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Carto blogosphérique : idées nouvelles

J'y réfléchis toujours. Pour faire suite à mon précédent billet sur le sujet, je pense qu'il serait intéressant pour la prochaine édition de la cartographie, d'avoir plusieurs niveaux de représentation, quitte à complexifier le graphisme de la carte. Trouver un système de hiérarchisation et de représentation pour indiquer pour chaque blog sélectionné à la fois le nombre de visiteurs uniques (enfin, pour ceux qui accepteront le jouer le jeu), l'autorité et le nombre de commentaires. Ceci en donnant plus d'importance graphique à ceux qui ont joué le jeux de m'ouvrir leurs stats (par mot de passe ou par photo d'écran), en appliquant un coefficient qui agrandirait la superficie du « pays » du blog concerné par exemple. De toute façon, faire en sorte que les données commentaires, autorité et stats soient visibles en chiffres, pour chaque blog présent sur la carte, en plus de son nom et de son pays. Ainsi, si certains le souhaitent, il sera possible de se détacher de la représentation visuelle pour ne s'en tenir qu'au chiffres. Si un blogueur a refusé de me montrer ses stats, cela sera indiqué dans ces chiffres et libre aux lecteurs d'en tirer leurs conclusions. La carte sera un peu plus complexe à lire mais au moins, la complémentarité des méthodes de mesure jouera à plein. Cela me permettra aussi de mettre en valeurs, par des systèmes de hachure par exemple, les blogs qui sont les plus favorisés par les liens, ceux qui sont les plus favorisés par les commentaires et plusieurs autres recoupement de données. Bref, ce devrait être un joyeux bordel à organiser et à concevoir graphiquement mais ce devrait être plus intéressant. D'autant que cela sera en plus de la représentation des thématiques et des flux de lecteurs, bien entendu.

Désolé, ce billet n'est pas très facile à déchiffrer… j'ai toujours autant de mal à parler de ce projet plus simplement. Il faut que je m'embrouille dans les détails, c'est plus fort que moi ;-)

J'en profite pour signaler la publication mardi dernier dans Libé des réponses à la question « C'est quoi un blog » (dont la mienne), accompagné d'un détail de la carto. Par Astrid Girardeau. À voir en haute définition chez Pénélope Jolicœur. Un des blogs de filles dont ma compagne est devenue accroc après l'avoir découvert sur la dernière carto ;-)

Commentaire / La Controverse a du bon

Chez Gonzague Dambricourt :

« Certaines personnes décrivent l’odeur de la truffe comme étant similaire à celle de sous-vêtements pas lavés. Elle possède une forte odeur âpre et soit vous l’aimez soit vous la détestez. »

Quand on la déteste, on en mange pas. Les néerlandais sont vraiment nuls en gastronomie ;-)
La critique est ce qui permet de faire le plus parler, réagir, rebondir, que ce soit dans le « J'accuse » de Zola d'il y a un siècle ou dans Techcrunch la semaine dernière — pas vraiment une découverte.
En revanche, il me semble que la critique et plus généralement la controverse, sont en passe de devenir le vecteur de buzz principal pour faire connaitre une application ou un site internet : par exemple plus on critique Facebook sur le net ou dans les médias, plus on le fait connaitre auprès du grand public et plus ça marche. Si vous publiez un billet « Facebook c'est super », tout le monde s'en moquera ; si vous publiez un « pourquoi je ne crois plus en Facebook », ça fera le tour du web et ça contribuera à installer la très récente marque « Facebook » mieux que n'importe quelle campagne de pub à grand frais. Ce n'est qu'un exemple. On a vu récemment ce cas de figure avec Seesmic et un petit blogueur américain qui a dû exploser son audience habituelle avec un simple podcast débile. Jamais on a autant parlé de Seesmic sur le web et c'est sans doute très bon pour faire connaitre la « marque », pour montrer à ceux qui ne connaissent pas encore que c'est un futur gros site.
Je ne sais pas si ce rapport à la critique se vérifie dans tous les médias mais en tout cas, ça ne vaut pas pour les produits de consommation pour lesquels la moindre critique médiatisée est plutôt ravageuse en terme de vente.
Il me semble que la controverse n'avantage que ce qui est d'accès « gratuit ».
Bon, je divague un peu…

Les assos de quartiers réagissent vivement au prémices du plan antiglandouilles de Fadela Amara

Pour faire suite à mon récent billet sur le plan anti glandouille de Fadela Amara, je relaie un article de Libé de Stéphanie Binet, paru aujourd'hui sur le sujet. Extraits :

« Les déclarations de Fadela Amara ne présagent rien de bon, s’inquiète Fatima Hani, secrétaire nationale d’AC le feu, nous voulons en savoir plus sur les financements de ce plan. Pour l’instant, c’est l’opacité. Et puis on se retrouve aujourd’hui avec quelqu’un qui nous parle d’ennui, alors que c’est une des mille conséquences des problèmes des quartiers. Il y a urgence à prendre les problématiques dans leur ensemble. »

« A Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne), qui a connu des émeutes en 1997 après la mort d’un adolescent tué par un policier, on accorde aussi peu de crédit au prochain plan banlieue : «Comment voulez-vous qu’il en soit autrement, s’amuse Samir, porte-parole de l’association Bouge qui bouge, quand on entend que notre problème numéro 1, c’est l’ennui. On se fout de nous. A la limite, on ne demande rien, on exige, en tant que citoyens français, d’avoir les mêmes droits que tout le monde.» »


J'avais posté mon billet quelques heures après la conférence de presse de Fadela Amara, à chaud, et avait un peu peur de manquer de recul, d'autant que peu de journaux avaient relayé l'info. Une semaine plus tard, les réactions des principales assos qui agissent dans les quartiers sensibles me rassurent. Ça bouge encore dans les cités :-) Notons au passage qu'une délégation de l'association AC le feu avait passé 6 mois en 2006 à parcourir la France pour recueillir les doléances de jeunes de quartiers sensibles… leur travail n'a pas été pris en compte pour l'élaboration du plan de Fadela Amara qui a préféré se tourner vers les réactions de son Skyblog. Bien sûr, le plan n'étant pas encore rendu public, rien n'est encore officiel mais c'est bien de pouvoir réagir avant que ce le soit.

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Pendant que j'y suis, je signale ce billet d'Étienne Mineur ;-)

Un billet pour ne rien dire

Je dispose d'une collection de télé7jours de Noël (ouais, ouais, je sais, c'est débile) et d'une petite collection de catalogues de jouets 70/80.
Je voulais faire un billet spécial nostalgie avec un petite sélection de pages poussiéreuses mais je m'aperçois que ce n'est pas spécialement fun à poster dans le cadre d'un blog. Ces imprimés sont agréables à feuilleter dans un fauteuil, avec une boîte d'oursons en chocolat à proximité, mais peu d'intérêt à scanner une page par ci par là pour le publier en ligne (et trop laborieux de tout scanner). Je pourrais me contenter de scanner des petits catalogues spécialisés par marques mais il y a déjà beaucoup de cela sur le net. Donc, rien.

Édit :
Mpfff… bon allez, quelques scans vite faits ! Deux pages d'un catalogue Playmobil de 85 sur lesquels j'ai longtemps fantasmé ; et trois pages d'un catalogue Mattel qui doit dater de 80 ou 81, avec des jouets qui me semblent mythiques (peut-être parce que mes copains les avaient ? ;-) La seule chose que j'ai eu dans ces pages, c'est le Goldorak dans sa soucoupe, un jouet dont j'étais fou ! (réédité depuis à prix d’or).
Vous pouvez cliquer sur ces images pour les voir en grand.







Bon, tout cela n'a effectivement pas d'intérêt spécifique et ne touchera, au mieux, que quelques nostalgeek de mon âge arrivés ici par hasard. En revanche, si quelqu'un recherche désespérément la photo d'un jouet de cette époque, je peux éventuellement jeter un œil dans la limite de mes disponibilités.

Petit mollusque tropical

En pleine période de charrette côté pro, je n'ai découvert qu'hier soir la question que m'avait envoyée par mail Astrid Girardeau « C’est quoi pour vous un blog ». J'ai quand même répondu et ma réponse a été ajoutée à celle des 22 autres blogueurs interrogés, après publication du billet. Sympa ! Ça se passe sur le site Écrans. Je suis assez surpris par le sérieux de la majorité des réponses. La mienne a été très spontanée, c'est le moins que l'on puisse dire !

Un plan anti-glandouille pour les jeunes de banlieues, ou la démocratie participative version Skyblog



Un article du monde relaie une conférence de presse ou Fadela Amara à mis en avant le fait que beaucoup des 11 000 commentaires de son SkyBlog évoquent l'ennui des jeunes habitant les cités :

« "Le manque d'activités est l'une des principales préoccupations", et "l'expression d'un ennui quotidien va souvent de pair avec une forte demande d'équipements sportifs", note dans son rapport Sébastien Roché, sociologue chargé d'éplucher les commentaires (…) ».

« L’emploi, les discriminations, l’action de la police sont des thèmes peu abordés et le logement n’est quasiment pas mentionné. » peut on lire sur le site du Premier ministre, toujours à propos des commentaires du Skyblog.

Ça m'embête de revenir là-dessus car je n'ai pas envie que ce blog devienne un « blog de banlieue », et encore moins envie de passer pour le réac de service mais je dois avouer que la lecture de ces articles me laisse perplexe. L'ennui des jeunes, c'est un peu le vieux poncif que nous servaient les vedettes ex-banlieusardes dans les talk-show des années 90 pour tenter de justifier les dérapages de jeunes dans les cités sensibles, sans trop se mouiller. Il me semblait que cette mode était passée et qu'on allait enfin arrêter d'écouter les petites envies des ados, aussi perturbés soient-ils, pour se concentrer sur des choses un peu moins visibles évoquées ici par exemple. Et nous y revoila.
Parler d'ennui dans des quartiers majoritairement situés dans de grandes agglomérations, bénéficiant de moyens de transport (métro, RER, bus, train) plus importants que sur le reste du territoire, des quartiers ou chaque jeune connais des centaines d'autres jeunes à moins de un kilomètres de chez lui, je trouve cela relativement indécent par rapport à ceux qui vivent dans les coins autrement plus paumés du territoire français, ou même par rapport à nos ainés qui n'avaient pas forcément un terrain de basket à proximité pour s'occuper le weekend. Ce ne sont pas les avis de tous ces internautes que je remets en cause : si l'on demande l'avis de ce qui pourrait améliorer ses conditions de vie (d'un point de vu collectif) à n'importe quel ado, de Sarcelle à Trifouillis-les-oies, il vous parlera d'ennui, ça me parait assez logique.
« Du pain et des jeux », comme on dit… on se demanderait presque pourquoi les différents gouvernements qui se sont succédés n'ont pas encore envoyé une Gameboy à tous les 10-15 ans de quartiers sensibles.

Trêve d'ironie mal placée, je voudrais juste écrire qu'à mon avis, le divertissement est un plus, un bonus, quelque chose qui ne peut que faire plaisir à ces jeunes et de belles images pour les médias, certes, mais que cela ne doit pas être considéré comme un médicament pour soigner « les problèmes des banlieues », tout au plus un pansement à changer chaque année. Ne nous trompons pas de combat juste pour donner l'illusion d'apporter quelque chose de concret, tout de suite, à l'opinion. Si avant de parler joujou on pouvait commencer par concentrer un maximum de crédits pour faire respecter l'égalité des chances, ce serait déjà bien beau. Si l'on pouvait un peu plus valoriser les « gens normaux » des cités, des héros qui se lèvent depuis 20 ans pour gagner un Smic familial jusqu'aux créateurs d'enterprise, plutôt que les Zizou et les Tony Parker, ce serait pas mal non plus en terme de repères pour les jeunes (je ne parle pas forcément en terme d'exemple à suivre absolument mais simplement de valeurs). Bref, je me doute bien que le plan de « sauvetage » des banlieues de Fadela Amara, qui sera présenté le 22 janvier, ira au delà mais je ne vois pas ce que l'ennui des jeunes viendrait y faire.

Désolé pour ce billet politico-avisperso-reaco-pseudoengagé peut-être un peu trop spontané.

Anti fermeture facile

Alain Korkos : « Oui, après trois ans, pas loin de six cents billets et environ sept mille images publiées, j'arrête. Autant par lassitude, que contraint par un emploi du temps démentiel. Peut-être reprendrai-je à partir du mois de mai prochain, ou peut-être pas. Merci de m'avoir lu. »

M Lechieur (en accès restreint) : « Décembre, c'était déjà le mois de la merde, celui où l'on caille, celui où les chaudières tombent toujours en panne, celui où je prends un an de plus, celui où ça fait chier de ne plus s'émerveiller devant les zoulies lumières de Noyel, celui où on s'aperçoit qu'on a vraiment passé une année pourrie, celui où l'on compte les morts qui ne boufferont plus jamais la dinde avec ceux qui restent, tout ça... Mais alors là, c'est le pompon.
Puisque c'est ça, je ferme mon blog[1] en signe de protestation. [1] Ne riez pas, bande de sots, je suis sérieux. »

Oh les gars !? En une semaine, un dixième de mes flux RSS menacé de fermeture, faites chier !
Plus sérieusement, m'étant moi même refusé pendant des années à créer mon propre blog, je comprends bien la lassitude, la « difficulté », la petite pression qu'il y a à entretenir un blog, à l'arroser de temps en temps et à tailler les branches. Pourtant, je ne peux m'empêcher d'espérer qu’il s'agit d'un blues passager et que KA et Lechieur vont rester en ligne encore quelques années.
Mon rapport aux blogs est est assez égoïste : je pourrais facilement me passer d'écrire ici mais je refuse de voir « partir » ceux que j'apprécie (même si je ne peux pas les suivre tous les jours). Faut-il insister ? se résigner respectablement ? se persuader que le manque de temps ou d'envie des blogueurs las sont le fruit d'une bonne cause ? Comment reprocher à un Alain Korkos, qui depuis 3 ans a sans doute plus apporté aux amateurs d'art et de graphisme que la plupart des maisons d'édition spécialisées, quasiment sans rien gagner, de vouloir raccrocher ? Et qu'on ne me parle pas de « fin de cycle », de « la fin des blogs », de « c'était mieux avant » et autres paroles d'évangile : je parle bien d'expression écrite sur un support de diffusion (en ligne) et non de l'outil blog en tant que tel.
Je suis triste, mais quand même plein d'espoir de relire ces deux doux dingues très prochainement !

PS : le titre est une joke en rapport avec le défunt blog Anti ouverture facile de monsieur KA ;-)

Une semaine de maintenance informatique



Ouf ! Deux nouveaux iMac 24" sont venus relever cette semaine nos vieilles machines de travail + une borne Airport Extreme pour avoir un réseau un peu plus souple et étendu qu’avec notre vieux modem-routeur Netgear Ethernet. Comme la borne Airport ne fait pas modem, j'en ai profité pour utiliser une Freebox reçue il y a deux ans et qui n'avait pas encore servie. Je n'ai jamais été l'ami des ordinateur tout-en-un, préférant les tours plus évolutives et souvent plus puissantes. L'habitude d'accumuler ou d'échanger les disques durs en cas de limite ou de crash. Mais notre budget ne permettant pas l'achat de 2 tours + 2 écrans de qualité, nous nous sommes retranché sur les iMac 24 en version « pro » (2Go de ram, 500 Go de DD, Intel Core 2 Duo Extreme 2,8 GHz) qui présentent un bon compromis.

Il est toujours assez laborieux de transférer les données sur de nouvelles machines, surtout lorsque l'on procède « à la main », histoire d'en profiter pour faire un peu de rangement et de sauvegarde. Le pire, comme d'habitude, a été l'installation du nouveau réseau internet. Depuis mon premier Olitec Wanadoo de 1998 (la boite petite carrée bleues toute légère), ça fait 4 ou 5 fois que je m'y colle et malgré les systématiques mentions d'installation facile, je constate que c'est toujours autant le bordel… un peu comme les emballages à « ouverture facile » en quelque sorte. Cette fois-ci, c'était une interférence avec la Freebox d'un voisin qui m'a posé un problème de compatibilité de mode radio entre mes machines, ainsi qu'un problème de portée (le premier jour, je ne captais même pas dans la pièce d'à côté avec mon PowerBook !). Heureusement, le support téléphonique d'Apple (gratuit et illimité dans les 90 jours qui suivent un achat de machine) a été ultra compétent et le problème fut réglé hier matin en une heure – le service, c'est aussi ce qui fait la qualité d'une marque. Même notre Wii est enfin connecté au net.

Côté confort, je suis directement passé d'un 17" à un 24", ce qui demande une petite adaptation, y compris au niveau des yeux. Idem pour le clavier plat avec lequel je n'ai pas encore mes habitudes. Mais quand on est graphiste, c'est quand même le pied de pouvoir bosser sur un écran qui est plus grand qu'un A3 ! Côté photo, je peux enfin développer du Raw confortablement, ce qui était laborieux, voire impossible, avec mon vieux G4.

Notre atelier ne ressemble pas encore à celui de David Lightman dans Wargames (rhaa, Wargames…) ou a celui de Richie Adler dans Les petites génies (snif), mais on y est presque !

les petits genies - Jubii TV
les petits genies - Jubii TV

Tentative de corruption



Un blogueur anonyme à essayé d'acheter sa place dans la cartographie subjective de la blogosphère en m'envoyant son livre dédicacé. Je me devais de le dénoncer publiquement ;-)

Souvenir d'un Noël

1983, j'avais 8 ans. Je me souviens avoir désiré ardemment pour ce Noël la console CBS Colecovision, dont la publicité avait quelques mois auparavant envahi les écrans de la télévision française. De condition modeste, mon père m'avait très vite fait comprendre, à juste titre, que son salaire n'étais pas beaucoup plus élevé que le prix de la console. Retour sur terre. Noël, c'est le rêve, mais pas trop quand même.
Je me rabattis alors vers le flipper en plastique « Astro Shooter », qui devait couter dans les 200 F de l'époque, un beau cadeau déjà, que je n'étais pas du tout sûr d'obtenir. Notons que ce jouet se vend encore aujourd'hui ! La photo est d'ailleurs toujours aussi trompeuse puisqu'en réalité, le jouet ne mesure qu’une trentaine de centimètres de côté.

Longue attente jusqu'au jour du réveillon. Chez nous, cela se faisait à minuit. Parents, grands parents maternels, oncle et tante paternels dinaient pendant que ma sœur et moi étions sensés dormir jusqu'à minuit. Bien entendu, l'excitation était si grande qu'il nous était généralement impossible de fermer les yeux. Enfin retentit la sonnerie du vieux réveil mécanique que mes parents nous prêtaient pour l'occasion. Ouf !
La mise en scène était toujours la même : la famille était planquée dans la chambre de mes parents pour faire croire à ma petite sœur qu'eux aussi venaient de se réveiller. Toutes lumières éteintes, seules la guirlande lumineuse du sapin éclairait les cadeaux éparpillés dans la pénombre. Un étonnement simulés des adultes finissait de nous confirmer que le père Noël venait de passer.
M'attendant naïvement à un flipper aussi grand que ceux des cafés (j'aimais bien aller dans les cafés), je me souviens avoir été déçu de la taille de mon paquet. Pourtant, le papier arraché allait révéler une boite gris-métallique que je n'oublierai jamais, celle de la console CBS que je n'espérais plus depuis longtemps. C'est la seule et unique fois de ma vie ou j'ai pleuré de joie, enfin juste quelques pincements de lèvres mal maitrisés car du haut des mes huit ans, j'étais déjà un homme, moâ ! Je pense que toute la famille avait participé et avec le recul, je me dis que malgré le sacrifice, mon père avait bien joué le coup puisque lui aussi devint très vite accroc à la console. Si ça se trouve, il la souhaitait presque autant que moi cette console, le bougre !
Après quelques minutes de déballage soigneux et méthodique (déjà un réflex de geek !), le réveillon était terminé pour moi qui plongeai immédiatement dans la toute première version de Donkey Kong, livrée avec la bête. J'avais même eu en plus le jeu Zaxxon, aujourd'hui bien connu des historiens du jeu vidéo pour avoir été le premier à simuler la 3D. Mon grand père a lui aussi décroché pour passer les 6 heures qui suivirent à jouer avec moi. Quelque chose d'inoubliable s'était passé ce soir là, un gorille et un vaisseau spatial venaient de rentrer chez nous.

Idée, discussion pour la 3e version de la cartographie blogosphèrique

Ce n'est vraiment pas pour tout de suite mais je commence déjà à y réfléchir.

Les classements relatifs aux blogs, y compris le mien sont critiqués et c'est normal puisqu'ils ne sont jamais totalement fiables. Leur complémentarité reste intéressante. Le mien est peut-être même le moins fiable de tous (?) mais il a au moins le mérite d'avoir mis sur le devant de scène des blogs à forte activité (BD, filles, jeunes, grands médias) « oubliés » des classements par liens qui font autorité depuis plusieurs années au profit des blogs plus « Technoratistes ». Bref, passons.

Ce billet pour discuter d'une idée de sélection des blogs qui figureront sur la 3e édition de la carto. L'idée est tout simplement de profiter de mon indépendance et de la petite notoriété de la précédente édition pour tout simplement interroger un certain nombre de blogueurs pré-sélectionné (500-700) sur leur nombre de visiteurs, afin de mieux sélectionner et représenter les 200 blogs à cartographier.
Plusieurs problèmes se posent et j'aimerais que ceux que le sujet intéressent puissent d'ores et déjà me donner leur avis sur la question :

1 - la pré-sélection :
Gros boulot de fouille, comme pour la V2. L'intérêt est pour moi d'aller chercher les blogs à forte activité, de toutes plateformes et de tous pays, étant lus par peu de lecteurs-blogueurs, et qui par conséquent ne sont pas favorisés par le nombre de liens entrants (seuls les blogueurs peuvent faire des liens -> plus un blog est lu par des blogueurs (influents) mieux il est classé). Bon, je l'ai déjà fait une fois, je sais que c'est faisable ;-) Cela-dit, j'inclurai dans cette pré-sélection les 200 premiers les plus récurrents des classements généraux de Wikio pour faire jouer la complémentarité des méthodes et pour pénaliser le moins de monde possible.

2 - la participation des pré-sélectionnés :
Combien joueront le jeu ? Puisque à peu près tous s'accordent à dire qu’aucun classement n'est 100 % fiable, j'imagine qu'à peu près tous participeront avec plaisir à une représentation de notre petit monde qui, pour le coup, pourrait être plus réaliste qu'elle ne l'a jamais été ;-) Bon, en réalité, ce sera forcément plus difficile… gros travail de contact et de diplomatie en perspective. Il va aussi falloir informer les militants anti-classements que le but est de faire une carte pour aider les lecteurs et non un classement nombriliste pour faire mousser les blogueurs.
Pour le coup, si je contacte tous ces blogueurs, pendant que j'y suis, il serait peut-être intéressant que je demande à chacun ses blogs préférés pour les intégrer sur la carte en tant que « villes » (vieille idée évoquée lors de la V1 puis avortée sur la V2). Cela ajouterait un niveau de lecture par la qualité, sous forme de « cooptation ». Toujours plus intéressant pour le lecteur qui cherche à s'orienter, à découvrir ou à mieux comprendre le monde des blogs.

3 - la fiabilité des données :
Confusions entre visites, visiteurs/jour, visiteurs uniques absolus, outils de mesures différents, exagérations des chiffres dans un cas sur deux… Il va me falloir trouver une méthode d'authentification simple et efficace pour que la récolte des données directement auprès des blogueurs garde son intérêt. Par exemple, une photo d'écran que je sois capable d'authentifier à la loupe et qui ne prenne pas 3 heures à faire côté blogueurs (si je demande à chacun de me filer ses codes d'accès ou de me créer un compte utilisateur, je pense que ça ne passera pas ;-). Il faut que je cogite cela.

D'un point de vue production, il y a aussi une ou deux possibilités de collaborations sympas pour cette future éditions mais on aura encore largement le temps de parler de cela ;-)

Merci mon lieutenant !



J’ai remarqué que 26 personnes sont arrivées sur ce blog en utilisant la combinaison de mots-clef « lieutenant Masson » dans Google (cf. ce billet). On va bientôt avoir assez de grands malades pour monter un fan club officiel !

Sinon, parmi les 100 premiers mots-clef qui ont mené à ce blog depuis sa naissance, peu d'occurrences débiles. Je note surtout 21 personnes qui sont arrivée là par « plan boulot en argentine » et 10 par « miss Bourgogne 2008 »… les gars n'ont pas dûs être déçus ;-)

Commentaire / Finalement…

Sur Embruns

En ce qui me concerne, je peux très facilement me passer d'écrire sur mon blog mais difficilement me passer de lire celui des autres !

Villiers-le-Bel, une semaine (avant et) après



On va être un petit peu plus sérieux pour une fois. Une semaine après les violences urbaines qui ont eu lieu à Villiers-le-Bel, je me suis décidé à donner mon point de vue sur le « problème des banlieues ». Le sujet est complexe et glissant. J'ai bien conscience que le simple fait d'essayer d’en faire une synthèse peut me faire passer pour un grand naïf et ça fait déjà quelques jours que le brouillon de ce billet traine dans le BackOffice de ce blog, sans trop savoir si j'aurai toujours l'envie de le publier. Mon intérêt pour le sujet tient à mon parcours personnel (pour aller vite, sans en faire des caisses, disons que j’ai quelques années de terrain + une petite expérience en milieu associatif local pour la défense des immigrés). En outre, j’avais déjà effleuré le sujet à deux reprises sur ce blog ici et .

Sans la moindre prétention de détenir la vérité, je propose juste de donner mon avis personnel sur la question. Essayer aussi de résumer et d'expliquer simplement ce que je peux, lorsque c'est possible. De la récupération commerciale à la récupération politique des banlieues, en passant par la discrimination et la délinquance, j'ai essayé de brosser un portrait de la situation, à ma manière.


La banlieue, ça rapporte !
Rap engragé, cinéma, « reportages-choc », livres, séries télévisées, publicité, débats en tous genres : en quelques années la banlieue est devenue l’un des phénomènes marketing les plus vendeurs de notre société du spectacle. Ajoutez-y une pincée de « flics », saupoudrez de faits-divers de temps en temps, maintenez le tout en ébullition et consommez dès que vous avez besoin de vendre du papier, des entrées, des bulletins de vote, des baskets ou de l’audimat. Succès assuré !
À côté de cela, la réalité de la très grande majorité dans habitants des banlieues et plus précisément, des cités, est bien plus banale, bien moins vendeuse. Par conséquent, on ne la voit pas.

La police : faux problème mais éternel enjeu politique
C’est généralement la monnaie d’échange des politiques pour ce qui concerne le terrain des banlieues. « Proximité », nombre, moyens, moral, conditions de travail, répression, prévention, sécurité, matches-de-Basket : autant de mots-clefs bien plus utilisés depuis des années par les services communication des gouvernements et de leurs oppositions pour se justifier, que par la population locale. Évidemment, comme partout ailleurs, les délinquants ne sont pas les amis de la police et cela est d'autant plus visible lorsqu’ils sont en groupe, mais pour ce qui concerne les autres habitants, hors caméra, le rapport avec les policiers est à peu près le même que partout en France, et même probablement meilleur que beaucoup d’endroits dans le monde. Comme dans n’importe quelle institution, il y a surement quelques problèmes d’organisation mais sauf à considérer que les pompiers sont responsables des incendies, je ne vois pas en quoi la police serait responsable des violences urbaines… C’est pour moi un éternel faut débat destiné à récupérer politiquement le sujet sur une base que tout le monde « connait », en évitant d’aborder des problèmes de fond, moins spectaculaires et plus complexes. Des problèmes qui pourraient même froisser l'électorat le plus à droite…

La banlieue… c’était pire avant !
Certes, il y a avait moins de caméras mais des bidonvilles des années 50 jusqu’à aujourd’hui, la situation, même si elle reste très préoccupante, n’a pas forcément évoluée en mal. Depuis les années 80, l’abcès est crevé, les crédits alloués aux zones sensibles sont importants, les équipements sont plus nombreux que sur l’ensemble du territoire, mesures fiscales plus attractives, transports en commun plus nombreux, et la création d’aides sociales comme le RMI, sauve toujours quelques meubles. Bien sûr, on constate que tout cela ne résout rien mais il me semble important de rappeler que la situation n’a sans doute jamais été meilleure qu’aujourd’hui. Pour ceux qui ont vécu cette évolution, c’est à la fois triste et encourageant. Sans ce recul, la perception des plus jeunes habitants de ces quartiers est forcément moins philosophe – logique. Pour ce qui concerne les familles d'origines étrangères, s'ajoute à cela une différence de ressentiment entre les premières générations de migrants (culpabilité, difficulté d'expression, repli sur soit, racisme plus important : une génération qui a accepté d'encaisser au nom de l'intégration) et la génération d'aujourd'hui, 100 % française, plus vindicative vis-à-vis d'une société qui n'a pas toujours été reconnaissante envers eux ou leurs familles. La génération actuelle issue de l'immigration porte la parole d'années de souffrances qui jusque avant les années 80, étaient passées sous silence.
Dans un registre plus positif, je tiens à souligner que les cités sont malgré tout des terrains propices à l’entraide, au dialogue, à la mixité, à l'amitié, aux associations. Enfants, personnes âgées, mères de familles : les gens se connaissent, se retrouvent au pied des immeubles pour échanger ou pour jouer. Pour des raisons parfois culturelles, le salariat des femmes y est assez peu répandus mais la plupart des gens travaillent et participent à la vie de notre société, comme n’importe quels français. Non, il n’y a pas que des délinquants, des footballeurs et des rappeurs dans les cités de banlieue. Et non, il n'y a pas que du négatif dans le fait de vivre dans une cité. Comme il y a généralement plus de négatif que de positif, il serait mal venu de crier cela sur tous les toits mais une fois de temps en temps, ça ne fait pas de mal.

La discrimination, bien plus dévastatrice qu’un accident de la route
Pendant qu’une partie des débats de la semaine passée a tourné autour de vidéos amateurs et autres témoignages pour savoir si la voiture qui a reversé Mohsin et Lakamy à Villiers-le-bel roulait à 40 ou à 60 km/h, il convient de rappeler que cet accident n’est pas la cause des situations de désœuvrement qui conduisent cette désormais fameuse minorité à provoquer régulièrement la police et les médias. C’en est peut-être un prétexte mais certainement pas la cause. Le problème de fond, dont on parle si peu dans les débats, reste la discrimination.
Comme chacun le sait, il existe moult formes de discrimination et contrairement aux idées reçues, celle que subissent de plein fouet les jeunes habitants zones sensibles a relativement peu à voir avec le racisme (en tout cas, en banlieue parisienne nord et est, il y a relativement « peu » de racisme chez les moins de 50 ans ; et quasiment aucun chez les moins de 30 ans). Il s’agit plus volontiers d’une discrimination moins connue, moins identifiable, plus « géographique », essentiellement liée à l’image désastreuse des 15-25 ans de ces quartiers dits (à tort ou à raison) sensibles : vocabulaire, modes d’expression, modes vestimentaires, groupes ou tout simplement adresse sur un CV… des signes distinctifs qui permettent à beaucoup trop de gens d’établir un rapprochement avec les clichés associés et véhiculés par les médias (cf. 2e paragraphe). L’effet est d’autant plus redoutable chez les gens qui n’ont jamais côtoyé ces jeunes et qui, par conséquent, rechignent à leur donner une chance, un emploi ou un simple sourire. Un fossé se creuse.

Toujours victimes, mais aussi parfois responsables
Si tous les jeunes des « quartiers » sont un jour ou l’autre victimes de discrimination, il faut avouer que certains sont aussi responsables de leur situation. Divers climats locaux, propres à chaque cité, peuvent entrainer les plus faibles vers le « business », vers une déscolarisation précoce et vers une perte de repères qui conduit à des échelles de valeurs qui ne tiennent que dans le cadre d'un groupe (par exemple, et en caricaturant : ex-taulard = héros martyr ; arme à feu = respect ; insulte à une autorité = haut fait d’arme ; voiture brulée = 10 points ; cité violente = fierté ; consommation = illusion de statut social ; j’en passe…). Cela finit d’achever l’image et le parcours désastreux de ces jeunes, ceux que l’on a appelés cette semaine « la toute petite minorité », comme pour se rassurer. C’est à ceux-là que fait référence Nicolas Sarkozy lorsqu’il parle de « voyoucratie»… j’espère néanmoins que ce billet contribuera à faire comprendre que la délinquance n’est pas la seule cause du sentiment de malaise qui règne.

Des problèmes de fond longs et difficiles à résoudre
Contrairement à certains artistes « engagés », politiques, publicitaires et de manière générale, à tous ces gens qui utilisent les banlieues pour faire leur beurre, des centaines d’associations locales, de « grands frères », de parents, d’élus, de responsables divers, et même de flics (si, si) font un travail de sape pour la réhabilitation et le respect de TOUS les habitants de cités sensibles. Les aider à trouver une formation, un travail, une place dans la société, éviter de tomber du mauvais côté de la barrière. Un travail régulièrement mis à mal par les exactions de quelques casseurs, que ce soit localement ou à l’échelle nationale.
Côté médias et industries, pas sûr que faire l’instrumentalisation de la haine sur divers supports commerciaux aide à combattre la discrimination. Dans ce sens, il me semble qu’un gros travail de communication (réhabilitation, documentation, promotion, échanges) reste à faire à l'échelle nationale, mais aussi auprès des gens qui profitent de cette situation.
Et bien entendu, toutes les formes de discrimination restent à combattre par ceux qui les pratiquent. Sur ce terrain aussi, des assos font un gros boulot de testing, d'enquête, d’information, et semblent avoir très largement devancées les moyens d’investigation policiers. Mais il reste tellement à faire… À titre personnel, plutôt que de réclamer une présence policière à chaque coin de rue, je serais bien plus satisfait de voir plus de moyens attribué au respect de l’égalité des chances et à punir ceux qui discriminent ces jeunes sur le marché de l’emploi ou dans l’accessibilité en général. Au moins, une partie du problème serait traité à la racine et non en surface.

Annexe : des mots salis, à jeter après usage
Quartiers, banlieues, cités, minorité, émeutes : je voudrais brièvement conclure sur ces mots qui ne durent que le temps d’une envolée médiatique. Tellement repris, usés, salis qu’on ne peut les utiliser sur un autre sujet sans risquer de frôler la caricature ou la connotation douteuse. Je m’en suis rendu compte en écrivant ce billet. Désolé de les avoir employé, mes talents d’écriture étant limités, je n’ai pas été capable de les contourner.

Quelques liens choisis parmi les archives de l’Ina
Entretien avec Pierre sudreau, Ministre de la Construction : Aménagement de la région parisienne – 1958 - 37 mn
Quarante mille voisins – Cinq colonnes à la une – 1960 - 14 mn (extrait de quelques minutes)
Bidonville du Franc-Moisin à Saint-Denis – 1973 - 2 mn (vous pouvez couper le son, les commentaires sont affligeants !)
Série immigration : le logement – 1981 - 6 mn
Émeutes à Vaulx-en-Velin – 1990 - 2mn (point de départ : un accident de moto…)

Photographié par Benjamin Boccas


© Benjamin Boccas pour sa série Tête de blogger

Et oui. Ceux qui me connaissent doivent être surpris… Non seulement j'ai accepté de me faire photographier mais en plus, je publie le résultat sur mon blog ! Pire, la sympathie et la compétence du photographe aidant, j'y ai même pris un certain plaisir, d'autant que j'ai pu en profiter pour glaner quelques conseils photo. En revanche, je ne sais pas qui est ce type qui me regarde bizarrement avec son pull rayé !

Merci Benjamin. Et pour ceux qui ne connaissent pas, je vous conseille de jeter un œil sur les photos de l'artiste, ça vaut le détour. Le site. Le phlog.