
Commentaire / 2009, année ebooktique
« La plupart des experts conviennent que la popularité Ebook-sales croissante des livres électroniques est entièrement dû aux dernières innovations en matière de e-paper. »
Il faut absolument signaler à ces spécialistes (qui travaillent souvent pour les industries dont ils vantent les mérites ou la « réussite » commerciale) que des centaines de millions de personnes n'ont pas attendu le e-paper pour passer 8 heures par jour à lire, écrire et travailler sur des écrans d'ordinateur.
Faire croire que ce sont les « nouvelles » technologies e-paper (et par là même, les liseuses) qui portent ou porteront le marché du livre électronique, ça arrange bien les industriels qui les commercialisent mais ça me parait quelque peu trompeur ; voire contre productif pour ceux qui essaient de promouvoir les livres numériques (le contenu livre, pas l'appareil de lecture). Des livres dont, à mon avis, l'usage se démocratisera (réellement) lorsque le public saura qu'il peut les lire sur n'importe quel type d'ordinateurs (de préférence, ceux qui lui sont d'une plus grande utilité qu'une simple liseuse) ; et lorsque les fonctionnalités potentielles propres au support numérique se seront d'avantage développées. Au sujet du potentiel fonctionnel, relire la très riche synthèse d'Hubert Guillaud
Par Christophe D., le vendredi 27 mars 2009 à 08:35 | Mes commentaires ailleurs | aucun commentaire
Commentaire / Pourquoi les journaux, ça ne fonctionne pas en ligne ?
Il y a aussi quelque chose qui pourrait être intéressant : savoir combien de personnes lisent régulièrement les sites d’information en France. Quel est réellement le potentiel. Par exemple, un sondage qui poserait cette simple question à un panel étudié : « Lisez vous au moins une fois par semaine un article en entier sur un site d’information » (blogs & sites de presse confondus, du moment qu’ils sont liés à l’info). Peut être qu’on arriverait même pas à un million — qui suivent généralement plusieurs sites par jour. Le reste étant des visiteurs furtifs et/ou très occasionnels, arrivés en suivant une requête Google ou pour suivre une actu plus importante que les autres, 2-3 fois dans l’année.
Un tel chiffre pourrait être plus intéressant que les nombres de visiteurs cumulés ; les pourcentages d’évolution d’audience d’une année à l’autre ; et autres sondages du type « avez-vous consulté un site de presse cette année ? », qui outre le fait de caresser les annonceurs dans le sens du poil, ne sont pas forcément représentatifs de la réalité.
Par Christophe D., le vendredi 20 mars 2009 à 10:59 | Mes commentaires ailleurs | aucun commentaire
Commentaire / Le logo de Pôle emploi, 500 000 euros !
« J’aimerai bien connaître les arguments de l’agence durant l’audit (si il existe), permettant de justifier même 10% de cette somme. »
La conception, la fabrication, la livraison et la pose de tous les panneaux d'enseigne (plusieurs types différents par agences), par exemple. Je suis prêt à mettre ma main au feu que ces 500 000 euros sont le prix d'un « pack global », c'est dire qu'ils ne concernent pas simplement la phase de conception, mais aussi et surtout, toute la phase de fabrication, de livraison et de mise en œuvre des éléments constitutifs de l'identité visuelle (enseignes, archi intérieure des agences, papetrie, internet, pins parlants ou je ne sais quoi… mais il doit y avoir du boulot). Attention à ne pas tirer trop vite sur l'ambulance ;-)
[ 2e commentaire ] Rien que ce qui concerne le papier : s'il faut réaliser, imprimer, façonner et livrer, dans un grand nombre de lieux différents, des milliers de cartes de visite, des tonnes de formulaires de toutes sortes, des blocs notes, des entêtes de lettres, des brochures d'info, des affiches didactiques et tout le tralala — en plus de la conception pure de la charte — ça justifie déjà une très grosse partie de cette somme (qui me parait, à la limite, peu élevée si elle devait englober également la fabrication, la livraison et la pose des éléments « 3D » — par rapport à ce qu'à coûté le renouvèlement global de l'identité de l'ANPE).
[3e commentaire] Aussi, il nous faudrait relativiser les choses : 500 000 euros, c'est une somme, ok. Mais ce doit être un peu plus du prix moyen que doivent coûter les locaux d'une seule agence (achat ou construction des locaux + aménagement + matos). Pour se donner un ordre d'idée, je crois que l'ANPE comptait à peu près un millier d'agences dans tout le pays. Ce n'est pas une raison me direz-vous, mais je veux dire par là que lorsque qu'il s'agit de payer des architectes et des maçons pour construire du « dur », l'opinion publique ne moufte pas, et lorsque c'est pour payer des designers, des chefs de fab, des imprimeurs, et autres acteurs de la chaîne du design, personne ne comprend, comme si le design d'identité, c'était juste question de faire un logo sur une feuille A4, fait en 10 minutes. Que le journaliste de Marianne qui a écrit l'article mentionné par Étienne n'y connaisse rien en design, je peux comprendre, mais nous, qui sommes de la partie, ne devrions nous pas tenter d'expliquer, voire défendre les tarifs pratiqués pour ce type de projet (qui font, je le rappelle, l'objet d'un appel d'offres) auprès du grand public, plutôt que de participer à la curée ? Si demain, une de ces agences vous contacte pour assurer la direction artistique d'un tel projet, vous répondrez quoi si l'on vous dit que le budget est trop serré et qu'elle ne peut vous payer le tarif que vous lui avez devisé ? Oui, je le sais déjà : vous lui répondrez d'aller se faire mettre ;-) Mais au fond, je pense qu'on ne va pas forcément dans le bon sens en sciant une branche de notre arbre sur laquelle sont posés des plus gros oiseaux que nous. Attention, je ne prêche pas le corporatisme aveugle, mais à mon avis, il y a un besoin de chercher et d'expliquer ce à quoi ce prix correspond réellement, dans l'intérêt de tous. Au delà du budget, pour ce qui concerne la qualité graphique, il faudrait voir également comment s'est déroulé le projet : décideurs, pistes rejetées, partis pris, process, etc. Le graphisme du logo ne vole pas très haut, certes, mais est-ce forcément la faute des graphistes ou même de l'agence qui travaillaient sur le projet ? Peut être que oui, peut être que non, je ne sais pas. (Voilà, j'arrête, désolé pour le spam ;-)
Par Christophe D., le mercredi 11 mars 2009 à 13:52 | Mes commentaires ailleurs | aucun commentaire



