
Commentaire / Steve Jobs et les readers [à propos des tablet PC]
Je pense que Steve Jobs a tout a fait raison : la polyvalence prime, surtout sur des machines vendues à plus de 300 € (même s'il y aura toujours quelques amateurs prêts à acheter des appareils dédiés, pour diverses raisons).
Par ailleurs, concernant la tendance prospectiviste ambiante sur les tablettes informatiques, je ne comprend toujours pas l'intérêt de supprimer le clavier d'un ordinateur portable pour le remplacer par une interface tactile. Je comprends bien l'intérêt du « tout tactile » pour un smartphone qui se doit de tenir dans une poche (dans ce cas, tactile = gain de place, gain de confort et gain en polyvalence) et qui, de par sa contrainte de taille, aura de toute façon des usages limités, mais je ne comprends pas l'intérêt du tout-tactile pour un ordinateur portable. De mon point de vue, il faudrait une machine qui propose une interaction tactile ET une interaction clavier. Pourquoi choisir entre l'un et l'autre ?
Par exemple, un Mac Air qui aurait la capacité de se moduler en tablette (avec un écran tactile et un clavier qui puisse se retourner complètement, se décrocher ou se ranger en tiroir, pour une utilisation sans table d'appui) serait à mon avis beaucoup plus intéressant qu'une simple tablette telle qu'on la rêve chez Techcrunch. En tout cas, ce qui est à peu près sûr, c'est que les gens qui achètent des ordinateurs portables seront très peu a investir en plus dans des tablettes. Et les gens qui achèteraient des tablettes ne pourraient que difficilement se passer d'un ordinateur portable. À mon avis, l'avenir de ce chaînon manquant se situe plus dans un ordinateur portable modulaire qui puisse se configurer simplement en version tablette et en version clavier, pour encore plus de polyvalence. Apple a probablement une belle carte à jouer dans ce domaine, tout comme Asus qui semble être déjà en route pour réaliser ce type de machine hybride mi tablette, mi laptop.
Concernant l'avantage d'un clavier dissocié de l'écran, j'en avait écrit quelques mots en commentaire chez Aldus.
Par Christophe D., le jeudi 10 septembre 2009 à 18:25 | Mes commentaires ailleurs | aucun commentaire
Commentaire / Et si les jeux vidéos structuraient une nouvelle pratique de lecture ?
On pourrait également citer la vague des CDRom culturels qui ont bien marché dans la 2e moitié des années 90. Celui sur le Louvre s'était vendu à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires à travers le monde, mêlant images mais aussi voix, textes à travers une interface riche. Il y avait aussi le CDRom pour enfant, à la limite du jeu, adapté du livre « Alphabet » de Kveta Pacovska. Ou encore ce magnifique travail narratif mélangeant texte, photo, vidéo et son sur l'œuvre écrite de Jean Jacques Rousseau.
Ce ne sont que des exemples d'expériences narratives marquantes mais il y en avait beaucoup d'autres, éditées notamment par Montparnasse Multimédia ou Hyptique et qui, ma foi, ne se vendaient pas trop mal à l'époque, malgré un équipement informatique encore peu démocratisé et un prix relativement élevé. Je suis toujours assez surpris que tous ces travaux soient « oubliés » aujourd'hui lorsqu'on évoque l'avenir des livres sur support numérique, à travers des interfaces multimédia (ou hypermedia).
Jean-Louis Fréchin, directeur de création chez Montparnasse Multimedia à la grande époque, avec qui j'ai un peu travaillé, pourrait vous en parler bien mieux que moi.
Par Christophe D., le samedi 5 septembre 2009 à 16:44 | Mes commentaires ailleurs | aucun commentaire
Commentaire / Asus préparerait un lecteur
Attention, d'après ce qui est écrit sur Brave a New Word, il ne faut pas considérer ce objet comme « un lecteur spécialement conçu pour la lecture de livres » avec un écran qui « qui simule un livre ». Ça va bien plus loin que cela, et ça va aussi bien plus loin que ce qu'on peut voir dans les deux vidéos que vous avez mis en lien.
Comme le précise Asus, le double écran tactile permet par exemple d'utiliser un des deux écrans comme un clavier virtuel, sur toute sa largeur. Toujours d'après Asus, l'appareil serait aussi doté de capacités qui permettraient de s'en servir pour bien d'autres choses que la lecture. Bref, il s'agit en réalité d'un notebook, sur lequel on peut lire plus confortablement. Possibilité de retourner complètement un des deux écrans, si besoin (façon tablette) ; possibilité de lire sur les deux écrans (façon double page, pour une meilleure appréhension visuelle du contenu) ; possibilité de dédier un écran pour le contenu et un écran pour un clavier virtuel, par exemples.
De mon point de vue de designer, et parce que ça fait longtemps que j'ai envie de le faire, je voudrais également insister sur l'importance d'un clavier qui ne soit pas sur le même plan que l'écran (ce qui est donc possible avec cet appareil). Lorsque le clavier (sur écran tactile ou en dur) est sur le même plan que l'écran, l'utilisateur est généralement obligé de se pencher sur l'écran pour écrire, ce qui va à l'encontre des principes élémentaires d'ergonomie. Amusez vous à écrire pendant 2 heures avec un clavier qui soit sur le même plan que l'écran et votre corps (cervicales ou bras principalement) va crier au secours. Et c'est aussi ce qui fait que les ordinateurs-tablettes, à qui l'on prédit un si brillant avenir, ne serviront au final qu'à regarder des films à faire des présentations-clients ou à dessiner (ce qui est déjà pas mal, me direz-vous). Aussi un clavier de taille un peu plus grande, devrait être plus confortable car plus adapté à la taille de nos mains (bon, avec ce que nous montre Asus, on est encore un peu petit mais c'est déjà bien mieux que ce qu'on voit sur Iphone ou sur les liseuses du marché).
Outre les questions de polyvalence d'usage, il me parait important de mettre en avant le confort qu'offre cet appareil à l'écriture car l'avenir du livre numérique est bien présenté comme read/write (annoter, partager, rechercher, communiquer, participer, réseaux, etc.) : pour tout cela, il faut pouvoir écrire confortablement — ce qui fait grandement défaut, à mon avis, aux liseuses du marché. Notons à ce sujet que l'écriture au stylet (et même au stylo, sur papier) est plus laborieuse que sur un clavier bien conçu : lorsqu'on acquière un peu de pratique, on écrit mieux et plus vite sur un clavier qu'en manuscrit. En revanche, lorsqu'on a pas de support pour poser l'appareil, c'est le stylet qui gagne, d'où l'importance d'offrir la possibilité d'écrire au stylet ET la possibilité d'écrire au clavier.
Bref, la façon dont cet appareil est présenté (polyvalent, ergonomique à l'écriture, adapté à un multitude de scénarii, modulable) correspond à peu près exactement à ce que j'imaginais dans un billet que j'avais écrit sur le sujet.
Non pas une liseuse, mais un « notebook » (un petit ordinateur portable quoi) modulable qui soit mieux adapté à la lecture et à l'écriture dans un maximum de contextes (pas seulement au bureau et pas seulement dans le métro).
Après, c'est toujours la même histoire : il faut voir le prix… Mais je pense franchement que ce type d'appareil pourrait toucher un public très large, et par là même favoriser la lecture des livres numériques.
Édit : un autre exemple de ce à quoi pourrait servir ce notebook décidément très prometteur.
Par Christophe D., le jeudi 3 septembre 2009 à 09:40 | Mes commentaires ailleurs | aucun commentaire



