pour autant en comprendre le sens littéral. Je me suis amusé à relever les expressions que j'ai longtemps mal interprété (enfin, je connaissais leur sens mais pas leur syntaxe), c'est assez drôle :

• « Sans crier gare » : j'ai longtemps cru que cela s'écrivait « sans cri égard » (ne me demandez pas ce que cela aurait signifié littéralement ;-) Sur Google : « sans crier gare » 957 / « sans cri égard » 94 (1 pour 10 quand même).
• « Envers et contre tous : attention, là j'ai honte… jusqu'à l'année dernière, je pensais que cela s'écrivait « en vert et contre tous ». Sur Google : « envers et contre tous » 100 000 occurrences / « en vert et contre tous » 13 400 (1 pour 7,4).
• « Le pot aux roses » : un classique du genre, j'en ai appris la bonne orthographe à la fin de l'adolescence. Sur Google : « le pot aux roses » 75 200 occurrences / « le poteau rose » 812 (1 pour 92,6 seulement !).
• « Ça la fiche mal » : je l'ai toujours interprété comme cela mais j'ai eu un gros doute il y a quelques temps après avoir lu la variante « ça l'affiche mal ». Sur Google : « ça la fiche mal » 639 occurrences / « ça l'affiche mal » 434 occurences (1 pour 1,4 c'est serré).
« Sans coup férir » et non pas « cent coups fait rire » comme un ami me l'avait avoué il y a peu huhuhu ;-)
« En tout cas »: je continue à écrire « en tous cas » au pluriel comme abréviation de « en tous les cas » mais apparemment, je fait parti d'une minorité (si quelqu'un à une explication sur l’orthographe au singulier, je suis preneur). Sur Google : « En tout cas » 3 680 000 occurrences / « en tous cas » 1 520 000 (1 pour 2,4).

J’ai aussi relevé quelques mots qui me semblent « bizarres » :
• « Il est mature » : la maturité vient de l’adjectif mûr, je pense que nous sommes tous d'accord. En revanche, je ne comprends pas le lien mûr > maturité > mature. Logiquement, on devrait plutôt écrire « il est mûr » non ?
• « Peine » et sa forme verbale « pénaliser » ?
• « Accueil » (prononçable a-ku-eille avec cette orthographe) qui devrait plutôt s'écrire « acceuil » non ?

Et vous, vous souvenez-vous d’expressions que vous aviez mal comprises ?

Les notes de Nicolas Sarkozy pendant le débat



Bravo Lancelot, excellent ! :-)

Think different



Juste une pub que j'ai pu retrouver grâce à Google Video. J’adore cette pub : idée, montage, musique et surtout les mots, leur sens et la façon dont ils se posent. Je trouve que c'est un bel exemple de communication intelligente qui sert la marque ET le spectateur. Content de l'avoir retrouvée et de la faire partager !

La discrimination





Le mois dernier, j’ai reçu ce petit objet plié en 3 volets. Initiative de la Ligue de l’enseignement, cette carte de correspondance élèves-citoyens sur le thème de la discrimination participe aux Semaines nationales d’éducation contre le racisme. Et puisque mon adresse a été tirée au sort dans l’annuaire du département, je vous propose de faire en sorte que ce hasard soit le plus heureux possible !
Avant d’y répondre (je suis super à la bourre !), je tenais à promouvoir l’initiative ; et pourquoi pas, venir chercher des idées des réponses collectives.

1 - Tout d'abord, je vous fait partager les pensées d’Ayoub (salut Ayoub !), élève de Cm2 au Près Saint-Gervais : « La discrimination : On doit y faire attention ; on doit lutter ; pour ne pas être rejetés ; il n’y a pas de supériorité ; ni infériorité ; nous sommes tous égaux ; même ceux qui habitent dans les ghettos ; nous avons tous les mêmes droits ; et les mêmes lois. »

2 - Ensuite, je vais moi même retourner à l'école et commencer par relire la définition du Larousse : « Discrimination : actions d’isoler et de traiter différemment certains individus ou un groupe entier par rapport aux autres. Discrimination sociale, raciale ».

3 - Et puis je vais essayer de répondre à Ayoub, comme je le peux :
Selon les contextes, les victimes de la discrimination peuvent être des gens d’origines étrangères, des individus socialement défavorisés mais aussi des handicapés, des personnes malades, des personnes âgées, des femmes, des jeunes. En réalité, partout (un pays, un lieu de travail, une école) où des individus ayant une « particularité » sont minoritaires, ils sont exposés à la discrimination. Et lorsqu'en plus, des groupes cumulent plusieurs de ces particularités : socialement défavorisé + jeunes + origines étrangères, ils sont encore plus victimes de la discrimination que les autres.
Effectivement, il faut lutter contre et surtout, sensibiliser, éduquer ceux qui pratiquent des formes de discrimination soit par pure méchanceté, soit par intérêt, soit pas ignorance (les 3 à la fois pour les racistes).
Par exemple, puisque c'est d'actualité, si les partis politiques pouvaient utiliser l'argent dépensé dans leurs meetings pour financer des actions, des évènements, des campagnes de communication contre la discrimination (sans toutefois vouloir politiser ou récupérer la chose sinon ça n'a aucun intérêt – parlons simplement d'un « sponsoring citoyen »), ce serait sans doute plus utile, à la fois pour leur image, et pour nous tous. C’est juste une idée comme ça en passant… Il y a sans doute beaucoup d’autres choses à imaginer dans ce sens pour sensibiliser les gens à ce problème qui dure depuis la naissance de l’humanité.
Que ceux qui pratiquent la discrimination comprennent qu'elle peut se retourner contre eux du jour au lendemain.

Voila pour moi !

Si vous avez des avis, des idées, des témoignages, des liens sur la discrimination, n'hésitez pas, c'est pour Ayoub et sa classe !
Comme réponse sur la carte, je ne mettrai surement qu'un lien vers ce billet, pour que ce soit encore plus interactif et je vais la poster demain matin car ça va faire un mois que je l'ai reçue.



Le site ContreLaDiscrimination.org