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Commentaire / La burqa, la gauche et la liberté

Sur Variae :

Dans ce grand élan d’humanisme, je propose de faire une loi qui interdise tout simplement les religions : aliénation, perte de temps, vêtements bizarre, guerres inutiles, pédophilie, pressions familiales, etc. Soyons fou !

Plus sérieusement, êtes vous conscient que la très grande majorité de ces femmes sont aussi croyantes (et/ou traditionalistes) que leur famille et portent le niqab de leur plein gré ? D’ailleurs, qu’elles le portent ou non de leur plein gré, leur principale alternative au voile sera de rester enfermées chez elles. Voila qui devrait enfin satisfaire les quelques féministes qui sont encore à côté de la plaque.

Aussi, vous terminez par « aurait-il fallu s’interdire de rendre la scolarisation obligatoire, parce qu’on l’imposait à des familles qui n’avaient rien demandé et qui vivaient très bien sans ? »
Sauf que si un enfant est déscolarisé par ses parents sous l’âge légal, ce sont ses parents qui sont sanctionnés par la Loi, pas l’enfant. Idem pour le voile : bien avant le 11 avril, une personne qui imposait le voile à une autre pouvait déjà être sanctionnée. La loi du 11 avril est différente, elle tape directement sur les femmes qui portent le niqab en dehors de chez elle. Maitre Eolas avait brillamment argumenté en moins de 140 caractères : « Si les femmes sont contraintes, on va punir des victimes. Si elle ne le sont pas, on va punir des femmes exerçant leur liberté ».

Commentaire / La chasse aux trolls s'organise

Sur le blog de Slate "Work in Progress' :

Le fond du problème, à mon avis, c’est que ces journalistes professionnels n’ont pas besoin d’avoir des commentaires sur leurs articles. Je parierais même que les commentaires les dérangent plus qu’autre chose. Les journalistes ont une journée de 8 heures pour produire du contenu et n’ont que rarement le temps de lire tous ces messages, et encore moins de discuter consciencieusement avec leurs lecteurs, qu’ils soient trolls ou non. Contrairement à un blog traditionnel, dans lequel l’auteur prend le temps d’échanger en commentaires, créant ainsi un rapport qui est tout autre avec ses lecteurs — et ce, quel que soit les sujets abordés, quelle que soit l’importance du lectorat, et sans même passer par le moindre système de modération ou de notation des commentaires. Il n’y a qu’à voir comment se débrouillent des Maître Eolas ou Laurent Gloaguen pour s’en convaincre. Les trolls ? On ne les voit même pas. Sur un blog, les commentaires sont en vérité des fils de discussion. Sur un site de presse, ils sont en réalité des courriers de lecteurs, avec toutes les doléances, le parasitage et les coups de gueule que cela comporte lorsqu’un individu s’adresse à une entité abstraite, à une marque.

Et pourtant, les sites de presse s’obstinent à garder la possibilité de commenter, pourquoi donc ? L’alibi est connu : « les commentaires permettent de corriger un article, de le compléter, de l’enrichir » sauf qu’en réalité, mis part quelques rares exceptions, il n’en est rien. Il parait même que « du journalisme sur le Web sans interaction avec l’audience, ce serait comme une profiterole sans chocolat fondu. Cela n’aurait aucun intérêt. » mais vous en connaissez beaucoup, vous, des journalistes web qui ont l’habitude d’interagir avec leur audience ? Pas tant que ça. Le simple fait d’employer des community managers pour gérer les commentaires en est déjà symptomatique.

M’est avis que les sites de presse conservent cette fonction embarrassante pour fidéliser une partie des lecteurs acharnés qui lisent ou rédigent quotidiennement ces commentaires (préserver un sans-blanc de communauté en somme — façon forum, mais en papier mâché), et ainsi de flatter quelques stats permettant de meilleurs revenus.

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NDLR : ce commentaire, envoyé hier vers à 1 heure, fut publié après modération aujourd'hui vers 14 h, en même temps que les huit autres commentaires suivants. Le courrier des lecteurs, je vous dis !

Commentaire / Top 10 des artistes incompris du football international, autrement appelés « boucher »

Sur Topito :

Oh, les footballers bourrins, mes préférés ! Merci !

Ne vous méprenez pas, en vérité, ces joueurs sont de grands enfants emplis de tendresse, avec une grande sensibilité et un petit cœur tout mou qui bat derrière cette carapace de brutalité. Ainsi, dans le privé, Van Bommel adore faire du scrapbooking déguisé en petite fille ; tandis que Vinnie Jones s'adonnait régulièrement à la danse classique en cachette, entre un passage au pub et un autre au poste de police.

En France, on avait aussi quelques spécialistes comme Di Meco. Une pute de première sur le terrain. Heureusement qu'ado j'étais pour l'OM, du coup ça me faisait plutôt marrer. Le voir lever les mains à chaque faute avec un air d'enfant battu pour plaider son innocence à l'arbitre pendant que les ralentis nous montraient pourquoi le joueur qui pleurait au sol allait vraisemblablement devoir faire une petite pose dans sa carrière. tout l'art de s'en tirer avec un carton jaune qui, à l'époque, ne valait pas grand chose.

SoFoot a souvent publié des portraits de bourrins trashy anglais des années 70-80, qui ne rechignaient pas à jouer bourrés, en plus de leur agressivité naturelle et des habituelles injections de testostérone. Dans le numéro de ce mois-ci, dans un registre plus contemporain, il y a d'ailleurs un petit article sur Roy Keane, cité ci-dessus par Bob, qui raconte comment l'irlandais a mis un terme à la carrière d'un joueur norvégien insolent, en lui ruinant délibérément la jambe, 2 minutes après le coup d'envoi d'un match revanche. Émouvant.
À propos de came, je me rappelle aussi d'une phrase de Pascal Olmetta qui racontait au hasard d'une interview qu'à une époque, il était tellement défoncé par les produits excitants qu'on lui administrait avant match, qu'il lui était déjà arrivé de briser des portes de vestiaires à coup de pied, juste avant de rentrer sur le terrain.

Les allemands à moustache-nuques-longues des années 80, eux, étaient plus méticuleux. Ils ne pratiquaient pas l'art du découpage au hasard. Il fallait du résultat derrière, il fallait que ce soit rationnel. Savoir tailler au bon endroit, au bon moment : des jardiniers, en somme. Quelle idée aussi de filer tout seul vers la cage dont Schumacher était sorti, à quelques minutes de la fin d'une demie-finale de coupe du monde 82 pff… c'était de l'inconscience de la part de Battiston et il faut se mettre à la place du gardien allemand aussi…

Ah, les bouchers du foot… une tradition qui se perd ma bonne dame ! Émotion.

Commentaire / Festival de Chaumont : « Le graphisme, qu’est-ce que c’est ? » : le premier prix est attribué à…

Chez Geoffrey :

Mais à quoi bon continuer ce concours étudiant au juste ? À la rigueur, vous pourriez demander aux étudiants de travailler sur une thématique imposée, avec la seule possible récompense d’être exposés, dans le cadre d’une sélection sans numérus closus (entre 0 et n affiches exposées à chaque festival, selon la qualité estimée du cru annuel) mais à quoi bon s’entêter à choisir absolument 60 affiches et un heureux élu pour lui décerner la médaille en chocolat d’un jury aux choix de toute façon subjectifs et discutables ? S’il n’y a que 15 affiches qui semblent pertinentes au jury, exposez seulement celles-ci, sans choisir de lauréat, et basta ! D’ailleurs, à mon époque, je n’avais trouvé la volonté de ne participer qu’une seule fois à cette loterie en 5 ans d’études (thème : l’amour fou… au moins, c’était amusant).

Même chose pour le concours des pros, d’ailleurs.
En fait, je n’ai jamais vraiment compris ce côté compète au festival de Chaumont si ce n’est pour attirer les médias spécialisés vers la bande de copains qui se relaient à tour de rôle depuis des années entre membres du jury, sélectionnés et lauréats — et qui, en plus d’être très bons, ont surtout la chance d’entretenir savamment un réseau d’amis commanditaires qui leur permettent d’imprimer leurs affiches en sérigraphie sur papier bouffant pour la promotion de pièces de théâtre subventionnées (oui, je grossis le trait ; et oui, je suis jaloux ;-) . Les autres, menacés de tonte en public pour avoir collaboré avec l’ennemi de la com’ en ces temps de guerre, étant tous justes bons pour venir à Chaumont pour faire tourner les restos à Kebab locaux et applaudir à la remise des prix. Si le festival de l’affiche était vraiment le festival de toutes les affiches, il y aurait sans doute d’avantage matière à débat entre les divers secteurs de la profession. Imaginez un peu des gens de Publicis invités à exposer et à débattre sur le métier aux côtés d’un simili Grappus ! Il me semble que cela contribuerait d’avantage à créer ponts entre « graphisme d’auteur » et « graphisme de com ».

Commentaire / Un iMac tactile ?

Sur MacBrains :

C'est drôle car ce concept colle assez bien avec le flyer envoyé à la presse pour l'annonce de « la prochaine création » accompagnée de taches de peintures. En tout cas, ce serait un ordinateur de bureau franchement intéressant (je suis graphiste ;-)
Notons que le principe de la tablette-graphique-sur-écran existe déjà chez Wacom avec la gamme Cintiq (compter 2 200 € pour un 21", sans les capacités d'un ordinateur et sans le multitouch) mais là, d'après ces schémas, il s'agirait plutôt d'un appareil polyvalent transformable en tablette, ce qui est tout l'intérêt. Seul bémol : si un tel objet devait être commercialisé rapidement, j'imagine que son prix de vente serait salé !



[Image extraite d'un brevet déposé par Apple.]

Commentaire / Autour et atours du livre numérique

Sur affordance :

À Benoit :

Le problème, quel que soit le prix, c'est que pour acheter une liseuse et des livres numériques, même avec écran hyper confort, il faut déjà avoir la volonté de lire des livres. Ce qui est très loin d'être le cas de tous. L'achat d'une liseuse est une espèce de « prix d'entrée » qu'il faut payer pour avoir accès aux livres numériques et ça ne favorise(ra) clairement pas l'accès au livres, même vendus moins chers que sur papier et même sans DRM.

D'où l'intérêt d'amener la lecture sur des ordinateurs portables plus largement utilisés (qui soient un peu plus adaptés à la lecture de textes longs -> même si l'écran ne suit pas, un clavier détachable ou pliable à 180° et en couleur est déjà un plus).

Si l'aventure du livre sur support numérique doit se résumer aux passage des lecteurs réguliers de livres papiers vers la lecture sur écrans, ça n'a pas grand intérêt, même si ça leur fait gagner du poids dans leurs valise lorsqu'ils partent en vacances.
En revanche, amener de nouveaux lecteurs vers le format livres grâce au numérique, ça ce serait un vrai progrès (ordi multifonction plus adapté à la lecture + fonctions logicielles qui permettent par exemple d'avoir une mise en valeur des passages les plus surlignés par les autres lecteurs, ce qui pourrait séduire ceux qui sont réfractaires à la lecture de textes longs pour les amener vers la lecture de l'intégralité du texte ou au moins des idées principales d'une œuvre).

Pour moi, l'enjeu principal n'est pas de lire plus confortablement, de gagner du poids ou de la place. L'enjeu principal est d'amener plus de lecteurs vers le format livre.


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2e commentaire en suivant :

Et puis de toute façon, même si les liseuses et les livres numériques étaient tous distribués gratuitement, je suis certain que cela n'amènerait pas plus de lecteurs vers le format livre. Ceux qui lisent déjà des livres en liraient peut être encore plus mais ceux qui ne lisent pas n'auraient pas beaucoup de raison de s'y intéresser (le prix des livres de poche est déjà très bas — et le piratage de livre en format numérique est relativement faible). Pour amener de nouveaux lecteurs vers le livre, à mon avis, il faut d'abord des fonctions logicielles adaptées (par exemple, celle que j'ai citée dans mon commentaire précédent) et la possibilité de lire sur des machines que l'on possède déjà (et qui peuvent servir à bien d'autre choses).


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3e commentaire en suivant :

Désolé, je squatte, je suis lancé :

D'ailleurs, puisque ce sont des comparaisons que l'on fait souvent, l'intérêt de l'imprimerie et du MP3, c'était ça. Amener plus de gens vers les textes (sacrés au départ) et vers la musique. La qualité d'impression et de fabrication des premiers livres n'était pas au rendez-vous (ce devait être plus sympa et convivial d'écouter en groupe la lecture orale d'un curé ou d'un colporteur). Les premiers MP3, salement compressés qu'on s'échangeaient en P2P étaient légers mais d'une qualité médiocre. Pourtant, ces deux technologies ont amené, avant toutes autres considérations, énormément de monde vers la lecture et vers la musique. Le confort de lecture ou d'écoute est arrivé après.


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4e commentaire en réponse à la réponse de Benoit (commentaire qui fait un peu la synthèse des précédents et qui appuie un peu plus sur l'aspect fonctionnel) :

« ces lecteurs sont des lecteurs zappeurs qui ont du mal à concentrer leur attention. »

Et bien justement ! Puisqu'ils sont zappeurs, il faudrait que les livres diffusés sur supports numériques offrent la possibilité d'être survolés rapidement et efficacement. Et coup de chance, le format numérique le permet. Donner accès (gratuitement) aux passages les plus surlignés par les autres lecteurs ; utiliser des moteurs sémantiques pour synthétiser intelligemment et en quelques mots des centaines de pages ; donner accès à tous les commentaires des autres lecteurs (qui peuvent cibler des passages précis et donner lieu à des débats) ; pouvoir lier des passages d'un site perso vers un livre en ligne ; les moteurs de recherche façon Google qui permettent de rechercher des mots ou des expressions directement dans un livre sont intéressants aussi pour celui qui cherche à se documenter sur un sujet précis ; et tout un tas de fonctions qui ne me viennent pas à l'esprit au moment ou j'écris.
Tout cela devrait donner envie à une partie de ceux qui ne sont pas familiers à la lecture de pavés de plusieurs centaines de pages de s'y pencher un peu plus — ou, à défaut, de pouvoir tirer un minimum d'information sur un livre sans forcément l'avoir lu en entier, ce qui n'est pas rien en terme d'accès à la culture.

Pour ceux qui sont déjà habitués à lire des livres sur papier, le numérique permet en gros de gagner du poids dans le sac, de la place dans la bibliothèque et peut-être un peu d'argent sur l'achat de contenu (et encore, ça dépend ce qu'on lit — il faut aimer les classiques qui ne sont plus sous droits). Très content pour eux mais si le support numérique n'apporte que cela et ne s'adresse qu'à ceux là, ça n'a pas grand intérêt.

Commentaire / Qu’est-ce qu’un livre numérique et en avons-nous besoin ?

Sur La feuille :

« On voit bien à mesure qu’on l’explore que le concept de livre numérique se dérobe, parce qu’il recompose en profondeur la création et ses modalités (notamment sa linéarité, mais aussi ses modes de distribution, ses créations en réseaux, hyperliées…). Les formes de culture numérisées que nous allons connaître (le fameux livre au format numérique qu’incarnent les emblématiques .pdf ou .epub), ne sont certainement que des formes transitoires. »

1000 fois d’accord avec ce paragraphe de conclusion (comme souvent).

C’est aussi pour cela que j’ai plusieurs fois cité l’exemple des CDRom culturels de la fin des années 90 qui n’étaient pas considérés comme des livres. Celui-ci par exemple, Moments de Jean-Jacques Rousseau avec texte, vidéo, son et surtout beaucoup de sensibilité.
Cette adaptation a 10 ans mais je considère qu’elle exploite bien plus le potentiel du numérique que la plupart des livres électroniques actuels qui en sont encore à essayer de copier le papier — adaptation certes distribuée à l’époque sur un support CD désuet mais qui pourrait aujourd’hui être diffusée en ligne sans problème. Je suis sûr que dans l’esprit de beaucoup, les formats actuels de livres numériques ou numérisés résonnent comme un carcan technologique (et commercial) et non comme une source d’innovation sur la mise en valeur du contenu. Contrairement aux formats de sites internet (portails, blogs, wiki, réseau sociaux, etc.), qui exploitent depuis bien longtemps des milliers de fonctionnalités pour valoriser le contenu de toute sorte et sa diffusion.

Alors oui, peut être qu’un jour, enfin, on ne parlera plus de cette notion de livres numériques pour ne parler que d’adresses internet, comme c’est déjà le cas pour beaucoup de domaines (les livres, ce n’est pas que la littérature) : les encyclopédies = Wikipedia ; les atlas = Google Map ; les dictionnaires = dicos et traducteurs en ligne ; les guides touristiques = sites portails avec forums et modules participatifs… et pourquoi pas un jour des romans et des essais dont le contenu, sous sa forme numérique, serait diffusé sur des formes bien lointaines de ce que l’on connait aujourd’hui ? Et puis à un moment donné, il faudra également prendre en compte le fait que les prochaines générations préfèreront peut être chercher des textes courts sur des sujets qui les intéressent (articles, contributions ou extraits de textes longs) que d’acheter et de lire des pavés de 600 pages.

[Rappel : commentaires fermés pour cette catégorie, à discuter sur La feuille pour ne pas multiplier les discussions]

Commentaire : 20/20 à Thierry Henry !

Chez Vinvin :

Hihihi ;-) Bah… c'était quand même le double match de barrage parfait : but casquette au match aller contre le fil du jeu ; score clairement sauvé à 4 ou 5 reprises par Hugo Lloris (chapeau bas) ; ballade des irlandais pendant 120 minutes au stade de France ; 2e but français avec 2 hors jeu + une main + des joueurs irlandais qui s'étaient arrêtés de jouer pour signaler la main ; quasiment aucune occasion dangereuse des français sur l'ensemble des deux matchs ; et en plus les irlandais sont restés gentlemen à la fin, histoire de bien finir de nous ridiculiser. Je me souviens avoir hurlé, agenouillé au sol, lorsque le lisbonnais Vata avait marqué un but de la main face à l'OM en 90 [NDLR : but qui éliminait l'OM à 7 minutes de la fin pour sa première demie finale de coupe des champions]… j'ai beaucoup pensé aux supporters irlandais hier soir.

Commentaire / La tarte à la crème de … la mesure d’audience

Sur Linkfluence blog :

Au delà des questions d’audience, je complèterais ces interrogations avec un résultat qui m’avait particulièrement ému dans l’étude du ministère sur la vie culturelle des français en 2008 (France / USA, pas forcément les mêmes pratiques et le même rayonnement international, mais quand même). Page de résultats de la question 24c, intitulée « Thèmes des sites ou blogs fréquentés le plus souvent » :

http://www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/doc/tableau/chap2/II-3-4-Q24C.pdf

Où l’on apprend que seuls 37 % des internautes français ont visité au moins une fois un site lié à la politique ou à l’actualité en 2008. Donc, 63 % des internautes français ne sont même pas allé une seule fois sur ces sites (blogs et portails de presse confondus) sur 1 an ! Je trouve cela énorme. Et ce n’est pas tout : plus les internautes sont jeunes, moins ils lisent les sites de presse. Seuls 27 % des internautes de 15-30 ans sont allé au moins une fois sur un site d’actu en 2008 contre 56 % des 46-62 ans (comme les 15-30 ans sont majoritaires, ça ne se voit pas en terme d’audience — mais en terme de tendance d’avenir, ça fait mal).

Je m’attendais à ce que ces chiffres circulent un peu plus, au moins chez les blogueurs qui s’intéressent à l’avenir du journalisme sur internet, mais ça n’a pas été le cas.

Commentaire / Initiation au Web 2.0 : premiers retours d’expérience

Sur le blog de Nathalie Kusciusko-Morizet :

Soyons précis : ce blog, tout comme vos comptes Twitter et Facebook, semble surtout servir de « caisse de résonance » (= un outil de communication, je traduis) pour votre secrétariat d’État, non ? Et même qu’à mon avis, à plus ou moins court terme, en cas de besoin, il ne vous servira pas qu’à récolter des candidatures pour des appels à projets…

À partir du moment où ces sites vous servent à parler boulot, avec les postes que vous occupez, la réserve, l’entourage et les responsabilités qui vont avec, il deviennent de fait des outils de communication politique. Il serait bien naïf pour vos lecteurs de considérer vos « pages 2.0 » comme de petits espaces personnels sur lesquels vous pouvez écrire ce que vous voulez, pour votre plaisir ou pour la découverte. Forcément les genres se mélangent, on ne sait plus trop où se situe la frontière entre le off et l’officiel ; entre le spontané et le stratégique ; entre le « je » qui veut dire « nous » et le « nous » qui veut dire « je » ; et même entre ce qui est écrit par vous et ce qui est soufflé par vos conseillers. Finalement, pour vous, le curseur est assez facile à glisser dans un sens ou dans l’autre, au gré des besoins, ce qui doit être bien pratique.

Pourtant, ce brouillage des codes de la communication traditionnelle semble fonctionner à merveille. Comme les commentateurs qui m’ont précédé sur ce blog, je me surprends même à vous interpeler comme si vous alliez vraiment me répondre ! Car finalement, c’est aussi une nouvelle expérience pour nous, les lecteurs « 2.0 » : discuter avec une personnalité de haut niveau dont on sait déjà qu’elle ne nous répondra pas — peut être n’a t-elle tout simplement même pas le temps de nous lire.

Bonne chance tout de même ;-)

(Rappel : commentaires toujours fermés pour la catégorie « Mes commentaires ailleurs », à discuter sur le site d'origine afin de ne pas doubler les conversations.)

Commentaire / Le Kindle bientôt sur…Mac !

Sur eBouquin :

Pour l’ergonomie et le confort, je pense que cela dépendra surtout de l’évolution des ordinateurs portables vers des appareils modulaires qui, en plus des usages classiques d’une telle machine (à ne pas confondre avec les champs d’action des smartphones et des ordinateurs de bureau), devraient permette une lecture plus confortable. Forcément, avec les ordinateurs portables actuellement dispos sur le marché, pas évident de séduire les lecteurs.

J’espère qu’à terme, la lecture sur des ordinateurs portables plus polyvalents sera surtout l’occasion d’avoir une meilleure concurrence sur la commercialisation des contenus (si l’offre d’Amazon ne plait pas, on devrait avoir la possibilité de se servir chez Google, à la Fnac ou directement chez des petits e-libraires indépendants — on est pas bloqué par la machine comme c’est quelque part le cas pour l'appareil Kindle). Et j’espère aussi que cela sera l’occasion de développer plus de fonctionnalités liées au numérique : hypertexte, sémantique, meta recherche, systèmes de visualisation, communautés indépendantes, connaitre les lecteurs qui sont en train de lire le même passage que moi et discuter avec eux, possibilité de contenus participatifs sur les livres techniques, etc. (Hubert Guillaud à souvent évoqué cela avec beaucoup de brio). Enfin, il me semble que la couleur devrait aussi permettre l’accès aux 60 % de livres imprimés (quand même) qui ne sont pas conçu qu'en noir et blanc.

Tout cela est un peu embryonnaire et il est encore difficile de savoir qui, du lecteur, de l’auteur, de l’éditeur ou du distributeur va y gagner ou y perdre, mais je crois que ça commence à bouger dans le bon sens.

(Rappel : commentaires toujours fermés pour la catégorie « Mes commentaires ailleurs », à discuter sur le site d'origine afin de ne pas doubler les conversations.)

Commentaire / Une photographie un peu funeste ?

Sur Histoire-Généalogie :

Concernant la personne assise en bas, à gauche, j'ai l'impression que ce n'est pas seulement sa tête qui a été détourée, mais tout son corps (même sans pouvoir zoomer, on le voit très bien le long de son côté gauche — à droite pour nous).

Pour le cas de l'abbé, dont uniquement la tête a été remplacée, cela pourrait s'expliquer par un attachement pour cet homme d'église en particulier. D'autant que si on lui imagine une moustache, on pourrait surement lui trouver quelques traits de ressemblance évidents avec votre arrière grand père, détouré en bas à gauche (regardez les yeux). Un abbé qui ne pouvait pas être là le jour de la photo, puisqu'il y a eu montage. À l'origine était probablement photographié son « remplaçant », moins connu ou apprécié de la famille, mais qui est pourtant placé au centre, peut être l'a t-on placé ici volontairement, dans le but d'un montage à venir ?

Peut être est-ce tout simplement une photo en l'hommage de l'abbé (enfin celui dont on a ajouté le visage), sur laquelle sont représentées toutes les personnes d'une même famille qu'il aurait bien connu, marié, baptisé ou enterré, au court de son exercice ? (Sachant que le visage de l'abbé, tout comme celle de l'enfant décédé, a peut être été photographié des années avant le montage.) Peut être même que cette photo a été prise le jour de l'inhumation de l'abbé et que votre arrière grand père n'ayant pu se déplacer, on avait tout de même souhaité le faire figurer sur cet hommage, d'où l'ajout détouré sur le banc, à gauche. D'ailleurs, si c'est le cas, il est fort possible que la photo ait été mise en en scène au moment de la prise de vue, dans l'optique d'un montage à suivre — en gardant de la place sur le banc pour votre arrière grand père, et en gardant également de la place à gauche du groupe, en terme de cadrage, pour insérer la vignettes des disparus.

Ce n'est qu'une hypothèse parmi d'autres possibles. La seule chose dont je suis sûr, c'est que cette image est propice à l'imagination ! Me suis bien amusé ;-)

(Rappel : commentaires toujours fermés pour la catégorie « Mes commentaires ailleurs », à discuter sur le site d'origine.)

Commentaire / Pour le Kindle et les bouquineurs électronique

Chez Francis Pisani :

« Mais certaines nouveautés commencent bien plus haut. J’en ai même trouvé une vendue plus cher le jour de sa sortie que sur papier . Il y a un mouvement de protestation des usagers pour refuser ce qui se vend à plus de 10 dollars. »

Une fois que les utilisateurs de Kindle ont payé 245 € pour s’offrir une machine à contenu propriétaire, quel pouvoir peuvent ils avoir sur le distributeur ? Sauf à s’équiper de plusieurs machines pour pouvoir faire jouer un sans blanc de concurrence, acheter un Kindle, c’est aussi, quelques part, signer un chèque en blanc à Amazon. L’argument est souvent du type « quand je voyage, j’emporte 300 livres, c’est génial », sauf qu’il faut préalablement pouvoir se les payer, les 300 livres (+ la machine). Et surtout, espérer ne pas les perdre en cas de changement de marque de machine, par exemple.
Sans oublier qu’en terme de fonctionnalités, les livres actuellement vendus par Amazon ne sont que la préhistoire du livre numérique (tout un tas de fonctions et de possibilités seront à apporter une fois que les livres numériques seront enfin lisibles confortablement sur des ordinateurs portables polyvalents, qui soient aussi conçus pour favoriser la lecture en toutes circonstances). Ainsi, on pourra enfin commencer à aller un peu au delà de l’argument gentillet du « poids économisé lorsqu’on part en vacances » pour se concentrer sur tout ce que le numérique peut apporter au contenu, en terme de valeur ajoutée (et non aux caisses d’Amazon ou de Sony).
Avis perso de simple observateur, non spécialiste de la question.

Commentaire / Steve Jobs et les readers [à propos des tablet PC]

Chez eBouquin :

Je pense que Steve Jobs a tout a fait raison : la polyvalence prime, surtout sur des machines vendues à plus de 300 € (même s'il y aura toujours quelques amateurs prêts à acheter des appareils dédiés, pour diverses raisons).

Par ailleurs, concernant la tendance prospectiviste ambiante sur les tablettes informatiques, je ne comprend toujours pas l'intérêt de supprimer le clavier d'un ordinateur portable pour le remplacer par une interface tactile. Je comprends bien l'intérêt du « tout tactile » pour un smartphone qui se doit de tenir dans une poche (dans ce cas, tactile = gain de place, gain de confort et gain en polyvalence) et qui, de par sa contrainte de taille, aura de toute façon des usages limités, mais je ne comprends pas l'intérêt du tout-tactile pour un ordinateur portable. De mon point de vue, il faudrait une machine qui propose une interaction tactile ET une interaction clavier. Pourquoi choisir entre l'un et l'autre ?

Par exemple, un Mac Air qui aurait la capacité de se moduler en tablette (avec un écran tactile et un clavier qui puisse se retourner complètement, se décrocher ou se ranger en tiroir, pour une utilisation sans table d'appui) serait à mon avis beaucoup plus intéressant qu'une simple tablette telle qu'on la rêve chez Techcrunch. En tout cas, ce qui est à peu près sûr, c'est que les gens qui achètent des ordinateurs portables seront très peu a investir en plus dans des tablettes. Et les gens qui achèteraient des tablettes ne pourraient que difficilement se passer d'un ordinateur portable. À mon avis, l'avenir de ce chaînon manquant se situe plus dans un ordinateur portable modulaire qui puisse se configurer simplement en version tablette et en version clavier, pour encore plus de polyvalence. Apple a probablement une belle carte à jouer dans ce domaine, tout comme Asus qui semble être déjà en route pour réaliser ce type de machine hybride mi tablette, mi laptop.

Concernant l'avantage d'un clavier dissocié de l'écran, j'en avait écrit quelques mots en commentaire chez Aldus.

Commentaire / Et si les jeux vidéos structuraient une nouvelle pratique de lecture ?

Chez Lorenzo Soccavo :

On pourrait également citer la vague des CDRom culturels qui ont bien marché dans la 2e moitié des années 90. Celui sur le Louvre s'était vendu à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires à travers le monde, mêlant images mais aussi voix, textes à travers une interface riche. Il y avait aussi le CDRom pour enfant, à la limite du jeu, adapté du livre « Alphabet » de Kveta Pacovska. Ou encore ce magnifique travail narratif mélangeant texte, photo, vidéo et son sur l'œuvre écrite de Jean Jacques Rousseau.

Ce ne sont que des exemples d'expériences narratives marquantes mais il y en avait beaucoup d'autres, éditées notamment par Montparnasse Multimédia ou Hyptique et qui, ma foi, ne se vendaient pas trop mal à l'époque, malgré un équipement informatique encore peu démocratisé et un prix relativement élevé. Je suis toujours assez surpris que tous ces travaux soient « oubliés » aujourd'hui lorsqu'on évoque l'avenir des livres sur support numérique, à travers des interfaces multimédia (ou hypermedia).

Jean-Louis Fréchin, directeur de création chez Montparnasse Multimedia à la grande époque, avec qui j'ai un peu travaillé, pourrait vous en parler bien mieux que moi.

Commentaire / Asus préparerait un lecteur

Chez Aldus :

Attention, d'après ce qui est écrit sur Brave a New Word, il ne faut pas considérer ce objet comme « un lecteur spécialement conçu pour la lecture de livres » avec un écran qui « qui simule un livre ». Ça va bien plus loin que cela, et ça va aussi bien plus loin que ce qu'on peut voir dans les deux vidéos que vous avez mis en lien.

Comme le précise Asus, le double écran tactile permet par exemple d'utiliser un des deux écrans comme un clavier virtuel, sur toute sa largeur. Toujours d'après Asus, l'appareil serait aussi doté de capacités qui permettraient de s'en servir pour bien d'autres choses que la lecture. Bref, il s'agit en réalité d'un notebook, sur lequel on peut lire plus confortablement. Possibilité de retourner complètement un des deux écrans, si besoin (façon tablette) ; possibilité de lire sur les deux écrans (façon double page, pour une meilleure appréhension visuelle du contenu) ; possibilité de dédier un écran pour le contenu et un écran pour un clavier virtuel, par exemples.

De mon point de vue de designer, et parce que ça fait longtemps que j'ai envie de le faire, je voudrais également insister sur l'importance d'un clavier qui ne soit pas sur le même plan que l'écran (ce qui est donc possible avec cet appareil). Lorsque le clavier (sur écran tactile ou en dur) est sur le même plan que l'écran, l'utilisateur est généralement obligé de se pencher sur l'écran pour écrire, ce qui va à l'encontre des principes élémentaires d'ergonomie. Amusez vous à écrire pendant 2 heures avec un clavier qui soit sur le même plan que l'écran et votre corps (cervicales ou bras principalement) va crier au secours. Et c'est aussi ce qui fait que les ordinateurs-tablettes, à qui l'on prédit un si brillant avenir, ne serviront au final qu'à regarder des films à faire des présentations-clients ou à dessiner (ce qui est déjà pas mal, me direz-vous). Aussi un clavier de taille un peu plus grande, devrait être plus confortable car plus adapté à la taille de nos mains (bon, avec ce que nous montre Asus, on est encore un peu petit mais c'est déjà bien mieux que ce qu'on voit sur Iphone ou sur les liseuses du marché).

Outre les questions de polyvalence d'usage, il me parait important de mettre en avant le confort qu'offre cet appareil à l'écriture car l'avenir du livre numérique est bien présenté comme read/write (annoter, partager, rechercher, communiquer, participer, réseaux, etc.) : pour tout cela, il faut pouvoir écrire confortablement — ce qui fait grandement défaut, à mon avis, aux liseuses du marché. Notons à ce sujet que l'écriture au stylet (et même au stylo, sur papier) est plus laborieuse que sur un clavier bien conçu : lorsqu'on acquière un peu de pratique, on écrit mieux et plus vite sur un clavier qu'en manuscrit. En revanche, lorsqu'on a pas de support pour poser l'appareil, c'est le stylet qui gagne, d'où l'importance d'offrir la possibilité d'écrire au stylet ET la possibilité d'écrire au clavier.

Bref, la façon dont cet appareil est présenté (polyvalent, ergonomique à l'écriture, adapté à un multitude de scénarii, modulable) correspond à peu près exactement à ce que j'imaginais dans un billet que j'avais écrit sur le sujet.
Non pas une liseuse, mais un « notebook » (un petit ordinateur portable quoi) modulable qui soit mieux adapté à la lecture et à l'écriture dans un maximum de contextes (pas seulement au bureau et pas seulement dans le métro).
Après, c'est toujours la même histoire : il faut voir le prix… Mais je pense franchement que ce type d'appareil pourrait toucher un public très large, et par là même favoriser la lecture des livres numériques.

Édit : un autre exemple de ce à quoi pourrait servir ce notebook décidément très prometteur.

Commentaire / 2009, année ebooktique

Sur Aldus 2006 :

« La plupart des experts conviennent que la popularité Ebook-sales croissante des livres électroniques est entièrement dû aux dernières innovations en matière de e-paper. »

Il faut absolument signaler à ces spécialistes (qui travaillent souvent pour les industries dont ils vantent les mérites ou la « réussite » commerciale) que des centaines de millions de personnes n'ont pas attendu le e-paper pour passer 8 heures par jour à lire, écrire et travailler sur des écrans d'ordinateur.
Faire croire que ce sont les « nouvelles » technologies e-paper (et par là même, les liseuses) qui portent ou porteront le marché du livre électronique, ça arrange bien les industriels qui les commercialisent mais ça me parait quelque peu trompeur ; voire contre productif pour ceux qui essaient de promouvoir les livres numériques (le contenu livre, pas l'appareil de lecture). Des livres dont, à mon avis, l'usage se démocratisera (réellement) lorsque le public saura qu'il peut les lire sur n'importe quel type d'ordinateurs (de préférence, ceux qui lui sont d'une plus grande utilité qu'une simple liseuse) ; et lorsque les fonctionnalités potentielles propres au support numérique se seront d'avantage développées. Au sujet du potentiel fonctionnel, relire la très riche synthèse d'Hubert Guillaud

Commentaire / Pourquoi les journaux, ça ne fonctionne pas en ligne ?

Chez Narvic :

Il y a aussi quelque chose qui pourrait être intéressant : savoir combien de personnes lisent régulièrement les sites d’information en France. Quel est réellement le potentiel. Par exemple, un sondage qui poserait cette simple question à un panel étudié : « Lisez vous au moins une fois par semaine un article en entier sur un site d’information » (blogs & sites de presse confondus, du moment qu’ils sont liés à l’info). Peut être qu’on arriverait même pas à un million — qui suivent généralement plusieurs sites par jour. Le reste étant des visiteurs furtifs et/ou très occasionnels, arrivés en suivant une requête Google ou pour suivre une actu plus importante que les autres, 2-3 fois dans l’année.
Un tel chiffre pourrait être plus intéressant que les nombres de visiteurs cumulés ; les pourcentages d’évolution d’audience d’une année à l’autre ; et autres sondages du type « avez-vous consulté un site de presse cette année ? », qui outre le fait de caresser les annonceurs dans le sens du poil, ne sont pas forcément représentatifs de la réalité.

Commentaire / Le logo de Pôle emploi, 500 000 euros !

Chez Étienne Mineur :

« J’aimerai bien connaître les arguments de l’agence durant l’audit (si il existe), permettant de justifier même 10% de cette somme. »

La conception, la fabrication, la livraison et la pose de tous les panneaux d'enseigne (plusieurs types différents par agences), par exemple. Je suis prêt à mettre ma main au feu que ces 500 000 euros sont le prix d'un « pack global », c'est dire qu'ils ne concernent pas simplement la phase de conception, mais aussi et surtout, toute la phase de fabrication, de livraison et de mise en œuvre des éléments constitutifs de l'identité visuelle (enseignes, archi intérieure des agences, papetrie, internet, pins parlants ou je ne sais quoi… mais il doit y avoir du boulot). Attention à ne pas tirer trop vite sur l'ambulance ;-)

[ 2e commentaire ] Rien que ce qui concerne le papier : s'il faut réaliser, imprimer, façonner et livrer, dans un grand nombre de lieux différents, des milliers de cartes de visite, des tonnes de formulaires de toutes sortes, des blocs notes, des entêtes de lettres, des brochures d'info, des affiches didactiques et tout le tralala — en plus de la conception pure de la charte — ça justifie déjà une très grosse partie de cette somme (qui me parait, à la limite, peu élevée si elle devait englober également la fabrication, la livraison et la pose des éléments « 3D » — par rapport à ce qu'à coûté le renouvèlement global de l'identité de l'ANPE).

[3e commentaire] Aussi, il nous faudrait relativiser les choses : 500 000 euros, c'est une somme, ok. Mais ce doit être un peu plus du prix moyen que doivent coûter les locaux d'une seule agence (achat ou construction des locaux + aménagement + matos). Pour se donner un ordre d'idée, je crois que l'ANPE comptait à peu près un millier d'agences dans tout le pays. Ce n'est pas une raison me direz-vous, mais je veux dire par là que lorsque qu'il s'agit de payer des architectes et des maçons pour construire du « dur », l'opinion publique ne moufte pas, et lorsque c'est pour payer des designers, des chefs de fab, des imprimeurs, et autres acteurs de la chaîne du design, personne ne comprend, comme si le design d'identité, c'était juste question de faire un logo sur une feuille A4, fait en 10 minutes. Que le journaliste de Marianne qui a écrit l'article mentionné par Étienne n'y connaisse rien en design, je peux comprendre, mais nous, qui sommes de la partie, ne devrions nous pas tenter d'expliquer, voire défendre les tarifs pratiqués pour ce type de projet (qui font, je le rappelle, l'objet d'un appel d'offres) auprès du grand public, plutôt que de participer à la curée ? Si demain, une de ces agences vous contacte pour assurer la direction artistique d'un tel projet, vous répondrez quoi si l'on vous dit que le budget est trop serré et qu'elle ne peut vous payer le tarif que vous lui avez devisé ? Oui, je le sais déjà : vous lui répondrez d'aller se faire mettre ;-) Mais au fond, je pense qu'on ne va pas forcément dans le bon sens en sciant une branche de notre arbre sur laquelle sont posés des plus gros oiseaux que nous. Attention, je ne prêche pas le corporatisme aveugle, mais à mon avis, il y a un besoin de chercher et d'expliquer ce à quoi ce prix correspond réellement, dans l'intérêt de tous. Au delà du budget, pour ce qui concerne la qualité graphique, il faudrait voir également comment s'est déroulé le projet : décideurs, pistes rejetées, partis pris, process, etc. Le graphisme du logo ne vole pas très haut, certes, mais est-ce forcément la faute des graphistes ou même de l'agence qui travaillaient sur le projet ? Peut être que oui, peut être que non, je ne sais pas. (Voilà, j'arrête, désolé pour le spam ;-)

Commentaire / Forums de discussion : "On essaie d'intéresser les journalistes, mais ça ne marche pas"

Sur Media Trend :

« (…) une des propositions fortes de leur contrat de participation: la volonté d'en faire une interface entre les libénautes et les membres du journal. »

Je pense qu'il n'est pas très étonnant que les journalistes ne discutent pas avec leur lecteurs sur un forum puisque l'outil n'est pas conçu pour cela. Les forums sont conçus pour créer un rassemblement communautaire autour d'une thématique, c'est à dire pour que les utilisateurs puissent discuter entre eux, librement. Quelle que soit la thématique, on ne poste pas sur un forum pour discuter uniquement avec ses modérateurs (et/ou avec quelques journalistes, dans le cas d'un site de presse). Les gens qui utilisent régulièrement les forums le font pour discuter (potentiellement) avec tous les utilisateurs, sans rapport hiérarchique entre eux, professionnels ou amateurs, et c'est d'ailleurs ce qui fait une grande part de l'intérêt de cet outil. À la différence d'un fil de commentaires de blog ou d'article qui est davantage conçu pour que les lecteurs s'expriment sur un contenu précis, écrit par un auteur en particulier, en suivant le rythme et le cadre de publication de ce dernier (plus dans un esprit « courrier des lecteurs »). En revanche, je pense qu'il serait bon d'avoir au moins un journaliste dédié qui puisse suivre le contenu des forums (sans forcément participer) et faire ainsi remonter à la rédaction des infos, des sujets ou des messages forts qui y sont transmis. Ça me parait le minimum. Lorsque je regarde les forums de sites de presse, j'ai trop souvent l'impression de zones-poubelles, où l'on jette en pâture quelques sujets un peu trop sensibles aux trolls qui risqueraient de polluer les commentaires d'articles qui devraient absolument rester bien propres. Je trouve cela dommage car ces forums et leurs utilisateurs pourraient être bien mieux valorisés, dans l'intérêt du journal ET de ses lecteurs.

À mon avis, si l'on veut créer une meilleure activité sur les forums de sites de presse, il faut laisser plus de liberté aux utilisateurs, comme par exemple, leur laisser ouvrir de nouveaux topics, ou encore déléguer la modération à quelques volontaires fidèles et fiables — en échange d'un abonnement gratuit par exemple. Tout en ayant comme cadre des thématiques de sous forums un peu plus sujettes à la discussion constructive et à l'entraide, autour de différents centres d'intérêts qui peuvent tourner autour de l'information : on peut imaginer par exemple des rubriques Histoire, finance, immobilier, sport, bons plans, emploi, ou je ne sais quoi. Des thématiques un peu moins orientées actualité pure et dure (les réactions en commentaires d'articles sont déjà là pour cela) qui sont particulièrement sensibles aux guéguerres de militants bornés. Par exemple, éviter absolument des sujet de type « Israel-Palestine, qu'en pensez vous ? », qui sont assez suicidaires sur un forum, alors qu'on peut les cadrer plus facilement sur un fil de commentaires — fil qui peut éventuellement être fermé sur quelques articles précis en cas de dérapage ou de sujet trop sensible. Faire de ces forums des lieux ou les lecteurs peuvent apprendre à se connaître et à s'apprécier pour d'autres qualités que leurs opinions politiques ou religieuses. Bref, utiliser les forums pour créer un esprit de communauté qui fidélise les utilisateurs autour d'un site (et non une zone-poubelle pour éloigner les trolls des commentaires d'article).

Je pense que les forums peuvent aussi apporter beaucoup sur le plan de l'actualité locale (d'une ville ou d'une zone géographique) : échange de bons plans entre utilisateurs, actu locale, sorties, sport, emploi, rencontres, etc. Et encore une fois, tout cela peut fonctionner « tout seul », avec quelques modérateurs (volontaires et bénévoles). Un exemple à Marseille : http://www.marseilleforum.com/forum/

Enfin, au fil des modes, on a souvent parlé de « l'essoufflement » des forums par rapports aux autres formes de sites orientés discussion. Je ne suis vraiment pas sûr de cela. Personne ne connais les chiffres d'audience des uns et des autres dans leur totalité mais en nombre de participations, je suis persuadé que les forums (même moins nombreux) sont biens plus actifs que les blogs ou que n'importe quel autre site de discussion. Rien qu'un Doctissimo tourne à 200 000 messages / jours. Pour le fun, on peut aussi tenter une petite observation sémantique : http://www.google.fr/trends?q=blog%2C+forum
À mon avis, les forums sont moins médiatisés, ils sont moins nombreux, ils sont plus renfermés sur eux mêmes (peu d'échanges de liens entre forums), mais attirent au moins autant de fidèles que les blogs, les chats ou autres. Le potentiel est toujours là en tout cas.

Je précise que j'ai également étudié le sujet des forums l'an passé. Je me permet un lien, pour ceux que le sujet intéresse : http://www.ouinon.net/index.php?2008/07/16/357-cartographie-forums-francophones

Et bien entendu, tout cela n'est que mon avis.